Jennifer Abel

Photo : Jennifer Abel Crédit : AFP

Sports amateurs

Jennifer Abel: de jeune plongeuse à femme accomplie

Publié | Mis à jour

Alors qu’elle amorce le dernier droit vers les Jeux olympiques de Tokyo, la plongeuse Jennifer Abel affiche une belle maturité qui pourrait faire toute la différence.

Après tant d’années à multiplier les compétitions, l’athlète de 28 ans se connaît beaucoup mieux, si bien qu’elle sait maintenant sur quels boutons appuyer afin de se retrouver dans le meilleur état d’esprit possible.

«Je suis certainement excitée, mais j’en serai à mes quatrièmes Jeux à Tokyo et je sais à quoi m’attendre», indique d’abord Abel en vue de l’été 2020.

Pour le moment, elle se prépare, avec une confiance rebâtie, pour les Championnats canadiens d’hiver prévus à Saskatoon du 13 au 15 décembre.

«Après les Jeux olympiques de Rio, je me suis complètement perdue, confie Abel. Pour moi, c’était un échec. De finir deux fois au quatrième rang, ce n’est jamais plaisant. Mais plus de trois ans plus tard, je peux dire que ces résultats m’ont fait extrêmement grandir comme femme. J’ai appris à me définir comme personne et pas seulement comme athlète.»

Lors du plus récent rendez-vous olympique, en 2016, la plongeuse avait effectivement terminé au quatrième rang au trois mètres individuel, puis elle avait obtenu un résultat semblable au trois mètres synchro avec Pamela Ware. Dans le dernier cas, les Québécoises étaient arrivées à moins d’un point du podium. Le choc était total.

S’arrêter pour mieux viser

Pour résumer sa pensée, la Lavalloise se sert d’une image forte. Elle convient ainsi qu’à débuts en plongeon sur la scène internationale et jusqu’aux Jeux de Rio, elle avait parfois des allures d’«athlète-robot», selon sa propre expression. Elle faisait plutôt ce qu’on lui disait sans trop s’interroger. Évidemment, Abel prend toujours les conseils des gens autour d’elle, mais l’athlète sait aussi qu’elle se connaît mieux que quiconque.

«Dans la vie, c’est important de s’arrêter et de savoir ce qu’on veut», vient par ailleurs plaider la plongeuse.

À travers sa remise en question, Abel dit aussi avoir pris conscience de certains traits de sa personnalité.

«Je suis une femme très proche de mes sentiments, note-t-elle. Si je suis fâchée ou si je suis heureuse, on va le savoir tout de suite.»

Lors des Jeux de Tokyo, Abel fera tout pour prendre part aux compétitions avec un sourire que les gens percevront dans son visage. Déjà, sa participation au synchro est assurée avec sa partenaire Mélissa Citrini-Beaulieu. Ne reste qu’à confirmer sa participation à l’épreuve individuelle, toujours au trois mètres, lors de la Coupe du monde de Tokyo, en avril prochain.