Boxe

Marie-Ève Dicaire aurait aimé mieux faire

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Depuis sa sortie du ring après sa victoire contre Ogleidis Suarez, Marie-Ève Dicaire a vécu une tempête à laquelle elle ne s’attendait pas.

Dans la majorité de ses entrevues qu’elle a données lundi, la championne IBF des poids super-mi-moyens a été interrogée sur le fait que des amateurs avaient quitté le Centre Vidéotron pendant son combat. Cette situation a fait l’objet d’un article dans l’édition de lundi du Journal de Montréal.

«Il y a plusieurs facteurs qui peuvent expliquer ce qui est arrivé, a souligné Dicaire lors d’un entretien téléphonique. Il y a des partisans qui viennent pour la boxe et d’autres, pour un boxeur en particulier. Par exemple, ma famille et mes amis n’ont pas beaucoup suivi le duel de Mikaël Zewski, même si c’était un excellent combat.»

La pugiliste de 33 ans a été chatouillée par les commentaires au sujet de la popularité de la boxe féminine. C’est une cause qui lui tient à coeur.

«Je suis contente qu’il y ait eu des réactions, a ajouté Dicaire. Ça me prouve que notre sport évolue. Le même article, il y a trois ans, serait passé sous le radar. Je suis contente de voir que le débat a été civilisé.»

Revoir la formule? 

Plusieurs amateurs croient que l’heure tardive de la finale a été l’un des facteurs du départ de certains, samedi soir. À la boxe, il n’est pas rare que le combat principal s’amorce vers 23h30 et que les spectateurs ne quittent pas l’amphithéâtre avant minuit.

«On a vu ce qui est arrivé au combat de Canelo Alvarez et Sergey Kovalev, a expliqué Dicaire. Ils ne se sont pas battus avant 1 h du matin [heure du Québec] alors qu’ils étaient arrivés à l’aréna à 22 h. Il est possible que ça puisse affecter la qualité du spectacle. Pour les athlètes, ce n’est pas toujours évident. Il faudrait peut-être repenser à la façon de faire des galas de boxe.»

Pour ce qui est de sa performance contre Suarez, elle ne se cache pas la tête dans le sable.

«J’aurais aimé mieux faire. Ma préparation était parfaite, a-t-elle souligné avec un recul de 48 heures. Je voulais livrer un combat spectaculaire, mais ça n’est pas arrivé. J’ai fait mal à Suarez au corps dès le premier round. Par la suite, elle est tombée en mode survie pour le reste du combat. J’ai aussi mal coupé le ring lorsqu’elle se déplaçait. C’est un aspect important, surtout dans un grand ring.»

Pouce fracturé pour Zewski

Par ailleurs, Zewski a annoncé mardi qu’il s’est fracturé le pouce de sa main droite lors de son combat contre Alejandro Davila, samedi.

«Au troisième round, j’ai frappé mon adversaire sur le coude et j’ai senti une vive douleur au pouce, a raconté le Trifluvien sur son compte Facebook. Lors des sept rounds suivants, j’ai misé beaucoup sur ma main gauche. Je frappais avec ma droite, mais moins souvent et avec moins de force. J’avais surtout beaucoup de difficultés à frapper en combinaisons.»

Après un examen d’imagerie par résonance magnétique, il a reçu un verdict sans appel: fracture du métacarpe. Il passera les six prochaines semaines dans le plâtre.