LNH

L'espoir atypique des Kings

Publié | Mis à jour

Il y a de ces buzz impossibles à ignorer dans le développement d’un jeune hockeyeur.

Les Kings de Los Angeles ont surfé sur la vague d’engouement qui a entouré Jordan Spence dans l’année précédant la sélection du défenseur, au quatrième tour du repêchage de la Ligue nationale de hockey (LNH), en 2019.

En Spence, les Kings ont jeté leur dévolu sur un joueur né en Australie, ayant grandi au Japon et qui n’avait commencé à pratiquer du hockey d’élite qu’à l’âge «avancé» de 14 ans. Généralement, de tels athlètes ont moins de probabilité de percer chez les professionnels.

De surcroît, en terre nippone, Spence le pré-adolescent pratiquait autant le hockey que le baseball, le sport national japonais. Pourquoi prendre une chance avec un profil aussi atypique?

«Il était bon dans d’autres sports et il a choisi le hockey, a expliqué Denis Fugère, recruteur amateur des Kings, dans un reportage présenté sur les ondes de TVA Sports, samedi. C’est quand même quelque chose d’important pour nous quand on voit ces détails.»

Et comme les membres du recrutement de beaucoup d’autres équipes de la LNH, Fugère a été impressionné par la performance de Spence au Championnat mondial de hockey junior en 2018 chez les 18 ans et moins.

Pas mal pour un gars qui avait été ignoré au repêchage de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). L’arrière des Wildcats de Moncton aura forcé la main de Fugère et de l’équipe de dépistage des Kings. Une bénédiction pour le client de l'agence Momentum Hockey, dont l’effectif comprend l’incontournable attaquant-vedette de l’Océanic de Rimouski, Alexis Lafrenière, pressenti comme le tout premier choix du repêchage de la LNH en 2020 : les Kings sont l'équipe de son enfance.

«Dans la nouvelle game, les défenseurs sont beaucoup plus des porteurs de rondelle, mobiles et rapides. C’est ce qu’il avait comme qualités, a noté le recruteur d’expérience. À 5 pi 10 po, il ne jouera pas dans la Ligue nationale l’année prochaine, ce n’est pas Jack ou Quinn Hughes... Mais je pense qu’il va jouer là.»

«Il n’a pas peur. Quand il va dans le coin chercher une rondelle, oui, le gros s’en vient, mais il n’a pas peur : il se place devant et fait le bon jeu.» - Denis Fugère, recruteur des Kings

Une éponge

Voilà qui augure bien pour l’auteur de six buts et 43 aides pour un total de 49 points la saison dernière dans l’uniforme des Wildcats. Encore mieux : il semble que sa courbe d’apprentissage soit exponentielle selon son entraîneur-chef, John Torchetti.

«Son camp d’entraînement de la LNH à Los Angeles fut révélateur pour lui, en ce qui a trait au mode d’entraînement des joueurs, à leur force physique et à l’orientation défensive de leur jeu, a raconté le pilote des Wildcats. La première chose qu’il a dite en revenant, c’est : "Je dois jouer mieux défensivement. Je dois être plus fort."

«Quand des joueurs commencent à parler de cette façon, c’est signe d’un grand engagement», dit Torchetti.

Autre signe du potentiel de développement inouï de Spence : à son arrivée au Canada, «il parlait japonais en guise de langue première», relate son père Adam, un Canadien d’origine. «Son anglais était assez cassé», dit-il.

«C’était dur pour moi de communiquer avec mes amis, mes enseignants, mes entraîneurs et même avec ma famille. C’est pourquoi j’ai dû apprendre l’anglais le plus vite possible», se souvient Spence dans un anglais sans accent.

Force est de constater que la communication n’est plus un problème : difficile de produire 43 mentions d’aide en une saison et de recevoir le trophée de recrue de l’année dans la LHJMQ (2018-2019) si on ne s’entend pas bien avec ses coéquipiers...