Claude Julien

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Les tours de magie de Claude Julien

Les tours de magie de Claude Julien

Michel Bergeron

Publié 02 novembre
Mis à jour 02 novembre

Claude Julien n’a pas nécessairement pris des décisions populaires depuis le début du voyage de l’équipe dans l’Ouest américain, mais force est d’admettre que tout ce qu’il a touché s’est transformé en or jusqu’à présent. C’est ça, le flair d’un entraîneur !

À Vegas, jeudi soir, il a pris des décisions difficiles, mais importantes, notamment celle de retirer Jesperi Kotkaniemi de la formation au profit de Jordan Weal, qu’on a décidé d’envoyer sur la première vague d’avantages numériques. Un morceau de robot au « coach » puisque Weal mangeait les bandes, jeudi soir.

Julien a aussi laissé les vétérans Artturi Lehkonen et Paul Byron sur le banc en troisième période, alors que la logique aurait voulu que l’entraîneur ménage certains de ses gros éléments. Au diable la fatigue ! Julien a compris jeudi que, plus il en demandait à ses meilleurs joueurs, plus il en recevait.

Kinkaid, et non Price

C’est aussi ça le flair d’un entraîneur. Parfois, tu ressens des choses et c’est important de faire confiance à ce genre de sentiment.

Et c’est sans parler du choix d’utiliser Keith Kinkaid contre les Golden Knights qui, avouons-le, sont assurément la meilleure équipe des trois auxquelles le Canadien fait face durant le présent voyage, les autres étant les Coyotes de l’Arizona et les Stars de Dallas. Soyons honnêtes, Kinkaid n’a pas été excellent contre Vegas, même qu’il a paru faible à quelques reprises. Mais, en fin de compte, c’est la victoire qui compte, et Claude Julien a encore une fois gagné son pari en l’emportant avec son numéro deux, ce qui lui permettra d’utiliser un Carey Price frais comme une rose ce soir à Dallas dans l’espoir de conclure ce voyage avec six points en autant de possibilités.

Danault m'impressionne

Si je donne beaucoup de crédit à l’entraîneur du Canadien pour les récents succès, j’en donne probablement autant à Phillip Danault. Ce jeune homme ne cesse de m’impressionner.

C’est un peu devenu la mode de dire que le Québécois n’a pas ce qu’il faut pour être le centre numéro un du Tricolore, et tout le monde le dit sans trop réfléchir.

Il faudrait peut-être le regarder jouer !

Il joue du hockey incroyable à l’heure actuelle, et tout ça sans obtenir de temps de jeu sur l’avantage numérique. Encore jeudi, il a inscrit le premier but des siens et s’est montré efficace dans toutes les facettes du jeu. Je ne dis pas qu’il deviendra le premier centre à Montréal, mais il est de plus en plus clair dans mon esprit que Claude Julien a entre les mains un centre no 2 tout désigné.

À un peu plus de 3 M$ par saison, il s’agit d’une véritable aubaine. Rendons crédit à Marc Bergevin pour cette transaction qui est assurément l’une, sinon la meilleure qu’il a réalisée depuis son arrivée à la barre de l’équipe.

Drouin aussi

Que dire de Jonathan Drouin, un joueur littéralement transformé ? Le talentueux ailier démontre une constance dans son jeu qu’on a rarement vue de lui, et de le voir aussi bien jouer sur la route, dans un voyage éreintant, ne peut qu’être encourageant pour la suite des choses.

Ironique quand même que ces deux joueurs soient les seuls Québécois dans l’uniforme montréalais, vous ne trouvez pas ?

Ils font face aux micros et aux caméras, soir après soir et, malgré tout, ils livrent la marchandise tout en démontrant clairement leur dévouement à représenter le CH.

— Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie

Quelle finale !

Je suis un grand amateur de baseball et je suis ce sport depuis très longtemps, mais je n’ai jamais vu une finale aussi dramatique que celle qu’on vient de vivre entre les Astros de Houston et les Nationals de Washington. Qu’aucune des deux formations ne réussisse à gagner à la maison dépasse l’entendement ! Cette finale a été un véritable roman-savon. Le baseball est aussi le sport où il est le plus facile de remettre en question les décisions des gérants, et celui des Astros A.J. Hinch s’est chargé de le faire pour lui-même en remettant en question son choix de retirer Zack Greinke trop rapidement. Toujours est-il que les Nationals n’ont pas volé ce championnat, qu’ils ont remporté à force de caractère. Chapeau !

Trotz le maître

L’an dernier, on parlait des Islanders comme d’une équipe Cendrillon en se disant que la réalité les frapperait cette année, surtout après le départ du gardien Robin Lehner. On avait l’impression que le départ de John Tavares allait les rattraper, un jour ou l’autre. Eh bien, l’équipe de Barry Trotz figure encore parmi les équipes de tête dans l’Est et rien ne semble démontrer que c’est un feu de paille. Il faudra commencer à donner beaucoup de crédit à Trotz, qui réussit à faire fonctionner une équipe qui n’a rien d’une superpuissance sur papier. Les Islanders n’avaient perdu que trois matchs au moment d’écrire ces lignes, en onze matchs. Du beau boulot.

Ovi parle trop

Je n’ai pas aimé entendre Alex Ovechkin faire la morale aux joueurs des Maple Leafs de Toronto récemment. À ce que je sache, le talentueux Russe a mis beaucoup de temps avant de remporter son premier championnat et a fait face à plusieurs critiques. Je pense qu’il aurait dû tourner sa langue avant de parler. Ce qui se passe dans le vestiaire des Leafs, ce n’est pas de ses affaires. J’ai d’ailleurs bien aimé la réplique d’Auston Matthews, qui a rappelé à Ovi les déboires de son équipe face aux Penguins de Pittsburgh en séries au cours des dernières saisons.