Marc Bergevin

Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

Pourquoi ne pas tenter un gros coup?

Pourquoi ne pas tenter un gros coup?

Michel Bergeron

Publié 16 novembre
Mis à jour 16 novembre

Quand il s’est présenté devant les journalistes mercredi dernier, Marc Bergevin n’avait pas simplement l’air d’un homme heureux, il dégageait surtout l’image d’un homme de hockey qui a confiance en son équipe. Et ce n’était pas qu’une parure.

Il est évident que le directeur général du Canadien aime beaucoup son équipe présentement, et avec raison puisque tout baigne dans l’huile pour le Tricolore depuis quelques semaines.

La formation qu’il a mise en place donne des résultats fort convaincants.

Dans son point de presse, Bergevin a parlé de la situation des équipes dans l’Association de l’Est en mentionnant qu’elle comptait une poignée d’équipes d’élite, puis de plusieurs autres ayant le potentiel de se tailler une place en séries.

Dans quelle catégorie Bergevin place-t-il son équipe ? Si vous voulez mon avis, il la classe dans la catégorie « élite ».

Difficile de le contredire à l’heure actuelle à la lumière de ce qu’on a vu depuis le début de la saison. Tout fonctionne, à tous les niveaux. Tant offensivement que défensivement, que devant le filet, il est assez difficile de trouver des points négatifs outre peut-être le manque de discipline à l’occasion.

Mais ça, ça se corrige.

Julien doit s'amuser

L’entraîneur Claude Julien doit avoir un plaisir fou à diriger cette formation cette année. Non seulement, comme je l’ai détaillé dans une chronique antérieure, tout ce qu’il touche se transforme en or, mais la situation hiérarchique de l’équipe lui donne une latitude dont rêve tout entraîneur.

Je m’explique.

Soyons honnêtes, le Canadien ne compte sur aucun joueur vedette ailleurs qu’à la position de gardien de but. En tout cas, pas en attaque.

Ce faisant, l’entraîneur peut jongler avec ses trios comme bon lui semble sans nécessairement avoir à jongler avec l’ego des supervedettes.

Le meilleur exemple : il a récemment rétrogradé Tomas Tatar sur le troisième trio, et ce, sans faire de vagues. Quand tu diriges des Sidney Crosby ou Connor McDavid, tu dois être plus prudent, mais chez le Canadien, tout le monde comprend et accepte.

À l’arrière, Shea Weber est redevenu le pilier de la brigade défensive tandis que Jeff Petry continue d’être un joueur d’équipe efficace à souhait.

Et je dois le reconnaître, j’ai été un peu dur envers Ben Chiarot lors de sa signature l’été dernier. Le défenseur gaucher m’impressionne depuis quelques matchs et on sent qu’il est de plus en plus à l’aise dans l’environnement bleu, blanc et rouge.

Je pense de plus en plus que le besoin le plus criant chez le Tricolore n’est pas à la gauche de la défensive.

Encore une fois, c’est un centre pouvant jouer sur les deux premiers trios dont le Tricolore a besoin.

Transaction

Pour revenir à Bergevin, un aspect qui doit contribuer à son bonheur est que l’équipe dispose d’environ 8 M$ de jeu sous le plafond salarial. En plus, les derniers repêchages ont permis à l’organisation d’ajouter plusieurs espoirs de qualité dans la filière.

Ce faisant, le directeur général du Canadien a la marge de manœuvre nécessaire lui permettant de faire une transaction.

Un espoir et un choix de première ronde pourraient permettre au CH de se doter d’un bon joueur de centre. Et qu’on arrête de me dire qu’on doit conserver nos choix de premier tour. Le meilleur exemple est Ryan Poehling. Oui, c’est un premier choix, mais le 25e au total.

Il n’y a rien d’assuré dans son cas, comme dans le cas de tous les joueurs repêchés à ce niveau. À mon époque, le 25e choix était une sélection de deuxième ronde.

Pendant que tout va bien et que le moral est bon, pourquoi ne pas tenter un gros coup, question d’ajouter à l’enthousiasme de tout le monde dans le vestiaire ?

— Propos recueillis par Kevin Dubé