Photo : Ryan Poehling (à gauche), recrue des Canadiens de Montréal, en compagnie de l'entraîneur-chef Claude Julien à l'entraînement. Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Ryan Poehling aurait-il dû brûler la Ligue américaine?

Ryan Poehling aurait-il dû brûler la Ligue américaine?

Louis Jean

Publié 04 novembre
Mis à jour 04 novembre

Ryan Poehling pourrait écrire un livre sur les expériences qu’il a vécu au cours des dernières années.

Sa vie a complètement basculé lorsque les Canadiens de Montréal l’ont choisi en première ronde du repêchage en 2017. Soudainement, tous les faits et gestes du natif de Lakeville, Minnesota étaient scrutés à la loupe.

En dépit de cette pression intense que j’imagine par moments suffocante, Poehling s’est sans cesse amélioré. Sur la scène internationale, il a été élu joueur par excellence en 2019 après que les États-Unis aient remporté la médaille d’argent.

À son baptême de feu dans la LNH, le centre de 20 ans a explosé avec une performance de trois buts contre les Maple Leafs de Toronto en plus de marquer le but gagnant en fusillade. Le toit du Centre Bell voulait éclater!

Lors du camp d’entraînement, Poehling a tout fait pour se mériter un poste. En fait, il aurait dû amorcer la saison avec le grand club, sauf qu’une commotion cérébrale et, surtout, des préoccupations administratives impliquant le plafond salarial ont fait en sorte qu’il s’est retrouvé à dans la Ligue américaine (LAH).

Je m’attendais à ce que Poehling brûle la LAH, plus par colère et frustration qu’autre chose. Ce ne fut pas le cas. En 13 matchs, l’Américain a obtenu trois buts et trois points.

Après l’entraînement de lundi, j’ai demandé à Poehling quelle leçon il retenait de cette rétrogradation. «Parfois, les choses sont injustes. Tu as l’impression que tu as tout fait pour réussir, mais que ce n’est pas suffisant. Je suis un gars qui a la foi et je crois que tout arrive pour une raison dans la vie. J’ai essayé de demeurer positif.»

Même si l’attitude et l’éthique de travail de Poehling avec la Rocket de Laval étaient sans reproche, ce fut quand même, en quelque sorte, une claque au visage.

«J’avoue que les premiers jours ont été très difficiles pour moi. J’avais de la difficulté de jouer au hockey tellement ma déception était grande», a admis Poehling.

Maintenant de retour dans la vestiaire des Canadiens, Poehling entend y rester pour de bon. Celui qui pilotera un trio aux côtés de Paul Byron et Artturi Lehkonen aura tout un défi face aux Bruins, mardi.

Plateau important pour Julien

Mardi soir, Claude Julien dirigera le 1200e match de sa carrière et il le fera contre l’équipe avec laquelle il a remporté la coupe Stanley. C’est tout un exploit qui mérite d’être souligné.

Il y a trois choses qui me viennent en tête lorsque je pense à Julien.

Première des choses, sa carrière aurait pu être de courte durée. Lorsqu’il a été limogé par les Devils du New Jersey après une saison seulement, plusieurs experts ont avancés que Julien était un autre exemple d’une longue liste d’excellents coachs juniors incapables de faire la transition dans la LNH. Clairement ces gens étaient dans le champ.

D’ailleurs, après avoir été viré par Lou Lamoriello, Julien a pris une décision qui aura changé sa carrière. À partir de ce moment, Julien a décidé de faire les choses à sa façon et de vivre avec les conséquences. Après son passage au New Jersey, Julien a consciemment choisi d’assumer davantage ses décisions. Ce virage a sauvé sa carrière.

Deuxièmement, sa force d’adaptation. Le hockey a beaucoup changé au fil des ans. Julien a toujours été perçu comme un coach old school, mais il réussit à bien communiquer avec la nouvelle génération de joueurs milléniaux. Sur papier, l’équipe actuelle ne fait pas très peur aux puissances dans la LNH. Quand même, Julien a trouvé une façon que ses joueurs puissent compétitionner soir après soir.

Troisièmement, c’est la persévérance, une irréprochable éthique de col bleu et de probants résultats qui ont fait de Julien l’un des entraîneurs les mieux rémunérés dans le circuit Bettman. Je suis convaincu que, même s’il gagnait des peccadilles, le Franco-Ontarien serait impliqué dans le hockey. Il a le hockey dans le sang. Il est passionné par son sport. Et je trouve ça assez exceptionnel de voir que l’avenir financier de celui qui travaillait pour l’entreprise familiale à faire des toîtures est assuré.