Canucks c. Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

Les arbitres en voulaient trop à Gallagher

Publié | Mis à jour

Avec l’intensité et l’agressivité que déploie Brendan Gallagher à chacune de ses présences sur la patinoire, il est surprenant de constater qu’il n’a toujours pas écopé d’une punition cette saison.

Il n’y a pas de meilleure façon d’aider l’infériorité numérique du Canadien, qui en arrache en ce début de campagne, diraient certains, infusés des vérités de La Palice.

Sauf que ce n’est pas toujours évident lorsque votre pain et votre beurre sont de foncer au filet pour déranger le gardien et de sauter sur des rondelles libres. Il semble que, comme dans bien des domaines, c’est un art qui s’acquiert avec les années.

«Autrefois, on voyait souvent Brendan tomber sur les gardiens. Il traversait souvent la ligne. Avec le temps, ça se replace. Il connaît maintenant les limites à ne pas dépasser», a déclaré Claude Julien.

Et cela ne l’empêche pas d’être pleinement utile à l’équipe. Les 10 points (5 buts, 5 passes) de Gallagher lui permettent de trôner au sommet de la colonne des pointeurs du Canadien, en compagnie de Jonathan Drouin et de Max Domi.

D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Gallagher passe une aussi longue période sans s’asseoir à quelques mètres de Michel Lacroix. L’an dernier, il avait connu une séquence de 17 matchs loin du cachot. À l’instar de l’actuelle séquence, cette discipline n’avait en rien ralenti sa production. Au cours de ces 17 rencontres, il avait récolté 12 points, ont 7 buts.

«Ça ne change pas ma façon de jouer, a souligné le principal intéressé. Je joue avec la même intensité, je me replie à fond de train, je fonce au filet et j’utilise encore mon bâton. C’est beaucoup plus une question de le faire de façon intelligente et de ne pas dépasser les bornes.»

Une tête de cochon

Gallagher reconnaît qu’il a dû polir quelque peu ses présences autour du filet adverse, histoire d’arrêter de se mettre les arbitres à dos.

«Je peux comprendre qu’ils m’avaient à l’œil. Au début, j’étais toujours le premier à avoir le nez fourré partout», a convenu Gallagher, sourire espiègle aux lèvres. «Ils ont voulu m’envoyer un message.»

«J’ai fini par le saisir. Je n’ai pas eu le choix, a-t-il poursuivi. Tu as beau avoir la plus grosse tête de cochon, tant que tu ne voudras pas comprendre et que tu ne voudras pas t’ajuster, leur opinion ne changera pas à ton sujet.»

Âgé de 27 ans, Gallagher amorce déjà la huitième saison de sa carrière. En tant qu’adjoint au capitaine Shea Weber, il ne peut se permettre d’avoir des relations houleuses avec les officiels. L’Albertain, qui n’a jamais porté les patineurs rayés dans son cœur, a dû piler sur son orgueil pour assainir ces liens.

«J’ai dû travailler fort sur ma relation avec eux. Au fil des ans, je gagnais de plus en plus leur respect. Il m’a fallu du temps, mais je crois qu’il y a désormais un respect mutuel entre eux et moi.»

Domi l’immaculé

La situation de Domi est un peu similaire. Premier joueur du Canadien depuis Jean Béliveau (1956-1957) à avoir terminé au premier rang de l’équipe dans la colonne des pointeurs et dans celle des minutes de punition, l’an dernier, l’Ontarien n’a toujours pas visité le cachot cette saison.

«Ça fait partie du jeu», a simplement trouvé à dire Domi, toujours beaucoup plus généreux lorsque vient le temps de parler des causes qu’il parraine qu’au moment de livrer ses impressions sur des questions de hockey.

Sa fiche immaculée a bien failli prendre le bord, samedi soir, lorsque son coup de poing raté à l’endroit d’Alexander Kerfoot a échappé à l’attention des arbitres.

Et n’allez pas croire que c’est parce qu’il a développé une relation avec les officiels, comme l’expliquait Gallagher plus haut, qu’il s’en est tiré.

«Pas du tout», a-t-il laissé tomber de la manière outrecuidante dont lui seul a le secret, lorsque l’auteur de ces lignes lui a demandé s’il avait la même philosophie que son coéquipier.

Une intensité appréciée

Une chose est certaine. On ne peut lui enlever son intensité. Une qualité essentielle à tout joueur qui souhaite connaître une longue carrière. Une qualité chère aux yeux de Julien.

«Ce que j’aime de Max, c’est qu’il joue avec beaucoup d’émotion. Je l’ai souvent dit, et c’est la même chose pour tous. Je préfère calmer un joueur qui a trop d’émotions plutôt que d’utiliser mon pied... pour le faire avancer», a indiqué l’entraîneur du Canadien.

Là-dessus, il a tout à fait raison. Et ne vous inquiétez pas. Il serait surprenant de voir Domi en nomination pour le trophée Lady Byng.