Canadiens de Montréal

«Certains essaient d’en faire trop»

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Au lendemain d’une sixième défaite consécutive du Canadien de Montréal, c’est un Claude Julien très lucide qui s’est adressé aux médias vendredi.

Une série de six revers d’affilée rime généralement avec une période de crise. Surtout dans une ville comme Montréal, où la patience ne représente pas une vertu. Au cœur de cette tempête, on s’attendrait à voir les meneurs de l’équipe prendre la parole pour calmer un peu tout le monde.

Voyez le point de presse de Claude Julien dans la vidéo ci-dessus.

Dans l’univers du Canadien, il n’y a parfois rien de prévisible ou de logique. Ainsi, Shea Weber, le capitaine, et Carey Price, l’homme sur qui repose la fondation de l’équipe, n’ont pas rencontré les journalistes vendredi, au lendemain du revers de 6 à 4 contre les Devils du New Jersey.

Le CH a envoyé Artturi Lehkonen et Max Domi au front à la place des deux grands meneurs. Keith Kinkaid et Cale Fleury, qui sortaient d’un entraînement des plus optionnels, ont aussi répondu à quelques questions. C’était plus un hasard. Ils se retrouvaient simplement au mauvais endroit au mauvais moment.

Dans une tentative de diversion peu subtile, le Tricolore a également rendu disponible Jonathan Drouin, qui se remet d’une opération au poignet gauche.

Mais pas Price. Pas Weber. Pas Jeff Petry.

On donnera toutefois une pause à Brendan Gallagher, encore l’un des seuls dans le vestiaire après une cause perdante. Quant à lui, Weber avait parlé après le passage des Devils, mais ça fait partie de son rôle de capitaine.

Il n’était probablement pas le capitaine idéal et il avait ses défauts, mais Max Pacioretty n’hésitait jamais à se pointer le bout du nez quand son équipe traversait des jours sombres. Il le faisait après les matchs, mais aussi après un entraînement ou une journée de séance vidéo.

Frustration

Après le match contre les Devils, les représentants des médias ont demandé à rencontrer Price. Le numéro 31 a refusé. Quelques heures plus tard, les méchants « scribes » ont encore une fois fait la même requête. Cette fois, le CH a répliqué qu’il ne faisait pas partie des joueurs ciblés pour l’exercice médiatique.

On ne pourra donc pas vous dire comment il se sent au cœur de cette mauvaise passe. La veille, le gardien originaire de la Colombie-Britannique avait exprimé son mécontentement en fracassant son bâton après le cinquième but des Devils, celui de Damon Severson.

Questionné sur l’état d’esprit de son gardien numéro un, Claude Julien a offert une réponse assez lucide.

«Je dirais qu’il est aussi frustré que tout le monde, a reconnu l’entraîneur en chef. C’est aussi simple que ça. Carey Price n’est pas différent du restant de l’équipe ou des entraîneurs. C’est frustrant de perdre six matchs d’affilée. Il n’est pas différent des autres. C’est de cette façon qu’il est présentement.

«Quand on regarde ce qui se passe, ça peut aussi être frustrant pour lui, a-t-il poursuivi. On a vu des buts que Carey Price peut arrêter, mais on a aussi vu de gros arrêts de Carey Price. Ce qui est frustrant, c’est qu’il faut être capable de l’aider un peu. Hier (jeudi), quand tu regardes la quantité de surnombres, on ne l’aide clairement pas. Ça revient à la même chose. C’est un aspect d’équipe, on s’en sortira ensemble. C’est à tout le monde de faire le travail de la bonne façon.»

Mois de novembre atroce

À ses cinq derniers départs, Price présente d’horribles statistiques avec un dossier de 0-4-1, une moyenne de 5,34 et un taux d’efficacité de ,822. Depuis le début de novembre, il a une fiche de 4-5-2 avec une moyenne de 3,77 et un taux d’efficacité de ,883.

Par souci d’équité, il faut rappeler que Price avait parlé après les défaites humiliantes contre les Bruins (mardi) et les Rangers (samedi). Mais c’est le silence depuis ce temps.

Solution collective

À l’instar de Julien, Domi a parlé d’une solution qui se trouve à l’intérieur du vestiaire. Pour le numéro 13, la relance de l’équipe passe par un meilleur travail du groupe des 23 joueurs, pas d’un seul individu.

«Nous sommes une équipe, a murmuré Domi. Tout le monde doit collaborer. Bien sûr, nous pouvons mieux jouer devant Carey. Nous le savons. Il le sait aussi. Nous devons être meilleurs les uns pour les autres. Quand tout le monde travaille ensemble, nous sommes une équipe difficile à affronter. C’est ce à quoi nous devons revenir.»

Lehkonen, qui n’a rien d’un moulin à paroles, a abondé dans le même sens.

«Il faut avoir confiance les uns envers les autres et faire son travail, a dit le Finlandais. Nous devons travailler ensemble pour nous en sortir. Nous connaissons une mauvaise séquence. Ça peut forger le caractère ou nous tirer en bas, mais nous devons renverser la vapeur.»

Ça fait déjà quelques matchs que les joueurs du CH parlent de renverser la vapeur. Ils auront l’occasion de le faire lors de la visite d’Alain Vigneault, de Michel Therrien et des Flyers, samedi après-midi au Centre Bell.