Boston Bruins v Washington Capitals

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LNH

Halak, le gardien que personne ne voulait

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À moins d’une blessure ou d’une contre-performance de la part de Tuukka Rask, Jaroslav Halak n’affrontera pas le Canadien. Toutefois, la prochaine présence du Slovaque devant le filet sera la 500e de sa carrière dans la LNH. Tout un parcours pour un gardien repêché au neuvième tour de l’encan de 2003.

«Ça en fait du chemin», a reconnu Halak, rencontré à ce sujet par Le Journal de Montréal. «Ce sera spécial pour moi. Surtout considérant le fait que j’ai été repêché aussi tard.»

Tard est un faible mot. Halak a été sélectionné au 271e rang. Dans l’histoire de la LNH, seulement deux gardiens ayant évolué dans le circuit ont été choisis plus tard que lui : Brian Elliott, appelé 20 rangs après Halak en 2003, et un dénommé Scott Fankhouser, sélectionné 276e par les Blues en 1994. Ce dernier a disputé 23 matchs, au tournant du millénaire, avec les Thrashers d’Atlanta.

Bien sûr, d’autres ont connu de belles carrières sans être repêchés. Ed Belfour et Curtis Joseph, entre autres.

«En raison de mon rang de sélection, personne ne me donnait la moindre chance de jouer dans la LNH. Je leur ai prouvé le contraire. Et si je n’avais pas été blessé à quelques reprises au cours des années, j’aurais atteint ce plateau il y a longtemps», a-t-il souligné.

Dans la poursuite de son rêve d’atteindre la meilleure ligue au monde, Halak a rapidement rencontré un obstacle. Désireux de s’établir en Amérique du Nord dès l’automne 2003, le Slovaque a encaissé tout un revers.

«Personne dans la LCH [Ligue canadienne de hockey] ne me voulait. J’ai donc dû faire une croix sur mon plan, trouver une autre option et attendre un an de plus, a raconté celui qui s’est alors tourné vers le Slovan de Bratislava. Au bout du compte, ça m’a peut-être aidé. Quand je suis arrivé à Lewiston, j’avais un an de plus.»

Congestion chez le Canadien

À sa seule saison avec les MAINEiacs de Lewiston, en 2004-2005, Halak a maintenu un intéressant dossier de 24-17-4, une moyenne de buts alloués de 2,78 et un taux d’efficacité de ,913.

«L’expérience qu’il avait acquise l’année auparavant a été bonne pour nous. À ce moment, mon gardien substitut était Jonathan Bernier. Ça me permettait d’avoir beaucoup de profondeur au poste de gardien», a indiqué Clément Jodoin, entraîneur-chef des MAINEiacs à l’époque.

Au moment où le Canadien a repêché Halak, José Théodore et Mathieu Garon se partageaient le filet avec le grand club. Plusieurs gardiens, dont Jean-François Damphousse, Yann Danis et Éric Fichaud, engorgeaient le réseau de filiales. Et avant même qu’il puisse se tailler un poste régulier avec les Bulldogs de Hamilton, le Canadien allait repêcher Carey Price, avec son choix de premier tour de 2005.

«Il a toujours été un fier compétiteur. Tant que tu performes et que tu démontres de la constance, tu peux continuer de monter. Avec Jaro, on savait toujours à quoi s’attendre», a mentionné Jodoin, joint en Allemagne où il entraîne l’EHC de Munich.

«J’ai toujours cru en moi. Quand j’étais enfant, à l’âge de trois ans, je voulais être un gardien de but. Je disais que j’allais jouer dans la LNH», a indiqué Halak, devenu un favori des partisans du Canadien lors du surprenant parcours éliminatoire du printemps 2010. «Il faut pourchasser ses rêves, être habité de la même passion, même dans les moments difficiles, et avoir du plaisir chaque fois qu’on saute sur la patinoire.»

Et du plaisir, il en a encore. Même qu’il se plaît à dire que le meilleur moment de sa carrière n’est pas arrivé.

«L’an dernier, on est passés à un seul match. Ce fut une grosse déception», a-t-il lancé en faisant référence à la défaite des Bruins, en sept rencontres, en finale de la Coupe Stanley. «J’aurai 35 ans à la fin de la saison et je suis persuadé que je peux jouer encore quelques saisons.»

Peu de relève

Après ses 101 matchs dans l’uniforme du Canadien, l’athlète de 34 ans a porté ceux des Blues, des Capitals, des Islanders et des Bruins. Il affiche un dossier de 260-162-55.

Toutes positions confondues, il deviendra le 20e Slovaque à atteindre le plateau des 500 matchs. Évidemment, il sera le premier homme masqué originaire de ce pays à y parvenir.

Il faut dire qu’ils n’ont été que quatre dans l’histoire de la LNH, le seul autre connu étant Peter Budaj. Curieusement, les bonnes années qu’ont traversées Halak et Budaj dans le circuit Bettman n’ont pas stimulé le développement des gardiens de but slovaques.

Depuis Halak, en 2003, ils n’ont été que sept gardiens slovaques repêchés. Aucun des cinq premiers n’a fait carrière. Reste à voir ce qu’il adviendra de David Hrenak (Kings, 5e tour 2018) et de Roman Durny (Ducks, 5e tour, 2018).