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Développement important dans le dossier Bill Peters

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Le cas de l’entraîneur-chef Bill Peters, accusé de propos racistes tenus dans le passé, fait l’objet d’une enquête par l’organisation des Flames de Calgary.

C’est ce qu’a confirmé le directeur général des Flames, Brad Treliving, mardi, refusant toutefois de déterminer si le congédiement de Peters était une possibilité.

L’instructeur ne sera cependant pas derrière le banc de sa formation pour le duel contre les Sabres, mercredi soir, à Buffalo. Il sera remplacé par l’entraîneur adjoint Geoff Ward. Peters n’était également pas à son à son poste pour l’entraînement des Flames, mardi matin.

«Notre enquête se poursuit. Nous prenons le dossier au sérieux. Nous voulons faire preuve de rigueur dans notre enquête. Nous n’émettrons aucun autre commentaire jusqu'à ce que le processus soit terminé», a indiqué Treliving dans un communiqué publié en soirée. 

Ce scandale secoue Calgary alors qu’un ex-hockeyeur de la Ligue nationale (LNH), soit Akim Aliu, s’est tourné vers son compte Twitter, lundi soir, pour dénoncer les agissements de Peters à son endroit lors de la saison 2009-2010. À l’époque, les deux hommes étaient avec les IceHogs de Rockford, club-école des Blackhawks de Chicago.

«Pas surprenant ce qu’on entend au sujet de [Mike] Babcock. La pomme ne tombe pas loin de l’arbre, avait-il écrit d’emblée dans un premier gazouillis. Son protégé [à Calgary] m’a souvent adressé la parole avec le mot commençant par N dans le vestiaire, à ma première saison, parce qu’il n’aimait pas ma musique.»

En entrevue au réseau TSN, le natif du Nigeria a été un peu plus loquace.

«En marchant avant un entraînement matinal d’avant-match, il a dit : "Hé Akim, je suis fatigué que tu fasses jouer cette musique de n...," a-t-il déclaré. Ensuite, il a quitté comme si rien ne s’était passé. On pouvait entendre une mouche voler, tout était devenu soudainement silencieux. Je me suis simplement assis devant mon casier et je n’ai pas dit un mot.»

Plus tard, le capitaine des IceHogs, Jake Dowell, a exigé des explications de son pilote relativement à ses commentaires. Celui-ci n’a pu être rejoint pour préciser davantage, mais deux coéquipiers d’Aliu à l’époque, le Québécois Simon Danis-Pépin de même que Peter MacArthur ont confirmé que les faits évoqués avaient bel et bien eu lieu.

«Je pense que chacun doit être responsable de ses gestes et de ses paroles», a affirmé Danis-Pépin à TSN.

L’exemple Kaepernick

Questionné à savoir pourquoi il n’avait pas relaté ce cas plus tôt, Aliu a mentionné le nom du quart-arrière Colin Kaepernick, qui n’a pas joué dans la NFL depuis 2016.

«Ce n’est pas d’être rancunier ou amer. J’en suis resté là pendant vraiment longtemps. Ça m’a brisé le cœur et je pense que ma carrière a pris une mauvaise tournure avant même que tout cela ne commence, a émis l’homme de 30 ans qui est joueur autonome après avoir évolué dans la Premier AA Hockey League [ECHL] en 2018-2019. Ce n’est pas comme l’histoire de Kaepernick, mais si vous jouez la carte de la race, on dirait bien que ça signifiera la fin de votre carrière.»

«Si vous regardez les chiffres, vous voyez que j’étais en route vers une saison de 20 buts à ma première année professionnelle et je n’avais pas de temps de jeu en avantage ou en infériorité numérique, a-t-il poursuivi. Rien en unités spéciales. Tout cela a ruiné ma carrière avant même le début. Je ne crois pas que cela peut être remis en question. Après, on m’a envoyé dans l’ECHL. J’ai été échangé à une autre organisation et ce fut un effet d’enchaînement à partir de là.»

Autres cas cachés?

Pour sa part, le défenseur Michal Jordan, qui a porté l’uniforme des Hurricanes de la Caroline pendant 79 matchs entre 2012-2013 et 2015-2016, a ajouté son grain de sel en après-midi. L’actuel membre de l’Amour de Khabarovsk, dans la Ligue continentale, a connu Peters, qui fut instructeur des «Canes» entre 2014 et 2018.

«Je ne souhaite jamais de mal à autrui, mais tu mérites ce qui t’arrive, Bill. Après plusieurs années de travail pour atteindre la LNH, j’ai côtoyé le pire entraîneur qui soit, et de loin. Il m’a asséné des coups de pied et a donné des coups de poing à d’autres pendant les matchs», a-t-il rédigé sur Twitter.

«Puis, il prétendait que rien n’était arrivé. [...] Je ne pouvais pas en croire mes yeux. Cela pouvait arriver dans la meilleure ligue. Je suis heureux de ne plus à vivre ce genre de truc quotidiennement.»

Par ailleurs, la LNH a brièvement commenté les allégations en avant-midi.

«Le comportement qui a été évoqué est répugnant et inacceptable. Nous n’émettrons pas d’autres commentaires avant d’avoir l’occasion d’examiner ce dossier plus rigoureusement», a simplement précisé le circuit Bettman par le biais du compte Twitter de son service de relations publiques.