SPO-HOCKEY-CANADIENS-SENATEURS

Crédit : Ben Pelosse / JdeM

LNH

«Je suis parfois allé trop loin» - Michel Therrien

Publié | Mis à jour

Dans une semaine où les entraîneurs de la LNH sont pointés du doigt par des joueurs en raison de comportements antérieurs, Michel Therrien n’a pas cherché à s’esquiver lors de son passage à Montréal, samedi.

Écorché par Daniel Carcillo dans la foulée des allégations qui pesaient contre l’instructeur des Flames de Calgary, Bill Peters, Therrien a expliqué le fond de sa pensée.

L’ex-attaquant qui avait joué sous ses ordres chez les Penguins de Wilkes-Barre/Scranton dans la Ligue américaine de 2005 à 2007 l’avait accusé de chantage psychologique.

«J’espère que les gens apprendront des événements de la semaine. J’espère qu’il y aura de meilleurs entraîneurs et de meilleurs individus. Il se produit toutes sortes d’événements dans une carrière. Mais il y a une chose importante aussi à retenir. Il ne faut pas mêler ce qui s’est déroulé dans différents cas où il faut parler de jeu psychologique. C’est complètement différent et il faut faire attention», a expliqué Therrien qui a dirigé des joueurs dans la LHJMQ, la LAH et la LNH depuis 1990.

«On a tendance à tout mettre dans le même panier, a-t-il poursuivi dans un léger point de presse où régnait la bonne humeur avant la rencontre. Le jeu psychologique, c’est tenter de soutirer le maximum de ses joueurs. Il y a une structure pour l’équipe et ensuite, il faut soutirer le meilleur de chaque joueur. Ce n’est pas pareil.»

Tous différents

Selon Therrien, chaque membre d’une équipe réagit différemment.

Si certains ont besoin de tapes sur l’épaule pour progresser, la recette est différente chez les autres.

L’instructeur qui a dirigé le Canadien durant sept saisons à ses deux passages à Montréal soutient également qu’il faut être vigilant puisque des joueurs pourraient pointer du doigt les agissements d’un entraîneur qui les auraient empêchés de connaître la carrière souhaitée.

«C’est rare qu’ils admettent que c’est leur faute. Ils cherchent des raisons et parmi les solutions, ils blâment quelqu’un : “L’entraîneur ne m’a pas donné ma chance, il n’a pas fait ceci ou ça, il était trop dur.”

Trop loin

Maintenant adjoint à Alain Vigneault à Philadelphie, Therrien n’a pas perdu le sommeil cette semaine quand il a entendu les allégations de discrimination et de violence.

Mais il a admis que le métier évoluait avec les époques.

Effectivement, les prises de bec avec des joueurs, autrefois, ne passeraient plus de nos jours. Le temps du «House of Pain», le Colisée de Laval, où il dirigeait le Titan, est révolu.

«Il y a eu des moments plus raides que d’autres. J’ai sept ou huit anecdotes qui me viennent en tête. Mais il y a toujours deux côtés à une médaille. Je suis parfois allé trop loin et je le regrette, a signalé celui qui n’était certainement pas un enfant de chœur derrière le banc du Titan, des Prédateurs de Granby, des Citadelles de Québec, des Penguins de Pittsburgh et du Canadien.

«C’est certain que je ne fais plus aujourd’hui ce que je faisais dans le temps. La société a évolué. C’est la vie. L’important est de s’adapter. Cette génération de jeunes joueurs est plaisante à diriger.»

À cet égard, il aurait d’ailleurs fait la paix avec Daniel Brière à son arrivée à Philadelphie.

Les deux hommes ont discuté de leurs différends dans le passé.