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Tous unis derrière Alex Caron-Roy

Publié | Mis à jour

L’ancien joueur des Foreurs de Val-d’Or et des Remparts de Québec Alexandre Caron-Roy livre actuellement le combat de sa vie.

Aux prises avec une tumeur au cerveau qui le forcera à s’exiler aux États-Unis pendant plusieurs semaines, l’ancien hockeyeur a réalisé à quel point le monde du hockey était tissé serré puisque la campagne de sociofinancement visant à l’aider à payer les frais reliés aux traitements s’est répandue comme une traînée de poudre dans les derniers jours.

Alexandre Caron-Roy a été opéré pour retirer la masse à son cerveau le 16 juillet 2019, une intervention qui aura duré 8 h.

La campagne, initiée par sa mère Pascale Caron, a grandement fait réagir et a été partagée par plusieurs joueurs et organisations de hockey. En quatre jours, ils ont atteint l’objectif de 35 000 $ qu’ils s’étaient fixé et le montant continuait d’augmenter, jeudi soir.

Cet argent servira à aider Caron-Roy, sa conjointe Cindy et leur petite Eva, vieille d’à peine deux mois, à couvrir les dépenses de déplacement, d’avion, de logement ou d’épicerie puisque, même si la RAMQ paiera en totalité les coûts reliés aux traitements, le reste sera aux frais de Caron-Roy et sa famille qui devront séjourner dans la région de Philadelphie, près de l’hôpital.

Cette vague de soutien, à laquelle plusieurs anciens coéquipiers ont participé, dont les anciens Remparts Callum Booth et Yanick Turcotte, ainsi que le centre des Maple Leafs de Toronto Frédérik Gauthier, a offert à Caron-Roy une dose d’énergie supplémentaire afin de continuer son combat.

«Il ne voulait pas au début qu’on fasse une campagne, a raconté sa mère au bout du fil hier. Il n’était pas à l’aise de demander l’aide des gens. Il ne cherche pas l’attention et ne veut pas faire pitié. En même temps, il comprend que les traitements engendreront plusieurs frais.

«Il a été très content de voir le soutien des gens, dont plusieurs provenant du monde du hockey.»

Commotions et tumeur

Ironiquement, c’est une blessure au cerveau qui aura permis aux médecins de diagnostiquer la tumeur à Caron-Roy, en 2015.

Ce dernier n’a pas été épargné par les commotions cérébrales dans sa carrière de joueur et celle qu’il a subie en janvier 2015, alors qu’il portait les couleurs des Cobras de Terrebonne au niveau junior AAA, a sonné le glas de cette dernière.

À la suite de ses commotions et des maux de tête qu’elles engendraient, il a passé des tests en neurologie au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) où a été découverte une masse au cerveau bénigne et possiblement présente depuis la naissance, lui a-t-on assuré à ce moment, en plus de confirmer qu’elle n’a aucun lien avec les commotions cérébrales qu’il a subies.

En 2018, même si la tumeur a un peu grossi, on décide de ne pas prendre le risque d’opérer puisqu’on la juge toujours bénigne. Sauf qu’en juin 2019, Caron-Roy est aux prises avec d’importants maux de tête, des nausées et des problèmes de vision du côté gauche.

À ce moment, on constate que la tumeur a doublé pour atteindre 32,7 mm et on l’opère un mois plus tard, réussissant à réduire la taille de la tumeur à 8,6 mm.

Après avoir disputé quatre parties avec les Foreurs de Val-d’Or en 2011-2012, Alexandre Caron-Roy s’était joint aux Remparts de Québec la saison suivante. En deux saisons dans la Vieille Capitale, l’ailier droit avait récolté huit points en 41 parties.

Mauvaise nouvelle

L’homme de 24 ans est par la suite retourné voir, le 15 octobre dernier, le Dr Roberge, chef du département de radio-oncologie du CHUM, en s’attendant à recevoir la bonne nouvelle tant attendue. Mais ce ne fut pas le cas. La tumeur s’est imprégnée dans les tissus et est passée au grade 2 sur 3.

C’est là qu’on l’a référé au Penn Medicine de Philadelphie, l’un des meilleurs endroits au monde pour traiter des cas comme celui de Caron-Roy.

En ce moment, il est en attente de l’appel de l’hôpital qui peut survenir d’un jour à l’autre. Les traitements devraient durer de huit à dix semaines, à raison de cinq jours par semaine.

«Ce n’était pas la nouvelle à laquelle s’attendait Alexandre. Comme je dis souvent, on ne peut pas contrôler l’incontrôlable. C’est une épreuve de plus dans notre vie et on va passer au travers. On est du bon monde et je pense que la vie va être bonne pour nous», a ajouté sa mère qui a tenu à ce qu’on précise que la famille n’accorderait plus d’entrevue à ce sujet, préférant se concentrer sur le combat à venir.