Photo : Brent Sopel en avril 2011, après sa dernière saison dans la LNH. Le défenseur avait disputé 12 matchs de saison régulière avec les Canadiens de Montréal. Crédit : Eric Bolte/Agence QMI

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«Une moumoune qui ne fait "f***ing" rien»

Publié | Mis à jour

Où était la planète hockey quand Brent Sopel a témoigné de sa relation houleuse avec Marc Crawford?

Un an avant l’enquête des Blackhawks de Chicago sur leur entraîneur adjoint, provoquée lundi par les accusations d’abus physiques de la part de l’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH) Sean Avery, Brent Sopel dénonçait déjà le comportement douteux de Crawford.

En novembre 2018, l’ancien défenseur de la LNH racontait une histoire qui difficile à entendre au sujet de ses débuts sur le circuit, avec les Canucks de Vancouver, à l’époque où Crawford était l’entraîneur-chef du club britanno-colombien.

Les propos de Sopel, dont la carrière de 659 parties dans la LNH s’est terminée avec une douzaine de rencontres dans l’uniforme des Canadiens de Montréal en 2011, s'agencent avec ceux d’Avery, qui affirme que Crawford a déjà été violent à son endroit.

Voici les déclarations recueillies par le podcast sportif Spittin’ Chiclets :

«Je pense que c’était mon troisième ou quatrième camp d’entraînement. J’étais à Ottawa, nous avions joué un match préparatoire et Marc Crawford était notre entraîneur-chef. Il m’avait tiré et dit : "Sopes, on te renvoie dans les mineures. Tu es une moumoune, tu ne te bats pas, tu ne frappes pas, tu ne patines pas, tu ne prends pas de tirs. Tu es une moumoune, tu ne fais f*cking rien ici, alors on te renvoie dans les mineures. "

Il a dit : "Tu es terrible, tu ne fais rien. Tu ne lances pas fort, tu ne patines pas assez, tu ne passes pas bien, tu ne fais absolument rien. Tu n’as aucun espoir d’une carrière dans la LNH, alors tu t’en vas dans les mineurs. À plus tard." Pas de blague...

Je croyais que je n’avais aucune chance dans la LNH après cette rencontre.

Crow et moi avions une relation amour-aine. On s’envoyait foutre au banc et dans le vestiaire plus que ce que j’ai entendu dans toute ma vie. Il était après moi tout le temps.

Il m’a frappé, étouffé, tiré avec le derrière de mon chandail. Il attaquait les joueurs de façon personnelle. - Brent Sopel

Un an plus tard, il me disait : "Sopes, tu dois travailler fort, tu dois prendre de 15 à 20 lb. Alors je suis parti à la maison, j’ai entamé un régime, poussé de la fonte et pris 20 lb de muscle.

Je suis revenu et il me criait après : "Est-ce que t’es f*cking Hercules ou quoi? Tu vas tourner au vert? Es-tu Hulk?" Il m’avait suspendu pendant quelque chose comme six semaines. Il ne me laissait pas jouer. À l’entraînement, il me faisait patiner et je devais monter sur le pèse-personne chaque jour pour voir quelle était ma perte de poids avant de me laisser jouer.

Pour une raison que j’ignore, il a continué de me faire jouer quand même. J’ai joué près de 500 matchs pour lui dans ma carrière; alors, autant je le détestais, il y avait quelque chose en moi qui lui plaisait.»

O'Sullivan aussi

Il faut croire qu’il fallait un joueur de haut profil comme Avery pour que la planète tende l’oreille.

Mercredi dernier, quelques jours avant la dénonciation de l’ancien agitateur, Patrick O’Sullivan laissait lui aussi entendre que le comportement de Crawford envers ses joueurs était déplorable, tout comme celui des autres entraîneurs dont les noms sortent dans ce qu’on peut désormais considérer comme un scandale des entraîneurs - incluant Crawford, Bill Peters et Mike Babcock.

«L’abus de pouvoir n’a pas sa place dans le hockey ni dans quoi que ce soit, a publié sur Twitter cet ailier qui a disputé ses dernières rencontres dans la LNH lors de la saison 2011-2012. En tant que personne qui a traversé des choses terribles avec mon premier entraîneur dans la LNH, un homme qui connaissait mon passé d’abus à mon endroit quand j’étais un enfant, j’espère que les coupables auront ce qu’ils méritent, et que ça arrivera rapidement.»

O’Sullivan a joué sous les ordres de Crawford de 2006 à 2008, quand les deux hommes étaient dans l’organisation des Kings de Los Angeles. Le Torontois de 34 ans a totalisé 58 buts et 103 aides en 334 dans la LNH avec les Kings, les Oilers d’Edmonton, les Hurricanes de la Caroline, le Wild du Minnesota et les Coyotes de l’Arizona (nommés Coyotes de Phoenix à l’époque).