Crédit : Jennifer Buchanan-USA TODAY Sports

MLS

Trilogie Toronto-Seattle : que la force soit avec...

Trilogie Toronto-Seattle : que la force soit avec...

Patrice Bernier

Publié 04 novembre
Mis à jour 04 novembre

Pour une troisième fois en quatre ans, nous aurons droit à une finale de la Coupe MLS entre les Sounders de Seattle et le Toronto FC. C’est la première fois qu’un tel phénomène se produit dans l’histoire de la MLS.

La différence, c’est que le match aura cette fois lieu à Seattle après avoir été présenté au BMO Field torontois lors des éditions 2016 et 2017.

La rencontre sera d’ailleurs présentée ce dimanche dès 15h à TVA Sports.

Oui, la saison régulière annonçait la présence du Los Angeles FC et peut-être du New York City FC en grande finale en raison de leurs bonnes performances de mars à octobre, mais c’est finalement l’expérience du TFC et des Sounders qui a pris le haut du pavé durant les éliminatoires.

Avant de parler du match qui nous attend le weekend prochain, revenons sur les deux premiers affrontements de la trilogie afin de tout mettre en contexte.

En 2016, les Sounders avaient réalisé une sorte de «retour des ténèbres» en cours de saison, alors que l’équipe avait connu une deuxième moitié de calendrier exceptionnelle pour se hisser en éliminatoires. L’arrivée du joueur désigné Nicolas Lodeiro, qui est toujours membre des Sounders, avait fortement aidé à propulser l’équipe vers la finale, remportée aux tirs de pénalité sans avoir effectué un seul tir au but en temps régulier.

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Crédit photo : AFP

En 2017, le TFC s’est vengé. La formation ontarienne apparaissait en mission, cette année-là, après avoir été éliminée par l’Impact en 2015, puis battue lors de la finale de 2016 devant ses partisans.

Toronto a eu une saison record en 2017 (battue ensuite par Atlanta l’an dernier et le LAFC cette année) et avait tout raflé : le «Supporter’s Shield» (premier rang en saison régulière), le Championnat canadien et finalement, la Coupe MLS grâce à un but de l’attaquant Jozy Altidore en finale.

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Crédit photo : AFP

En 2019, c’est une tout autre histoire parce que cette fois, Toronto et Seattle n’étaient pas attendus en finale. Toutefois, si on regarde la fin de saison des deux clubs, un certain nombre de choses s’expliquent. Ces deux équipes-là étaient peut-être les plus confiantes à l’ouverture des éliminatoires.

Seattle, sur ses dix derniers matchs, c’est sept victoires, deux défaites, et un match nul, dont cinq gains d’affilée pour terminer le calendrier. Pour le TFC, c’est sept victoires et six nulles à ses 13 derniers matchs! La dernière défaite du club, c’est la finale du Championnat canadien contre l’Impact!

Tout ça indique que si ces équipes-là n’étaient pas au premier plan sur l’ensemble de la saison, elles sont cependant arrivées en éliminatoires dans les meilleures dispositions, en forme, en confiance, avec un mental gonflé à bloc et un esprit de corps requinqué, après avoir souffert collectivement pour y accéder.

Donc l’expérience, la routine, l’habitude de la gagne en séries sont toujours là et c’est pourquoi on revoit ces deux formations à cette étape. On parle beaucoup des joueurs, mais il faut aussi lever notre chapeau aux entraîneurs, Brian Schmetzer pour Seattle et Greg Vanney pour Toronto. Ces deux-là ont un je-ne-sais-quoi pour apporter une petite touche lors des grands matchs.

D’ailleurs, comment ont-ils fait pour arriver en finale cette année?

Constatons d’abord que par rapport à la saison régulière, les deux formations ont privilégié une approche plus hermétique et défensive en éliminatoires. Toute l’année, le TFC a eu possession du ballon 53,6 % du temps, ce qui l’a placé dans le top 5 à ce chapitre dans la MLS. Puis, cette équipe qui aime avoir le contrôle de son sujet a eu le ballon 41% du temps contre Atlanta en finale de l’Est, et 46% du temps contre le NYC FC lors du match précédent.

On s’est donc ajusté : le TFC a sans doute évalué que les équipes devant lui étaient meilleures dans certains aspects du jeu, mais cela n’a en rien empêché Vanney et son groupe de trouver l’astuce pour battre la meilleure formation de l’Est ainsi que celle qui avait déjà deux trophées dans sa besace en 2019.

Puis, quand on regarde Seattle, on voit un club qui a encore plus laissé le ballon à son adversaire en éliminatoires, possédant celui-ci pendant 38% du temps contre le Real Salt Lake, et 32% contre le LAFC la semaine dernière. En moyenne cette année, les Sounders avaient le ballon 49,9% du temps. Bref, en séries, les assises défensives étaient à l’avant-plan pour les Sounders, qui ont défendu en bloc compact, qui étaient organisés et qui ont ensuite contre-attaqué en se fiant sur les habiletés de l’attaquant péruvien Raul Ruidiaz, qui a marqué de gros buts lors des derniers matchs, sans oublier les contributions offensives de Lodeiro et de l’Américain Jordan Morris.

Les Sounders ont d’ailleurs été remarquablement efficaces contre le LAFC en finale de l’Ouest. Ils ont neutralisé la puissante attaque des Californiens au point où ceux-ci ont semblé énervés par la tournure des événements, étant incapables de reproduire leur excellence de la saison régulière. Mais Seattle n’a pas fait que subir : les joueurs ont aussi trouvé le moyen de marquer trois buts, à l’étranger, contre la meilleure défense de la ligue.  

Qui va bouger?

On se retrouve donc, en finale, avec deux équipes qui ont laissé l’adversaire faire le jeu durant la majeure partie des éliminatoires. Pour le match de dimanche, il faudra bien que l’une des deux prenne l’initiative!

Qui va tenter d’apporter une petite stratégie différente?

On verra sans doute quelque chose de nouveau au point de vue offensif. Le TFC a démontré, en saison régulière, qu’il avait l’habitude de prendre le ballon et contrôler le jeu, donc le club sera peut-être tenté de s’y remettre dimanche mais... le match aura lieu à Seattle. Les Sounders seront-ils tentés de faire plaisir aux presque 70 000 partisans qui risquent de s’entasser au CenturyLink Field?

Ce sera le jeu du chat de la souris, peut-être. Chaque équipe a joué défensif pour se rendre en finale, qui va changer? Verra-t-on un match hermétique, un match où on attend l’erreur du rival, ou tentera-t-on au contraire de la provoquer?

Crédit photo : Jennifer Buchanan-USA TODAY Sports

Ma prédiction :

C’est très difficile parce que ces deux équipes ont un peu le même ADN, s’étant bâti une confiance de groupe, refusant de se voir comme des «outsiders» et elles s’affrontent avec le même état d’esprit.

On va y aller avec les Sounders, parce qu’ils joueront à domicile. Si on regarde les finales de l’Est et de l’Ouest, Seattle a obtenu la victoire la plus convaincante. Toronto a bien fait contre Atlanta, mais on sent que si Josef Martinez avait marqué sur son tir de pénalité, on aurait peut-être eu un autre match.

Je suis curieux de voir ce Vanney et Schmetzer ont dans leur manche. Du côté de Toronto, est-ce que l’attaquant Jozy Altidore sera suffisamment guéri de sa blessure pour prendre le départ ou arrivera-t-il en cours de match? C’est dur à dire en ce moment, mais il pourrait être une pièce maîtresse s’il joue.

L’avantage va à Seattle. Pour avoir joué là, je vous assure que c’est bruyant, on ne s’entend pas très bien sur le terrain et quand on y était, il avait environ 40 000 personnes dans le stade alors que dimanche, il y en aura encore plus.

En grinçant des dents, je donne Seattle gagnant!