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La recette parfaite de Michel Therrien

Publié | Mis à jour

Les périodes de repos sont rares lorsqu'Alain Vigneault est aux commandes d’un entraînement. Ce fut le cas partout où il est passé et son arrivée derrière le banc des Flyers ne fait pas exception. Pendant qu’il vocifère ses directives et abuse de son sifflet, Michel Therrien, l’un de ses adjoints, observe.

Cette portion de la scène est plutôt inhabituelle pour quelqu'un qui a suivi Therrien au quotidien pendant ses quatre saisons et demie à la barre du Canadien de Montréal. Un mot d’encouragement par-ci, un correctif par-là.

Dans son poste d’entraîneur-adjoint, Therrien affiche une personnalité qui semble se trouver à 100 lieues de celle qu’il dégageait à l’époque où il était le patron. Et pourtant.

«Je sais très bien quelle vision les gens ont de moi. Mais, ma personnalité n’a pas changé, a-t-il soutenu, lorsque rencontré au terme de l’entraînement des Flyers. Je suis un gars qui aime avoir beaucoup de plaisir, mais je déteste perdre. Je suis un compétiteur et je veux que les choses aillent bien. Je crois que c’est ce qui m’a permis de demeurer aussi longtemps dans le monde du hockey.»

Cette vision à laquelle Therrien fait référence, c’est assurément celle d’un être plutôt grognon et bourru. Ce qui n’est pas du tout ce qu’il dégage à Philadelphie.

«Il amène sa bonne humeur et son entrain. Au niveau personnel, il est à la bonne place. Il est plus calme, a raconté Vigneault, depuis le complexe d’entraînement de l’équipe. Quand tu es entraîneur-chef, tu dois être plus strict. Le rôle d’adjoint permet à Michel de faire quelque chose qui est, selon ce que je connais de lui, dans sa nature. Michel, c’est un bon gars.»

Montréal, un marché difficile

À la lumière de ces propos, c’est à se demander si Therrien n’a pas voulu se créer une carapace en portant le masque d’un homme dur, sévère et fermé durant son séjour à Montréal. Ses réponses parfois courtes et sèches, lancées sur un ton peu cordial, ont créé certaines tensions en cours de route avec les membres de la presse.

«J’ai toujours aimé arriver à l’aréna et avoir du plaisir avec mon monde. Cependant, quand tu "coaches" à Montréal, il faut que tu t’adresses aux partisans. Quand tu perds, ils sont déçus. Moi, je l’étais encore plus, a-t-il déclaré. C’est sûr que ça devient irritant de travailler avec certains médias. Au fil des ans, il arrive que certains conflits de personnalité se développent. J’essayais de passer par-dessus le plus vite possible. Là où j’avais plus de difficulté, c’est quand ça devenait personnel. Ça, je ne l’acceptais pas.»

Therrien touche un bon point. Il n’y a pas que la définition de tâche d’un entraîneur-chef qui peut gruger les nerfs et la patience d’un homme : le marché dans lequel il évolue peut également y contribuer.

«Le marché montréalais en est un difficile. C’est important que ce soit des Québécois qui dirigent cette équipe-là parce qu’en tant que Québécois, on sent très bien l’ambiance. On sait ce que la ville ressent et ce que les médias écrivent. Quand tu es ailleurs, tu portes moins attention à tout ça. D'ailleurs, je n’ai aucune idée de ce qui se dit ici.»

En grande forme

Therrien, qui a célébré ses 56 ans lundi, semble beaucoup plus serein qu’à ses derniers mois avec le Tricolore. Ses traits sont moins tirés et il apparaît dans une meilleure forme physique.

Il raconte s’être remis à l’entraînement quelque temps après son congédiement et n’avoir pratiquement pas suivi les activités de la Ligue nationale durant toute l’année qui a suivi.

Une recette parfaite pour un ressourcement complet. Cela lui a permis d’être dans de bonnes dispositions lorsque Vigneault, son ami de longue date, lui a proposé ce poste peu de temps après sa propre embauche en avril.

Un coup de fil dont Vigneault se félicite toujours, un mois après le début de la saison.

«Notre relation est exactement comme je l’avais imaginée. C’est le type de gars que ça me prenait : un gars d’expérience qui sait ce que je peux ressentir. Il n’y a rien de mieux qu’un ancien entraîneur-chef pour comprendre un entraîneur-chef», a-t-il décrit.

Parmi les tâches qui lui ont été confiées, Therrien s’occupe de l’attaque massive. Une contribution qui semble bénéfique considérant que les Flyers présentent le cinquième pourcentage de réussite (24,1%) le plus élevé du circuit Bettman.