Canadiens de Montréal

Le dernier «Mulligan» de Marc Bergevin

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Tandis que les Canadiens de Montréal tentent de se sortir d’une éprouvante série de huit défaite, la pire séquence du genre en saison régulière depuis 1939, il semble de plus en plus évident que les partisans doivent faire leur deuil d’une participation aux séries.

Les Canadiens devront vraisemblablement jouer pour au moins ,600 d’ici la fin de la campagne 2019-2020 pour éviter une exclusion des éliminatoires, et ce, dans une quatrième saison en cinq ans.

Marc Bergevin n’est, à première vue, pas à blâmer pour la situation précaire du Tricolore, selon Jean-Charles Lajoie.

«Le directeur général a décidé de repêcher et de développer, a expliqué l’animateur à son émission JiC sur les ondes de TVA Sports, lundi. Les résultats en cette matière sont satisfaisants.»

Avant le début de la saison, plusieurs experts et amateurs salivaient effectivement en épluchant la liste bien garnie d’espoirs des Canadiens – liste qui comprend les Jesperi Kotkaniemi (repêchage de 2018), Ryan Poehling (2017), Cale Fleury (2017) et autres Alexander Romanov (2018), notamment.

Les résultats demeurent satisfaisants en ce sens, en considérant que Kotkaniemi et Fleury ont leur place dans l’effectif montréalais à l’heure actuelle, et que Poehling pourrait cogner à la porte du grand club plus tôt que tard.

Là où le bât blesse, selon Lajoie, c’est que Claude Julien ne semble pas adhérer à la même philosophie que son patron en matière d’emploi des jeunes loups de l’organisation.

«Quel est le véritable pouvoir de Bergevin sur Claude Julien, là-dessus?» s’est-il interrogé.

Le défenseur Fleury (14 min 41 s de temps de jeu par rencontre), l’attaquant Nick Suzuki (14 min 24 s) et «KK» (13 min 11 s) sont loin d’être parmi les joueurs de confiance de l’entraîneur-chef. Lajoie y voit un élément de preuve comme quoi Julien ne suit pas le plan prôné par Bergevin.

Julien remplacé à son tour?

Et si tel et bien le cas, l'expert hockey croit que le DG devra agir dans le dossier de son personnel d’entraîneurs, car la présente saison pourrait bien être celle de la dernière chance pour l’homme de hockey.

«Une reconstruction, faut que ce soit "raccord" avec les décisions derrière le banc. Ce ne l’est pas actuellement. Bergevin tient le fort. À date, il reste fidèle à son plan; toute panique semble mauvaise conseillère et il n’y cède pas. Il y a du gros gibier au repêchage en juin, ne l’oublions pas.

«L’année prochaine, ça commencera à être la bonne. Ce sera la saison où on ne pardonnera plus rien. Il faudra la commencer avec le coach adapté à la situation.»

«Cet été, Bergevin mérite de réclamer un fort joueur en juin à Montréal et de nommer un entraîneur-chef comme Dominique Ducharme ou autre, en sachant qu’il a épuisé son dernier "Mulligan" cette saison.»

Gestion des attentes

Vous avez bien lu le mot «reconstruction». Ce ne fut pas le terme employé par l’état-major des Canadiens et du département des communications en 2018, époque de l’arrivée de Ducharme en tant qu’entraîneur adjoint et de Joël Bouchard à titre d’entraîneur-chef du Rocket de Laval, filiale du Bleu-blanc-rouge dans la Ligue américaine (LAH) – ni en pleine saison 2016-2017 quand Bergevin avait remplacé son bon ami Michel Therrien par Julien.

Pourtant, c’est bien cette situation que Lajoie entrevoit à Montréal depuis quelques saisons et il déplore que la concession n’ait pas employé le terme au moment opportun.

«Ça n’enlève rien au principe de repêchage et de développement de Bergevin, son plan renouvelé grâce auquel les Canadiens peuvent regarder l’avenir avec optimisme, et ce, pour la première fois depuis fort longtemps.

«Bien sûr, ça commande de souffrir encore un peu; peut-être pas en perdant huit matchs de suite, mais bon... En aurons-nous seulement la patience? Serons-nous capables de nous rendre en un morceau au 2 avril prochain? Si on avait décidé de jouer franc-jeu avec le public, est-ce que la crise serait aussi véhémente qu’actuellement?»