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Canadiens de Montréal

Lehkonen, une solution en attaque?

Journal de Montréal / Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Le Canadien traverse une période semblable à celle de la grisaille du mois de novembre. Il n’y a rien de rose dans le ciel du CH avec quatre revers d’affilée et seulement deux points à ses quatre dernières sorties contre des rivaux pourtant prenables.

Dans le revers de 6 à 5 contre les Rangers de New York, samedi, au Centre Bell, il y avait une pointe de lueur. Elle provenait du jeu d’un nouveau trio, celui de Max Domi au centre de la deuxième unité avec Artturi Lehkonen à l’aile gauche et Nick Suzuki à l’aile droite.

À un moment où on le croyait incapable de sortir de sa coquille dans un rôle offensif, Lehkonen a répondu avec un match de deux buts et une passe et un dossier de +4 face aux « Blue Shirts ».

Le Finlandais n’avait pas connu une rencontre de deux buts depuis le 1er décembre 2018. Et c’était justement contre les Rangers, encore une fois au Centre Bell.

On devait également reculer à sa saison recrue pour recenser son dernier match de trois points. C’était le 3 avril 2017 contre les Panthers de la Floride. Pour reprendre une expression peu commune dans les rues d’Helsinki, ça faisait un bail.

Dans le vestiaire du CH après le revers jugé inacceptable contre les Rangers, Lehkonen n’avait pas le goût de parler de son propre jeu ou de celui de son trio.

«Ça ne me réchauffe pas le cœur en ce moment, a-t-il répliqué. Ça ne change rien. Nous devons apprendre de cette défaite. C’est inacceptable ce qui vient d’arriver. C’est inacceptable. Quand tu mènes par quatre buts, tu ne peux pas perdre un match.»

Pas un marqueur de 30 buts

Avec l’absence de Jonathan Drouin, Claude Julien aura besoin d’un ailier gauche pour compenser l’apport offensif du Québécois. Julien a tenté une première expérience en déplaçant Domi à l’aile gauche. Après trois matchs et une baboune constante de Domi, il a replacé le numéro 13 au centre.

Lehkonen a reçu la deuxième audition. À son premier match à la gauche de Domi et de Suzuki, l’énigmatique attaquant a répondu à l’appel avec son meilleur match offensif depuis des lunes.

Julien avait expliqué son choix de miser sur Lehkonen dans ce rôle à quelques heures du match contre les Rangers.

«On n’a pas toujours besoin d’avoir trois joueurs qui sont offensifs au sein du même trio, avait répondu l’entraîneur en chef. On a plus besoin de joueurs qui apportent des choses que les trios ont besoin. On n’a pas mis Lehkonen là parce que c’est un marqueur de 30 buts. On l’a mis là parce qu’il travaille fort dans les coins de patinoire, il sort les rondelles, il applique de l’échec avant. Il crée des opportunités pour son trio. C’est ce qu’on espère qu’il va faire.»

Les éternelles attentes

Auteur d’une saison de 18 buts à sa première année à Montréal, en 2016-2017, Lehkonen a touché la cible 12 fois en 2017-2018 et 11 fois en 2018-2019. Il n’a pas su augmenter la cadence après une saison recrue prometteuse.

À sa dernière saison avec les Indians de Frölunda dans la Ligue élite de Suède, Lehkonen avait battu un record de Daniel Alfredsson avec 11 buts en seulement 16 matchs en séries lors du printemps de 2016.

Avec un record en Suède et une saison de 18 buts à ses premiers pas à Montréal, c’était une bonne recette pour faire gonfler les attentes.

Questionné à savoir si les attentes étaient trop grandes avec Lehkonen sur le plan offensif, Julien a offert une réponse des plus honnêtes.

«Comme tout le monde, j’aimerais le voir marquer plus qu’il ne le fait présentement. Mais, ça ne veut pas dire qu’il ne joue pas du bon hockey. Il fait toutes les autres choses bien. Il ne produit peut-être pas à la hauteur des attentes de tout le monde, mais ça ne fait pas de lui un mauvais joueur.»