Washington Capitals v Philadelphia Flyers

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LNH

Carlson à la poursuite de l’improbable

Agence QMI / Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Bobby Orr, Paul Coffey, Al MacInnis, Brian Leetch et Denis Potvin. Seulement cinq défenseurs ont atteint le plateau des 100 points dans l’histoire de la LNH. Depuis Leetch avec les Rangers de New York en 1991-1992, aucun défenseur n’a réalisé ce rarissime exploit.

Il reste encore très loin de l’objectif, mais John Carlson produit actuellement à un rythme d’une saison de plus de 100 points. Après 20 matchs, le défenseur des Capitals de Washington a déjà 30 points (8 buts, 22 passes). S’il gardait la même cadence, il terminerait la saison avec 123 points.

«Les défenseurs qui ont obtenu des saisons de 100 points font tous partie du Temple de la renommée du hockey, a dit Carlson aux collègues de Washington. Ils ont connu de glorieuses carrières. Je n’appartiens pas à cette conversation, même si ça fait plaisir d’entendre mon nom parmi eux.»

Réalité ou fiction

Une saison de 100 points pour un défenseur dans le hockey d’aujourd’hui, ça tient de la réalité ou de la fiction ?

«Il n’y a pas si longtemps, je croyais que c’était impossible, a dit le défenseur Seth Jones, des Blue Jackets de Columbus, en entrevue au Journal plus tôt cette semaine. Erik Karlsson et Brent Burns ont connu des saisons de 80 points et plus. Juste de produire à un rythme d’un point par match pour un défenseur, c’est assez fou. Mais Carlson produit à un rythme infernal depuis le début de la saison. Il voit tellement bien la glace et il a un tir incroyable.»

«S’il veut atteindre les 100 points, il devra en récolter au moins 40 en supériorité numérique, a poursuivi Jones. C’est un gros facteur, la production à cinq contre quatre.»

La machine des Capitals

Zach Werenski, un autre bon défenseur offensif et le partenaire de Jones à la ligne bleue des Blue Jackets, croit aussi aux chances de Carlson d’atteindre la centaine.

«Oui, j’estime que c’est possible, surtout pour un gars comme John, a répondu Werenski. On parle toujours de ses talents offensifs, mais il est aussi bon défensivement. Quand il est sur la glace, il sort rapidement de son territoire, alors il passe plus de temps en zone adverse. Il a aussi la chance de jouer pour une machine offensive et une équipe terrifiante en supériorité numérique avec Ovechkin, Backstrom, Kuznetsov, Oshie et compagnie.»

Un maître de l’avantage numérique

Matt Niskanen a bien connu Carlson à son époque avec les Capitals. Maintenant membre de la brigade défensive des Flyers de Philadelphie, Niskanen a apporté son son de cloche au départ exceptionnel de son coéquipier des cinq dernières saisons à Washington.

«Ça fait déjà quelques années qu’il produit à très bon rythme. C’est l’histoire de sa carrière, a noté Niskanen. L’offensive est sa force, mais les gens oublient parfois qu’il est un bon défenseur dans tous les aspects du jeu.»

«Les gens disent souvent qu’il inscrit beaucoup de points juste parce qu’il joue en avantage numérique, mais ils ont essayé plusieurs joueurs à sa position et il est de loin le meilleur que j’aie vu. Mike Green a été de la dynamite là-bas pendant des années, mais John amène une autre dimension avec son tir, son talent de passeur et son intelligence avec la rondelle. Je dis souvent qu’il est un tireur générationnel. C’est un art de performer à haut niveau avec constance en supériorité numérique et il est l’un des rares qui le font, sans compter qu’il génère aussi beaucoup d’attaque à cinq contre cinq.»

«John est capable d’atteindre le niveau des Burns et Karlsson, a poursuivi Niskanen. Déjà, il connaît un départ monstre et je le sais capable de maintenir ce rythme sur une saison complète. Il a tous les outils et l’instinct pour produire autant que ces gars-là.»

Avant cette année, Carlson a connu sa meilleure saison l’an dernier avec une récolte de 70 points (13 buts, 57 passes) en 80 matchs.

Le record d'équipe avant la centaine

John Carlson visera une marque plus modeste avant de rêver à une saison de 100 points. L’Américain de 29 ans aimerait d’abord écrire son nom dans le livre des records des Capitals.

Larry Murphy détient la marque chez les défenseurs des Capitals avec 81 points (23 buts, 58 passes). Ce record de concession tient depuis la saison 1986-1987. Kevin Hatcher s’en était approché en 1992-1993 avec une récolte de 79 points. Plus récemment, Mike Green avait aussi menacé la suprématie de Murphy avec 76 points en 2009-2010.

Carlson n’a pas caché son souhait de battre le record de Murphy.

«Je crois que ce serait génial si ça pouvait arriver, a dit Carlson à Stephen Whyno, de l’Associated Press à Washington. C’est encore tôt dans la saison. Je me concentre surtout sur les aspects de mon jeu qui font de moi un bon défenseur. Je veux surtout aider mon équipe à gagner nos matchs et si nous gagnons de bonnes choses pourraient survenir.»

Un peu de chance

Pour décrire ses succès personnels en ce début de saison, Carlson reste très modeste.

«Pour un défenseur, je crois qu’il y a toujours un aspect chance dans la récolte de points, a mentionné l’Américain de 29 ans à Ben Raby, de Capitals Radio. Je réussis de bons jeux, je ne veux pas vous faire croire le contraire. Je ne fais pas juste me débarrasser de la rondelle. Je génère des chances de marquer, mais je profite aussi d’un fort taux de réussite en ce début de saison. C’est dans ce sens que je parle de l’aspect chance.»

Le mot chance ne revenait pas dans le discours de Michal Kempny, le partenaire de Carlson à la ligne bleue des Capitals.

«Il est formidable pour nous, a raconté Kempny. À mes yeux, il est un futur gagnant du trophée Norris. Il est une bonne personne, un bon coéquipier et évidemment un bon défenseur. Il est sur une autre planète en ce moment.»