Carolina Panthers v�San Francisco 49ers

Crédit : AFP

NFL

NFL : les géants et les autres

Publié | Mis à jour

La première moitié de la saison est chose du passé. Il est déjà clair qu’il y a dans un coin les Patriots, les 49ers et les Saints. Le reste des équipes, malgré quelques prétendants qui ont des chances de percer, semble très loin derrière.

Plus que jamais, ces trois équipes se détachent du lot. Dimanche, les Patriots ont encore démontré que leur défensive était impitoyable en signant une victoire face aux Browns grâce à trois revirements successifs qui se sont soldés en 14 points. Ils ont aussi ajouté cinq sacs et limité l’attaque aérienne des Browns, qui devait supposément réinventer le jeu aérien dans la NFL, à 151 petites verges par la passe.

Cette défensive a maintenant inscrit à elle seule 26 points cette saison et l’équipe ne concède que 7,7 points par rencontre. À titre comparatif, de grandes défensives qui ont laissé leur marque dans l’histoire, comme les Bears de 1985 (12,4 points par match), les Ravens de 2000 (10,3 points par match) ou les Seahawks de 2013 (14,4 points par match) n’ont pas fait mieux. La saison est encore longue et la portion moins confortable du calendrier des Patriots débute, mais quand même...

Bill Belichick vient de signer sa 300e victoire comme entraîneur-chef, contre les Browns, qui subissent une cruelle leçon d’humilité. Ironiquement, il avait signé sa toute première comme pilote des Browns... contre les Patriots. Les temps changent !

Les 49ers dominants

Les 49ers, eux, ont fait encore mieux en massacrant littéralement des adversaires très crédibles, les Panthers. Ils ont terrorisé le jeune quart-arrière Kyle Allen, que plusieurs voyaient comme étant le successeur au trône de Cam Newton, avec sept sacs et trois revirements. Ils ont limité une attaque plus que respectable à 12 premiers jeux et une rachitique moyenne de 3,7 verges par jeu.

Les Niners ne sont guère plus généreux que les Patriots en ne donnant que 11 points par match cet automne. Encore plus incroyable, jusqu’ici, la défensive ne cède que 128,7 verges par match via les airs, des chiffres insensés dans une ère où tout est préconçu dans la NFL pour favoriser le spectacle aérien.

Les Saints complets

De leur côté, les Saints ont traversé la tempête sans Drew Brees en remportant leurs cinq matchs quand le brillant quart-arrière a été à l’écart. Ils ont démontré qu’ils avaient la profondeur et la force mentale pour affronter les plus violentes rafales de face.

C’est sans compter qu’ils sont privés des services du polyvalent porteur de ballon Alvin Kamara depuis quelques semaines. Mais Latavis Murray fait le boulot comme si de rien n’était, comme en font foi ses 157 verges au total et deux touchés, dimanche, face aux Cardinals.

Le pire, c’est que leur défensive, sans faire trop de bruit, se hisse au neuvième rang pour les points accordés et au sixième pour les verges accordées. Avec Brees à bord, l’attaque redevient redoutable et l’équipe, dans son ensemble, s’établit probablement comme étant la plus complète du circuit.

Car si les Patriots détruisent tout sur leur passage, des questions demeurent quant à leur attaque, qui a laissé les Browns trop longtemps dans le coup dimanche malgré trois revirements successifs. Chez les 49ers, la domination au sol (232 verges face aux Panthers) ne laisse aucun doute, mais le quart-arrière Jimmy Garoppolo a lancé une autre interception et ne fait que le nécessaire jusqu’à présent.

Laquelle de ces trois redoutables formations ira jusqu’au bout ? Il est trop tôt pour le dire, mais les trois clubs sont en mission et tous les autres semblent à des années-lumière derrière.

Les Chiefs, lorsque Patrick Mahomes reviendra, miseront toujours sur une attaque dévastatrice. Les Packers et les Seahawks peuvent frapper de toutes les façons. Mais jusqu’ici, Patriots, 49ers et Saints sont clairement dans une classe à part.

Les gagnants

Drew Brees

C’est un retour royal pour Drew Brees après cinq semaines d’absence. Les Saints ont dominé grâce à ses 373 verges, trois passes de touché et 79,1 % de passes complétées. Difficile de demander mieux.

Cooper Kupp

L’attaque des Rams a connu ses hauts et ses bas, mais l’équipe l’a finalement emporté grâce au brio du receveur Cooper Kupp, qui a capté sept passes pour 220 verges et un touché. Il est l’unique receveur de l’équipe qui se démarque.

Les Eagles

Les Eagles ont probablement sauvé leur saison à Buffalo avec une énorme victoire quand ils avaient le dos au mur. On a revu le jeu au sol des beaux jours de 2017 avec une récolte de 218 verges.

Daniel Jones

Le quart-arrière recrue des Giants fait partie des rares joueurs qui se retrouvent dans cette rubrique malgré une défaite. Le jeune homme s’est accroché face aux Lions et a terminé sa journée avec 322 verges et quatre touchés. Les Giants sont entre de bonnes mains.

Nick Bosa

C’est tentant de saluer le travail du porteur Tevin Coleman avec ses quatre touchés, mais il faut donner de l’amour, beaucoup d’amour, à l’ailier défensif recrue Nick Bosa pour son match de trois sacs et une interception. Ça ne fait que commencer pour le jeune !

Les perdants

Matt Nagy

L’entraîneur-chef des Bears a demandé à son attaque de mettre le genou au sol en fin de match plutôt que de tenter d’approcher de la zone des buts. Il s’est contenté d’un placement, qui a échoué. Cela démontre un manque flagrant de confiance en son attaque. Remarquez, on le comprend presque...

Sam Darnold

Lors des deux dernières semaines, le quart-arrière de deuxième année des Jets a lancé sept interceptions. On veut bien lui donner l’excuse de la jeunesse, mais certaines interceptions sont inexcusables.

Les Bills

Les Bills jouent bien cette saison, mais ils vont finir par laisser croire que leur calendrier plutôt facile les a aidés. Ils ont été invisibles et sans vie face aux Eagles.

Les Broncos

L’attaque a gâché une solide prestation de la défensive. Joe Flacco a critiqué la gestion des appels de jeux offensifs en fin de match. C’est une autre défaite crève-cœur et cette organisation est méconnaissable.

Kyle Allen

Les cris pour qu’il garde le poste de quart-arrière partant des Panthers vont se calmer. Avec trois interceptions, Allen a mal paru face aux 49ers. Il a bien joué cette saison, mais il est revenu sur terre contre une vraie équipe sérieuse.

Cinq jeux de la semaine

1. Brissett le magicien

Les Colts doivent leur victoire in extremis à un jeu magistral de leur quart-arrière Jacoby Brissett. Ce dernier s’est retrouvé dans le pétrin près de sa zone des buts quand son équipe tirait de l’arrière par 13-12 face aux Broncos. Brissett est parvenu à se défaire d’une tentative de sac de Von Miller, qui comptait déjà 1,5 sac dans le match, pour rejoindre TY Hilton sur 35 verges avec 1 min 39 s à jouer. Quelques instants plus tard, les Colts réussissaient le botté victorieux.

2. Il est fou ce Minshew !

Parlant de quart-arrière qui fuit la pression autour de lui en disparaissant tel Houdini, il faut parler de l’inimitable Gardner Minshew. L’excellent maraudeur Jamal Adams a foncé sur lui comme un train, mais le moustachu atomique a déjoué le blitz comme un vétéran pour se déplacer et repérer Chris Conley pour un touché de 70 verges. Nick Foles se rapproche d’un retour, mais comment tasser ce Minshew ?

3. Gros jeu truqué des Rams

La journée a été un peu moins facile que prévue pour les Rams, qui ont dû piger dans leur sac à surprises pour abattre les Bengals. Les Rams ont feinté un double jeu renversé pour culminer avec un bon vieux « flea flicker ». Bref, Jared Goff a remis le ballon à Cooper Kupp, qui l’a remis à Robert Woods, qui l’a retourné à Goff, qui a passé à Kupp pour un touché de 65 verges. Vous êtes étourdi ? Nous aussi...

4. L’histoire se répète

En retard par seulement quatre points au dernier quart, les Buccaneers ont vu un scénario familier se répéter. Dans deux de leurs trois dernières séquences offensives, Jameis Winston a été victime de revirements, soit un échappé et une interception. Winston, au total, a commis quatre revirements. Son entraîneur-chef, Bruce Arians, s’est porté à sa défense. Jusqu’à quand ?

5. Le compas dans l’œil

Il aura fallu un petit miracle de Deshaun Watson pour que les Texans s’en sortent avec la victoire face aux Raiders. Sous la poigne de l’ailier défensif Arden Key, le quart des Texans s’est sorti du trouble, recevant même le pied de Key dans l’œil, pour trouver Darren Fells dans la zone des buts, ce qui s’est avéré le touché victorieux. Une victoire qui a néanmoins coûté aux Texans leurs deux bloqueurs partants et JJ Watt.