Crédit : Pierre-Paul Poulin / JdeM

Impact de Montréal

Que l'aventure commence!

Que l'aventure commence!

Patrice Bernier

Publié 20 novembre
Mis à jour 20 novembre

L’embauche de Thierry Henry à titre d’entraîneur-chef de l’Impact est une superbe nouvelle à tous les niveaux!

C’est un bon coup pour le club : l'Impact a trouvé un coach qui était disponible, qui attire, qui a de l’envergure. Henry, lui, se cherchait un défi. Au niveau "timing", c'est un nouveau cycle pour le club avec l'arrivée d'un directeur sportif en Olivier Renard et d'un président, Kevin Gilmore, qui n'est là que depuis un an.

Thierry Henry coche plusieurs cases, pour ainsi dire. Il a évolué en MLS, il connaît bien la ligue et ses rudiments. Maintenant, c'est à lui de mettre sa patte, son identité, son style de jeu et d'avancer ensemble, avec le directeur sportif et le président, dans ce nouveau cycle.

J'ai eu la chance d’apprendre son embauche une journée avant tout le monde parce que Thierry m'a appelé. Je ne vous le cacherai pas: quand il m'a annoncé ça, ma première réaction a été «wow!». J'étais comme un fan. J'ai déjà essayé de le convaincre à quelques reprises de venir avec nous en tant que joueur et voilà, maintenant il vient, mais à titre d'entraîneur.

Crédit photo : Pierre-Paul Poulin / JdeM

J'ai pensé aux autres personnalités d'envergure qui sont passées par l'Impact. Après Didier Drogba, Marco Di Vaio et Alessandro Nesta qui ont eu de grandes carrières et qui sont venus comme joueurs, voilà que Thierry Henry s’amène comme entraîneur.

Il s'est toujours imposé des standards très élevés à titre de joueur. On parle parfois de la pression qu'il va ressentir, mais sachez que ce ne sera rien de nouveau pour lui. Dès son plus jeune âge, en tant que joueur, il était sous le microscope. Il a dû composer avec de lourdes attentes parce qu'il était un espoir de premier plan du soccer français. Il a ensuite gagné la Coupe du monde à 20 ans et pour la suite de sa carrière, il a répondu présent en étant un grand joueur de Premier league, battant des records avec Arsenal pour ensuite gagner la Ligue des champions avec Barcelone. La pression, il peut vivre avec ça.

Il sait qu'à titre d'entraîneur, il y aura aussi des attentes et qu'il doit faire ses preuves. Il revient donc en MLS, un endroit où les entraîneurs ont peu plus le temps d'établir leur projet. À d'autres endroits dans le monde, tu peux te retrouver sur la sellette après trois défaites. C'est moins le cas ici.

C'est un gars exigeant. Il l'était envers lui-même, et en tant que coach, je ne crois pas que ça va changer. Il a aussi une grande passion, une grande volonté et une grande connaissance du jeu. La différence, c'est qu'il n'est maintenant plus l'artiste, il sera désormais celui qui fournit la toile et les pinceaux.

Ça va être intéressant à voir et maintenant, les yeux de la ligue sont rivés sur Montréal. On dit souvent qu'on ne parle pas assez de l'Impact sur la planète MLS, mais maintenant, voilà un homme qui attirera l'attention. On sera sur sa trace, on voudra suivre son évolution. Du côté américain, on suivra de plus près ce que Thierry Henry réussira à faire avec l'Impact.

Maintenant, le travail doit commencer et ça va partir fort avec un match de Ligue des champions de la CONCACAF.

Une vieille connaissance

Je connais personnellement Thierry depuis quelques années. Voulez-vous des anecdotes?

La première fois qu'on a eu des échanges verbaux, c'était lors de l'un des premiers matchs entre l'Impact et les Red Bulls au Red Bull Arena. Cet échange, survenu en plein match, était un peu... agressif.

Personne ne va s'imaginer que j'ai parlé comme ça à Thierry Henry, mais sur le terrain, vous défendez vos couleurs. Il faut jouer, il y a des échanges et sur le moment, je ne me suis pas dit «c'est Thierry Henry, je vais être gentil». À la fin du match, on a encore discuté, mais plus sereinement et calmement.

Tranquillement, à travers le temps, on s'est rencontrés souvent. Que ce soit lors d'événements promotionnels, ou au match des étoiles de 2013, ou lors d'autres affrontements entre l'Impact et les Red Bulls.

Crédit photo : USA TODAY Sports

Pour vous donner une idée de sa mentalité foot... je me souviens d'un autre match contre les Red Bulls où on tirait de l'arrière 1-0 après une demie. Le match était serré. Marco Di Vaio était entré en jeu pour nous en deuxième demie et il était passé près d'égaliser. On a cependant perdu le match.

Après le sifflet final, Thierry vient me voir et la première chose qu'il me dit, ce n'est pas «bon match» ou un truc du genre. Il se met immédiatement à m'expliquer comment son équipe aurait pu mieux gérer la fin du match et que nous, on aurait pu ressortir de là avec un point. Moi, j'étais dépité parce qu'on avait perdu, j’étais dans l'émotion et lui, il était tout de suite dans la réflexion. C'est là que j'ai réalisé que lui, il «mange du soccer». Quelque part, il avait déjà la fibre d'un entraîneur.

Et maintenant, il l'est. À Montréal! Que l'aventure commence!

En espérant vivre de grands moments dans l'ère Thierry Henry. Bienvenue à Montréal «Titi»!

Une nouvelle formule

Pour la première fois depuis plusieurs années, le Match des étoiles n'opposera pas les vedettes de la MLS à une grosse cylindrée européenne. Ce sera plutôt contre une autre équipe d'étoiles, celles de la Liga MX, première division mexicaine.

Il s'agit d'une nouvelle étape dans cette synergie qui grandit continuellement entre les deux principaux championnats nord-américains, après la Coupe Campeones et la Coupe des Ligues. Ça se passera à Los Angeles. J'aimais l'ancienne formule avec les gros clubs européens parce que je trouvais qu'il restait encore de gros clubs à accueillir comme Barcelone ou le Paris Saint-Germain, Manchester City, mais voilà, ce match-là sera plutôt une nouvelle étape dans la synergie, l'essor et même la rivalité entre les deux ligues, spécialement alors que la Coupe du monde de 2026 aura lieu au Mexique, aux États-Unis et au Canada.

C'est aussi intéressant parce que MLS aime bien mesurer sa progression sportive dans ses affrontements avec la Liga MX. Il est bien de voir ces deux ligues coopérer, pour ainsi dire, afin de relever globalement le niveau du soccer qui se joue en Amérique du Nord.

Enfin, le repêchage d'expansion de la MLS est maintenant derrière nous. À cette étape-ci, on voit que l'Inter Miami semble vouloir se bâtir une identité un peu plus latine et je crois que l'entraîneur qui sera bientôt nommé sera aussi latin. Du côté de Nashville, on semble se diriger vers un profil très MLS (Dax McCarty, Daniel Lovitz), un peu comme le FC Cincinnati a voulu faire il y a un an.