Baie-Comeau Drakkar v Quebec Remparts

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LHJMQ

Vers la fin des bagarres

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La LHJMQ a serré la vis au cours des dernières saisons pour réduire le nombre de bagarres pendant ses matchs. Bien que le temps des durs à cuire imposant la loi et l’ordre sur les patinoires est révolu, les combats sont toujours tolérés à travers le circuit Courteau, mais pour combien de temps encore?

Le Journal a constaté, en effectuant un bref tour d’horizon auprès d’entraîneurs de la LHJMQ, que l’abolition des bagarres est la voie privilégiée pour les prochaines années, un coup de barre que d’autres circuits mineurs n’ont pas hésité à donner pour améliorer la sécurité des joueurs et pour enrayer la violence au hockey.

«Pourquoi les garder? Ça donne quoi, une bagarre? Honnêtement, il y a d’autres manières d’aller chercher du momentum. Les joueurs ne sont plus là, c’est rendu du hockey rapide et on est capable de mettre nos joueurs dans des situations offensives et défensives, tranche l’entraîneur-chef de l’Armada de Blainville-Boisbriand, Bruce Richardson, qui s’est lui-même livré à des dizaines et des dizaines de combats pendant sa carrière de hockeyeur.

«J’ai des plaques de métal au visage et j’ai des problèmes de cou, et ce n’est pas parce que j’ai marqué des buts. Une bagarre, ça n’a aucun impact dans le match. Je ne vois plus la nécessité. Je repense à des fois où je me suis battu sans aucune raison [...] Quelqu’un qui veut encore des bagarres, c’est quelqu’un qui ne s’est jamais battu.»

La mise en place, cette saison, d’une pénalité d’instigateur à un joueur dont le seul objectif est de se déguiser en boxeur a été un autre pas vers la disparition de cet élément du jeu longtemps apprécié par les amateurs, après le règlement empêchant un joueur de retirer le casque de son adversaire et celui interdisant les bagarres planifiées.

En diminution

L’an dernier, seul l’attaquant du Titan Liam Leonard a été impliqué dans dix assauts alors qu’aucun joueur n’avait atteint la dizaine la saison précédente. À égalité au sommet, Baie-Comeau (32) et Rimouski (32) ont été les seules équipes à avoir participé à plus d’une trentaine de danses. En 2008-2009, 11 formations avaient dépassé ce seuil, Moncton étant la plus turbulente avec 53 bagarres.

Dans la LNH, le nombre de combats par match est en régression constante. Il est passé à 0,58 en 2009-2010 à 0,18 l’an passé pour s’établir en dessous de 0,20 pour la première fois de l’histoire avec 224 bagarres au total, selon les données compilées par HockeyFights.com et ESPN.

Roy plaide pour une expulsion

Depuis qu’il dirige les Remparts de Québec, d’abord durant son premier séjour de 2005 à 2013 puis depuis avril 2018, Patrick Roy a souvent usé de son influence pour livrer son opinion sur divers sujets chauds reliés à son sport. L’ancien gardien étoile s’était montré en faveur de l’élimination pure et simple des valses sur glace en 2012 et sa pensée n’a pas changé depuis.

«Les bagarres ne disparaîtront jamais, mais il faut que le gars [qui se bat] soit sorti du match. Il va toujours en avoir des bagarres. Il y en a au football, au baseball, au soccer et au basketball, mais dans ces sports, les joueurs sont automatiquement expulsés de la rencontre. Je pense qu’on est rendu là comme société. On essaie de protéger nos joueurs contre les coups à la tête, mais on les laisse se battre. Ça ne fonctionne pas», laisse tomber Roy.

«Les bagarres sont portées à disparaître. Dans deux ans? cinq ans? dix ans? C’est encore accepté dans le feu de l’action, mais souvent, les batailles ont lieu après une série de débordements. Il faut donner un rôle encore plus important aux arbitres pour qu’ils appliquent les règles de manière constante», avance pour sa part le pilote des Tigres de Victoriaville, Louis Robitaille.

Règlements dissuasifs

Le règlement pour dissuader les joueurs de se donner en spectacle avec leurs poings existe déjà au sein du circuit universitaire américain (NCAA) où évoluent une tonne d’espoirs de la LNH. Les fautifs sont aussi suspendus un match lors d’une première offense.

Dans la USHL, le circuit junior américain, toute bagarre est sanctionnée d’une pénalité majeure et d’une inconduite de dix minutes. Plus près de chez nous, dans la Ligue junior AAA du Québec, une bataille entraîne automatiquement l’expulsion des deux belligérants. La balle est dans le camp de la LHJMQ.

En attente de son premier contrat

Le défenseur des Islanders de Charlottetown Xavier Bernard ne perd pas trop le sommeil, malgré le fait qu’il soit toujours à la recherche de son premier contrat professionnel.

Choix de quatrième tour des Devils du New Jersey en 2018, Bernard a jusqu’à la fin de la campagne pour apposer son nom au bas de son contrat d’entrée avec l’organisation à laquelle il appartient, sans quoi il sera de nouveau admissible à la séance de sélection de la LNH pour l’ensemble des 31 équipes.

«Je n’y pense pas vraiment, a assuré le principal intéressé lorsque rencontré en marge de l’affrontement des Islanders à Québec. Je joue ma game. J’essaie de m’améliorer chaque match. Je parle beaucoup avec l’organisation des Devils qui m’aident dans mon jeu. Je suis chanceux qu’ils me suivent à chaque match pas mal.»

Bernard, qui dispute une première saison complète sur l’Île-du-Prince-Édouard après avoir été acquis l’an dernier des Voltigeurs de Drummondville, estime être ressorti grandi de sa deuxième expérience avec les autres espoirs professionnels de l’organisation.

«La première année, tu arrives là, tu es une recrue et tu n’es pas trop certain à quoi t’attendre. À ta deuxième année, tu sais davantage à quoi t’attendre des journées et des pratiques. Je suis arrivé là prêt mentalement et physiquement et j’ai vraiment bien fait. L’an prochain, je compte faire encore mieux», a lancé Bernard, qui a enregistré trois buts et six mentions d’aide en 25 parties cette saison.

Épaté par Hughes

Ce deuxième camp lui a d’ailleurs permis de découvrir le nouveau joyau des Devils, un dénommé Jack Hughes, qui a été tout le premier choix au total de la dernière séance de sélection. Bernard a été impressionné par le comportement de l’Américain.

«J’ai eu la chance de me tenir pas mal avec et c’est vraiment un bon kid. C’est une bonne personne en plus d’être un bon joueur de hockey. Il a vraiment beaucoup de talent et dans quelques années, ça va être l’un des meilleurs joueurs de la Ligue. Ça lui a pris quelques matchs pour récolter ses premiers points, mais c’est normal, ça demandait un temps d’adaptation.»