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Novak Djokovic et Andy Murray critiquent le Canada

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Après le manque de public et d'ambiance et les horaires tardifs des rencontres, une nouvelle polémique a assombri mercredi la première édition de la Coupe Davis nouvelle formule à Madrid: le forfait du double canadien, la veille face aux États-Unis, qui fausse l'équité de la compétition.

«Ça ne me plaît pas, ça ne devrait pas être autorisé (...) Tout le monde devrait être obligé de jouer», a tranché Novak Djokovic.

Le Canada, vainqueur de son premier match contre l'Italie lundi, s'est assuré la première place du groupe F et donc la qualification pour les quarts de finale en remportant mardi les deux simples - et donc le match - contre les États-Unis.

Dans la foulée, les Canadiens ont déclaré forfait pour le double face aux Américains, leur octroyant une victoire de 6-0, 6-0.

Aucune autre pénalité n'est applicable «car un médecin indépendant a constaté que trois des quatre joueurs canadiens étaient inaptes à jouer le double», a affirmé un responsable de la Fédération internationale (ITF) à l'AFP.

Le capitaine canadien Frank Dancevic a sélectionné quatre joueurs au lieu des cinq autorisés: Denis Shapovalov, Félix Auger-Aliassime, Brayden Schnur et Vasek Pospisil. Mais la qualification a été obtenue à deux: seuls Shapovalov et Pospisil ont joué, en simple comme en double. Ils ont remporté leurs quatre simples et se sont inclinés en double contre l'Italie, avant de déclarer forfait face aux États-Unis.

Murray appuie Djokovic

Sauf que la nouvelle formule de la Coupe Davis donne au double une importance qui peut s'avérer prépondérante pour la qualification pour les quarts.

Depuis cette année, 18 équipes jouent sur une semaine la phase finale à Madrid. Elles sont séparées en six groupes de trois: le premier de chacun des groupes ainsi que les deux meilleurs deuxièmes, départagés au nombre de parties, puis de manches et de jeux gagnés, se qualifient pour les quarts.

Si bien que les États-Unis, qui jouaient mercredi soir contre l'Italie, ne peuvent certes plus espérer que la deuxième place du groupe F derrière le Canada, «mais avec cette victoire 6-0, 6-0 pourrait faire une grande différence dans le calcul du meilleur deuxième des groupes», a souligné Djokovic.

«Je comprends que le Canada était qualifié après avoir gagné ses deux matchs. Peut-être que des joueurs, comme Auger-Aliassime, étaient blessés, peut-être qu'ils ont voulu récupérer en vue des quarts et de la suite, mais je trouve que ce n'est pas juste», a poursuivi le Serbe.

Un avis complètement partagé par Andy Murray, pour qui ce forfait «n'est pas une bonne chose».

«En plus, ils auraient de toutes façons eu deux jours de repos par la suite, donc, je pense qu'ils auraient dû jouer le double», a-t-il ajouté.

Le Canada jouera jeudi contre la Belgique ou l'Australie, qui se disputent la première place du groupe D.

Coupe Davis et Coupe ATP: Djokovic souhaiterait une seule "Super Coupe" en septembre

Novak Djokovic, qui a disputé son premier match de Coupe Davis nouvelle formule, mercredi à Madrid, quelques semaines avant de jouer la première édition de l'ATP Cup, souligne l'impossible coexistence de ces deux compétitions, appelant à la création d'une seule "Super Coupe" fin septembre.

La date suggérée n'est pas anodine: elle correspond au créneau occupé par la Coupe Laver, cette troisième compétition par équipes initiée en 2018 par Roger Federer, mais qui n'est qu'une exhibition.

«À long terme, je ne pense pas à titre personnel que les deux Coupes (NDLR: Davis et ATP) puissent coexister à six semaines d'écart. C'est trop rapproché», a-t-il précisé, reconnaissant que la nouvelle formule de la Coupe Davis n'était pas pleinement satisfaisante en raison à la fois de son format et de sa date en toute fin de saison.

«Une idée serait de fondre les deux Coupes en une seule. Je pense que c'est une option ouverte à l'avenir», a-t-il dit.

Il fallait changer la formule de «l'ancienne Coupe Davis qui n'était plus suffisamment attractive», a-t-il répété en reconnaissant que le «très gros sacrifice qu'il a fallu faire, est de ne plus avoir l'occasion de jouer à la maison».

«Le format idéal doit se situer entre les deux», selon le N.2 mondial.

«Peut-être qu'il faudrait créer un Huit d'élite (Elite 8) et organiser plus tôt dans l'année, sur une ou deux semaines, des qualifications pour ce Huit d'élite où les nations joueraient à domicile», a-t-il proposé.

Ensuite, il faudrait trouver une bonne date pour jouer ce Huit d'élite.

«Le créneau idéal, à mon avis, serait après les Internationaux des États-Unis, probablement fin septembre. Ce serait le meilleur moment pour organiser cette Super Coupe, ou quel que soit son nom, pourvu qu'il n'y en ait qu'une», a estimé Djokovic.

«Je ne sais pas si c'est réaliste ou pas, si c'est faisable», a-t-il ajouté en rappelant les énormes contingences qui accompagnent la création d'une telle compétition et en dédouanant ainsi les organisateurs de la nouvelle Coupe Davis, critiquée par certains en ce qu'elle dénature la compétition dont elle se veut l'héritière.

D'autres, comme Rafael Nadal, ont critiqué les horaires des parties qui poussent certains joueurs à évoluer au coeur de la nuit avant de rejouer en soirée.

«Chaque fois qu'on fait des changements, on prend des risques. Il y a beaucoup d'argent engagé, 18 équipes, 90 joueurs et des centaines de personnes dans les staffs de chaque équipe. Donc c'est une énorme organisation et il faut beaucoup de temps et d'efforts pour tout mettre en place", a plaidé Djokovic.