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«Il y avait une file pour dire à Babcock de déguerpir»

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La Ligue nationale de hockey est au cœur d’un véritable mouvement social, plusieurs entraîneurs étant dénoncés pour des pratiques abusives à l’endroit de leurs joueurs.

L’ancien défenseur Aaron Ward a plusieurs contacts dans les cercles du hockey professionnel, lui qui a disputé pas moins de 839 matchs dans le circuit Bettman. En entrevue à l’émission «Les Partants», mercredi, il a en quelque sorte confirmé tous les commentaires peu élogieux qui ont pu être tenus à l’endroit de Bill Peters et de Mike Babcock.

Ce dernier était apparemment détesté à Detroit par plusieurs personnes à l'emploi de l'équipe, si bien que celles-ci «faisaient la file» dans le but d’être le premier à lui dire de déguerpir.

«Il se comportait comme s’il était le roi de la chambre et il n’avait aucune qualité humaine, a indiqué Ward, qui se fie à ce qu'on lui a rapporté dans le milieu. Il n’était pas capable de communiquer en montrant du respect à un joueur.

«Quand il est parti à Detroit, Il y avait une file d’individus qui travaillaient pour l’équipe, qui étaient excités et qui voulaient être les premiers à lui dire : "Va t’en."»

Depuis son congédiement, deux histoires en particulier ont miné la réputation de Babcock, jadis reconnu comme la sommité dans sa profession pour ses succès avec les Mighty Ducks d’Anaheim, les Red Wings ainsi qu'Équipe Canada.

Il y a d’abord eu cette affaire de demande honteuse à l’endroit de Mitch Marner. Puis, plus récemment, les révélations selon lesquelles Johan Franzen a fait une dépression nerveuse sur le banc après avoir été verbalement agressé par l’entraîneur.

«Une pression qui s’enlevait»

Ward, qui a évolué avec les Hurricanes de 2001 à 2006, avait trouvé curieux le départ de Bill Peters en Caroline après la saison 2017-2018.

Mais c'est à ce moment précis que les langues ont commencé à se délier, et Ward a compris de quoi il en retournait.

«Je savais que quelque chose se passait, a expliqué Ward. Je suis encore un bon ami de Justin Williams. Il n’avait pas tout le temps de bonnes choses à dire [à l’endroit de Peters], mais il n’était pas spécifique.»

«Quand Peters est parti, les histoires commençaient à sortir. Il avait un gros ego. Quand tu gagnais, c’était toujours lui qui était au centre de la victoire, mais la défaite était imputable aux joueurs.

«J’ai entendu après ça qu’il jouait à des jeux psychologiques avec les jeunes. Pour les vétérans, c’était difficile. Tu es un professionnel, tu n’es pas d’accord et tu rapportes les histoires à Ron Francis. [Justin] Williams m’a dit qu’il savait que Francis en a parlé à [Peter] Karmanos, et rien n’a été fait.

«Tout le monde était heureux quand il est parti. C’était comme une pression qui s’enlevait de la chambre.»

Peters se trouve d’ailleurs à être un ancien élève de Babcock, ayant fait partie de son groupe d’adjoints pendant trois ans à Detroit.

Il serait extrêmement surprenant qu’il revienne derrière un banc de la LNH, tant en raison de ses commentaires racistes à l’endroit d’Akim Aliu que de ses coups assénés à ses joueurs en plein match.

Scotty Bowman moins pire

On connaît très bien la réputation de Scotty Bowman : le légendaire homme de hockey est reconnu comme un génie qui était détesté par ses joueurs.

Cependant, Ward a joué sous les ordres de Bowman et il croit que celui-ci était moins sévère que les entraîneurs présentement éclaboussés.

«Lui, il est un maître des jeux psychologiques, mais il ne te touchait pas. Il te gardait dans une position inconfortable, et c'était valide pour les vétérans comme pour les recrues. Ceux qui sont présentement visés, c’est un autre "step".»

Dans la vidéo ci-dessus, voyez l'entrevue accordée par Aaron Ward à l'émission «Les Partants».