Canadiens de Montréal

«Je ne m’inquiète pas du tout» -Claude Julien

Journal de Montréal / Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Un entraîneur dira qu’il connaît sa date d’embauche, mais qu’il ignore sa date de congédiement. Ça fait partie des risques du métier. Et quand une équipe se retrouve en pleine tempête avec huit revers d’affilée, on cherche des coupables.

Claude Julien connaît parfaitement cette réalité. Au lendemain d’un revers de 3 à 1 contre les Bruins au TD Garden de Boston, Julien se doutait que les journalistes lui parleraient de son avenir à Montréal. Il avait préparé sa réponse. Il n’a même pas grimacé quand on lui a demandé s’il ressentait une pression supplémentaire puisqu’il se fait pointer du doigt pour les déboires de l’équipe.

«Non, pas du tout, a-t-il répliqué calmement. Je ne m’inquiète pas de ce qui se passe à l’externe. Je me concentre sur ce qui se déroule à l’interne. Il faut continuer à faire de bonnes choses justement pour changer les données. Les gens qui connaissent leur hockey sont conscients qu’on ne joue pas du mauvais hockey dernièrement. Avec un peu de chance, on pourrait avoir des victoires à la place des revers. Ça arrive parfois, ça bâtit le caractère d’une équipe.»

«J’ai confiance qu’on s’en sortira bientôt, a-t-il poursuivi. À nos deux derniers matchs, on jouait de la bonne façon, les données finiront par changer, et on se replacera sur la bonne voie. C’est là qu’est ma préoccupation. Ce qui se passe à l’externe, ça ne me regarde pas.»

Un exemple bidon

Les Blues de St. Louis ont gagné la coupe Stanley au printemps dernier. C’était une première conquête pour cette formation du Missouri. C’était aussi la première fois qu’une équipe qui croupissait au dernier rang de la LNH en date du 2 janvier parvenait à boire du champagne dans la coupe quelques mois plus tard.

Julien a ressorti l’exemple des Blues pour offrir un brin d’espoir.

«Nous faisons face à de l’adversité, comme d’autres équipes dans le passé, a rappelé l’entraîneur en chef. Les Blues de St. Louis l’an dernier se retrouvaient au dernier rang. Ça peut changer. Nous voulons corriger des choses en ce moment et nous l’avons fait à nos deux derniers matchs. Nous aurons besoin d’un peu de chance, comme l’autre équipe [Bruins] au dernier match avec un mauvais appel des arbitres. Nous nous en sortirons en faisant les bonnes choses. C’est mon rôle comme entraîneur de trouver des solutions.»

Le modèle des Blues ne fera toutefois pas école. Il s’agit d’un cas d’exception. Si le CH cherche à calmer la grogne populaire en sortant cet exemple, il fait fausse route.

Assez d’expérience

À l’image des derniers jours, Julien a bien géré ses émotions en conférence de presse. Il projetait l’image d’un homme fort et en confiance. C’est d’ailleurs cette image qu’il désire laisser à ses joueurs pour les rassurer.

«J’ai quelques réponses pour expliquer cela, a-t-il mentionné. Premièrement, je suis entraîneur dans la LNH depuis assez longtemps. Ce n’est pas la première fois que je traverse une telle situation. J’ai du vécu. Avec l’expérience, je réalise que je dois rester calme et positif. Je ne fais pas semblant quand je dis qu’on finira par s’en sortir, je le crois réellement.»

«Tu dois dégager cette confiance envers tes joueurs, a-t-il enchaîné. Les joueurs ne sont pas fous. Si tu fais semblant de croire en eux, mais que ce n’est pas le cas, ils vont le ressentir. Cette année, quand tu regardes notre équipe, je ne me souviens pas de plusieurs matchs où j’ai dit qu’il n’y avait pas d’effort ou qu’on était paresseux. Et que l’autre équipe a complètement dominé. Cette équipe travaille fort tous les matchs, mais pas toujours de la bonne façon.»

«Il ne faut pas oublier que nous avons des jeunes au sein de notre formation. On donne la chance à des jeunes. Suzuki est une recrue, Kotkaniemi a 19 ans, Fleury est une recrue, Olofsson vient d’arriver. Avec les blessures, les jeunes ont plus de responsabilités. Ça fait partie du développement. Ça finira par payer. Ils vont acquérir de l’expérience.»

Et il y a maintenant un jeune de plus à Montréal avec le rappel du gardien Cayden Primeau. Julien devra jongler avec cette composante. Il n’est pas le seul entraîneur de la LNH qui mise sur de jeunes joueurs.