Ski et planche

Alex Harvey, de fondeur à plaideur

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Tête d’affiche des finales de la Coupe du monde en mars dernier, alors qu’il a conclu sa carrière avec deux médailles, Alex Harvey sera de nouveau présent cette année sur les plaines d’Abraham pour le passage de l’élite du ski de fond international, mais dans un rôle fort différent.

Le plus grand médaillé de l’histoire du ski de fond canadien agira comme porte-parole de la Coupe du monde qui se déroulera du 13 au 15 mars. Il s’agira du 5e arrêt du circuit de la Coupe du monde à Québec.

«Parce que je suis assez occupé, je n’ai pas le temps de m’ennuyer et de penser à qu’est-ce qui se serait produit si j’avais poursuivi une année de plus, a raconté Harvey. J’étais rendu là et ça fait du bien de passer plus de temps avec ma famille et mes amis. Les vacances des Fêtes approchent et ça va être la première fois que je serai à Québec en dix ans.»

«Je vais aussi terminer mes études en droit en décembre et un emploi m’attend dans un cabinet en janvier, de poursuivre Harvey. Je ferai mon barreau à l’été. Je suis ambassadeur pour différents projets et conférencier à l’occasion, ce qui me laisse peu de temps. Je suis content de ma nouvelle carrière.»

«Le spectacle va être aussi bon»

Harvey craint-il une baisse d’achalandage importante compte tenu qu’il ne sera pas sur la ligne de départ? L’an dernier, 73 000 personnes s’étaient pointées sur les Plaines, dont 49,7 % provenant de l’extérieur, selon les chiffres de Gestev.

«Je ne pense pas que l’intérêt va diminuer. Le site est tellement unique en plein centre-ville avec un accès gratuit. Le spectacle va être aussi bon avec la présence des meilleurs au monde et ça va être aussi excitant de voir les Américains, les Norvégiens, les Italiens et autres. La perspective qu’un coureur local ait des chances de médaille est la cerise sur le sundae, mais l’événement sera tout aussi excitant.

«Le sprint est encore plus divertissant avec la stratégie, l’action et les chutes. Le happening sera plus important que l’effet Alex Harvey.»

«La grosse différence sera pour moi, ajoute Harvey qui enfile ses skis depuis trois semaines. Le rendez-vous de Québec était toujours un arrêt important pour moi alors que l’adrénaline coulait à flots. Je vais maintenant le vivre comme spectateur.

«Je serai là pour encourager les jeunes et leur répondre si jamais ils ont des questions. J’agirai comme un mentor et non un entraîneur, tâche que je laisse aux spécialistes.»

Toujours impliqué

Maintenant à la retraite, Harvey souhaitait demeurer impliquer dans le ski de fond.

«Encore plus cette année avec la mini Coupe du monde et l’Iniski, c’est dans mes cordes. C’est parfait pour assurer le développement de la prochaine génération.»

Harvey garde aussi un œil intéressé sur le circuit de la Coupe du monde. «Je ne suis pas les courses en direct, mais je les regarde en différé. En fin de semaine, à l’occasion du coup d’envoi de la saison, je regardais les courses en déjeunant avec Sophie (son épouse) et on prenait des petits paris.

«Je suis encore excité par le ski de fond. Je regarde mes anciens rivaux qui sont devenus des amis au fil des ans.»

La patience est de mise

Si Alex Harvey a gâté les amateurs l’an dernier en grimpant sur le podium à deux occasions, il ne faut pas s’attendre à des médailles canadiennes cette année.

«Il va y avoir un petit creux de vague au niveau international chez les seniors, a mentionné Harvey. Les meilleurs Canadiens se retrouvent dans les catégories U-23 et junior. Il faudra voir les résultats chez les U-23 pour avoir une idée des résultats pour le futur chez les seniors.»

«Même si nous ne sommes pas à l’abri d’une éclosion et rien n’empêche que cela puisse se produire, le ski de fond est un sport à développement lent et il faudra être patient avec les jeunes. Il y a quelques exceptions, mais les fondeurs obtiennent leurs meilleurs résultats entre 25 et 30 ans. Il faudra attendre un autre cycle olympique avant de voir des résultats.»

Au même moment où Harvey prend sa retraite, Ski de fond Canada resserre les cordons de sa bourse à l’instar de plusieurs autres fédérations.

«Cette année, il y a un gros changement qui s’est opéré alors que l’accent est mis sur le développement, a-t-il expliqué.

«Ils essaient d’encadrer les jeunes le mieux possible tout en étant le plus économes possible. Moins de compétitions en Europe, plus de camps d’entraînement au Canada et une plus grande collaboration avec les fédérations provinciales et les clubs. Ils veulent mieux faire avec moins. Ce n’est pas l’idéal, mais il faut faire avec la situation.»

Développement

Harvey croit néanmoins que les fondeurs canadiens pourront tirer leur épingle du jeu et profiter d’un bon réseau de développement.

«On retrouve un bon circuit de compétition en Amérique du Nord. Les Américains sont très forts tant chez les hommes que chez les femmes.

«Les jeunes vont profiter de ça en se rendant aux États-Unis. Dans un souci d’économie, les circuits canadien et américain sont jumelés. Au championnat canadien, on retrouvera les Américains puisqu’il s’agira de la dernière étape de leur circuit.»