Canadiens de Montréal

«Ça chicote autant Kotkaniemi que la direction»

«Ça chicote autant Kotkaniemi que la direction»

Michel Bergeron

Publié 24 novembre
Mis à jour 24 novembre

C’est inévitable maintenant et ce le sera jusqu’à la fin de leur carrière : Jesperi Kotkaniemi et Brady Tkachuk seront constamment comparés.

Le Canadien de Montréal a choisi KK avec le troisième choix au total du repêchage de 2018, tandis que Tkachuk était toujours disponible.

Comble de malheur, c’est Tkachuk qui a donné la victoire aux Sénateurs d’Ottawa, en prolongation, mardi dernier.

Les deux joueurs ne connaissent pas des débuts de carrière comparables, et c’est évident que ça chicote autant Kotkaniemi que le personnel de direction du Tricolore.

Ça me fait drôlement penser aux comparaisons entre Doug Wickenheiser, que le Canadien avait choisi premier en 1980, et Denis Savard, sélectionné troisième la même année.

Le contrat de Domi

Max Domi ne joue pas le même hockey que l’an dernier. Il y a quelque chose de différent dans son attitude et je me demande si le fait qu’il en soit à la dernière année de son contrat ne lui joue pas dans la tête.

(Récemment), il est revenu à l’aile, tandis que c’est le jeune Nick Suzuki qui l’a remplacé au centre du deuxième trio. Ça aussi, on dirait que ça l'a dérangé.

Il faudra qu’il se ressaisisse.

Les vedettes ont eu raison de Babcock

Ce qu’on croyait impensable il y a quelques années à peine est arrivé : Mike Babcock, considéré par plusieurs comme le meilleur entraîneur au monde, a été congédié par les Maple Leafs.

Le constat est évident : ce sont encore une fois les joueurs vedettes qui ont eu le dernier mot.

Le premier nom qui me vient en tête est celui d’Auston Matthews. Ce n’était pas une cachette pour personne que le grand centre et Babcock n’avaient pas toujours été sur la même longueur d’onde. On n’a qu’à se rappeler des séries éliminatoires d’il y a deux ans, lors desquelles Babcock n’avait pas utilisé Matthews autant qu’on pourrait s’attendre d’un joueur de son calibre.

L’entraîneur avait même dû se déplacer en Arizona, à la résidence estivale de Matthews, afin de faire le point et s’expliquer avec le no 34.

On peut tenter de trouver plusieurs raisons pour expliquer le congédiement de Babcock. Non, les Maple Leafs ne connaissaient pas le début de saison espéré. Toutefois, il semblait évident qu’il existait encore des tensions entre l’entraîneur et le joueur de concession.



Au final, c’est le joueur qui a gagné la partie de bras de fer. Comme c’est toujours le cas. Et dans une déclaration qu’il a publiée peu de temps après la nouvelle, il n’a remercié qu’un seul joueur : le défenseur Morgan Rielly.

Pas John Tavares, pas Mitch Marner, et surtout pas Matthews.

Et comble de l’ironie, Babcock a été congédié à la veille d’un match des Leafs... en Arizona.

Surprise?

Je ne peux pas dire que j’ai été surpris lorsque j’ai appris la nouvelle. Les rumeurs se faisaient de plus en plus persistantes à Toronto, et la presse de plus en plus critique à son endroit.

Je ne pense pas que Babcock a été surpris outre mesure lui non plus. Il se savait épié et critiqué et avait même lancé que s’il avait eu des enfants plus jeunes, il n’aurait pas accepté de diriger les Maple Leafs pour ne pas que ses enfants aient à subir les effets collatéraux des critiques à son endroit.

Mercredi, on lui a laissé diriger l’entraînement. À ce moment, la décision était prise, c’est évident. Le directeur général Kyle Dubas et le président de l’équipe, Brendan Shanahan, voulaient simplement lui en faire l’annonce en personne.

Un constat décevant pour Kyle Dubas - TVA Sports

Relation avec Dubas

Plusieurs choses ont été dites et écrites sur la relation entre Dubas et Babcock.

Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais je me demande quel était le niveau de respect qu’avait l’entraîneur lorsque les Maple Leafs ont annoncé avoir promu ce jeune de 32 ans au poste de directeur général de l’équipe.

On a toujours eu l’impression que Babcock se sentait au-dessus de son supérieur immédiat. Et je me demande aussi à quel point il respectait Brendan Shanahan, un homme qui n’a pas eu à faire ses classes pour atteindre le poste qu’il occupe présentement, mais qui l’a obtenu simplement grâce à la réputation qu’il a acquise dans sa carrière de joueur.

Si un entraîneur ne respecte pas les hauts dirigeants de son équipe, c’est un mariage voué à l’échec. Et de plus en plus, on avait l’impression que Babcock se voyait gros. Il avait gagné l’or olympique et la Coupe Stanley.

Parfois, il parlait comme si c’était lui qui avait inventé le hockey.

La suite

Maintenant, il se retrouve sur le marché. Il n’aura pas de problème à se trouver un emploi, mais j’ai l’impression qu’il va être patient. Il lui restait encore trois ans à écouler au contrat de huit saisons et 50 M$ qu’il avait signé en 2015.

Il aura donc tout le loisir d’être patient et de continuer à empocher les imposants chèques des Maple Leafs. Il ne devrait pas faire de dépression.

Et maintenant, c’est l’ère Sheldon Keefe qui commence.

Soyons honnêtes, c’était écrit dans le ciel que Keefe était l’héritier du trône de Babcock. Il a connu beaucoup de succès dans la Ligue américaine de hockey avec les Marlies de Toronto, mais surtout, c’était l’entraîneur des Soo Greyhounds à l’époque où Dubas en était le directeur général.

Keefe a connu de bons débuts comme entraîneur des Leafs. Reste à voir combien de temps va durer la lune de miel.

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Crédit photo : AFP

À qui le tour?

Ce n’est pas rare que le congédiement d’un entraîneur fasse boule de neige et soit à l’origine d’une vague de licenciements. Qui sera le prochain à perdre son emploi? Bill Peters avec les Flames de Calgary, Peter DeBoer avec les Sharks de San Jose et Bruce Boudreau du Wild du Minnesota sont pour moi les trois entraîneurs les plus en danger à l’heure actuelle.

Si j’avais à miser, je dirais Peters. Rien ne va plus à Calgary, mais il faut admettre que ce n’est pas totalement la faute de l’entraîneur.

Certaines transactions de Brad Treliving ont été pour le moins douteuses, à commencer par l’acquisition de Milan Lucic des Oilers d’Edmonton en retour de James Neal.

Ce dernier compte 13 buts au compteur depuis le début de la saison, tandis que Lucic n’a que quatre petites passes en 23 matchs.