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Le Rouge & Or termine sa saison en beauté

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SHERBROOKE | Dans une victoire de 35-10 samedi en Estrie, le Rouge et Or de l’Université Laval a planté le dernier clou dans le cercueil du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke.

Déjà assuré du premier rang, le Rouge et Or a écarté le Vert & Or des séries éliminatoires. Le Vert & Or termine à égalité avec les Stingers avec une fiche de deux victoires et six revers, mais Concordia est favorisé par le bris d’égalité en raison de ses deux victoires face aux Renards.

Laval accueillera samedi prochain en demi-finale les Stingers, qui se sont inclinés samedi par la marque de 23-17 devant McGill et terminent en 4e position. McGill rendra visite aux Carabins de l’Université de Montréal dans l’autre demi-finale.

La défensive du Rouge et Or n’a accordé que sept premiers essais et 97 petites verges. À titre de comparaison, le Vert & Or a été pénalisé à 13 reprises pour 110 verges. «Je suis content de l’intensité affichée par les gars, et il n’y a pas eu de relâchement à l’aube des séries, a mentionné l’entraîneur-chef Glen Constantin. Depuis une couple de semaines, notre unité défensive a une bonne cohésion. Avec le départ de sept partants de 2018, on a eu besoin d’un peu de temps pour se roder. On commence à avoir une bonne vitesse de croisière pour débuter les séries.»

«On a manqué de finition en première demie, poursuit le pilote lavallois. Je n’étais pas content de ne pas marquer un touché à la fin de la première demie et nous avons accordé un majeur pour amorcer la deuxième. Thomas (Bolduc) a commis une erreur de jeunesse sur son interception qui a été ramenée pour un majeur, mais il a bien réagi en lançant une passe de touché sur la série suivante. C’est normal que ce genre de choses arrive avec un jeune quart-arrière.»

«Match spécial»

Bolduc disputait son premier match à la maison depuis qu’il s’est joint au Rouge et Or. «C’était un match spécial, a reconnu le pivot de première année qui a complété 19 de ses 27 passes pour 226 verges. En début de match, je me revoyais plus jeune ici et je reconnaissais le terrain, l’odeur et l’ambiance. Je suis toutefois rapidement passé à autre chose. Après l’interception, on m’a dit de passer au prochain jeu. Justin (Éthier) m’a placé dans une bonne situation et j’ai lancé une passe de touché de 45 verges à Félix (Garand-Gauthier) sur la série suivante. Ce jeu a aidé ma confiance. Les entraîneurs voulaient voir comment j’allais réagir.»

Utilisé à toutes les sauces, Garand-Gauthier n’avait jamais été visé sur un aussi long tracé. Il a aussi converti trois fois un troisième essai. «Le ballon a été longtemps dans les airs et j’ai eu le temps de réfléchir. C’est plus facile d’amasser des verges quand le ballon est dans les airs que de les courir. J’aime bien ça les faufillades du quart-arrière. À une occasion à la ligne de dix, j’ai vu le trou et je pensais marquer, mais je me suis enfargé.»

Solide attaque terrestre

L’attaque terrestre a de nouveau joué un rôle clé dans la victoire du Rouge et Or.

Laval a terminé le match avec des gains de 266 verges par la course. Joanik Masse a été le meilleur avec une récolte de 91 verges en 18 courses. Vincent Breton-Robert a aussi mis la main à la pâte avec des gains de 51 verges en 12 courses. Philippe Lessard-Vézina a ajouté une course de touché de 40 verges en fin de match.

Le produit des Faucons de Lévis-Lauzon a fait payer le prix aux joueurs du Vert & Or qui voulaient le freiner. «Sur un terrain naturel, tu n’as pas le choix de bulldozer sinon c’est toujours risqué de faire des changements de direction, a expliqué Masse. J’ai profité de super bons blocs. Avec une rotation à trois porteurs, nous sommes toujours frais et dispos. Dans une rotation, tu es toujours prêt à revenir au jeu. Nous avons chacun un style complètement différent et ça procure de bonnes combinaisons.»

Meilleure chimie

Kétel Assé et les gros bonshommes ont ouvert la voie. «Le plan était de s’imposer au sol et de montrer que la course est notre pain et notre beurre avant les séries, a souligné le bloqueur à gauche. Sherbrooke mettait beaucoup de pression, mais on a réussi à courir même s’il y avait sept ou huit joueurs dans la boîte défensive. Depuis le premier match à Montréal, on a développé une meilleure chimie entre les porteurs et les joueurs de ligne. La machine est maintenant bien huilée.»

Justin Éthier a apprécié la prestation de ses gros bonshommes. «On doit être capable de courir même si la boîte est remplie, a expliqué le coordonnateur offensif. Nous étions en contrôle après une demie, mais le demi défensif a été très agressif et a réussi un très beau jeu sur l’interception pour le touché, pour réduire l’écart à huit points. C’était certain que cela arriverait un jour et j’avais hâte de voir comment Thomas allait réagir, encore plus après une interception pour un touché. Il n’y a pas eu de panique. Malgré une mauvaise position de terrain quand nous avons repris le ballon, on a eu quelques séries physiques. Avec notre défensive qui dominait, c’était clair que nous allions courir avec le ballon et contrôler le cadran.»

Premier touché

Même s’il a maintenant l’habitude de disputer un match par année à

Sherbrooke, Marc-Antoine Pivin apprécie toujours autant ses visites à la maison. Samedi, il en a profité pour inscrire son premier touché de la saison sur une passe de six verges. «Je ne pensais pas à mon premier touché, a-t-il assuré. L’important est qu’on bouge le ballon et qu’il y ait beaucoup de joueurs impliqués. C’est ce qui me rend heureux.»

«C’était spécial la connexion entre deux gars de Sherbrooke sur la passe de touché de Thomas (Bolduc), d’ajouter Pivin. C’est le fun de marquer mon premier touché surtout à Sherbrooke.»

Mathieu Lecompte réaliste

Mathieu Lecompte aurait souhaité un dénouement différent, mais il était aussi réaliste.

«Même si on avait atteint les séries, on n’aurait pas eu plus d’effectifs la semaine prochaine à Laval, a souligné le pilote du Vert & Or. On voulait se présenter en séries avec une belle fiche. Avec toutes nos blessures, nos effectifs n’étaient plus là. Parce qu’il s’agissait de son dernier match en carrière, un gars comme Samuel Piché-

Luneau est revenu pour vivre le match des finissants, mais il n’a plus d’épaules. J’ai beaucoup de respect pour nos joueurs. On a surpris tout le monde en battant Montréal. C’était notre Vert & Or. Avec seulement 70 joueurs, on n’a pas réussi à garder tous nos chevaux en santé.»

Le recrutement du Vert & Or sera-t-il influencé parce que l’équipe n’a pas obtenu son laissez-passer pour la vraie saison? «Ça ne sera pas un facteur, a mentionné Lecompte. On s’en va dans la bonne direction et on doit aller chercher des recrues qui peuvent faire la différence. La saison est terminée et on regarde vers l’avant.»

Avant le match, le Vert & Or a honoré les 14 finissants. Du nombre, on retrouve entre autres Piché-Luneau, Samuel Polan, Vincent Roy et Raphaël Dionne qui s’est blessé à un genou lors du premier match de la saison à Laval et qui n’est pas revenu au jeu.

Quant au match, Lecompte n’a pu que saluer le travail du front offensif du Rouge et Or.

«Notre front s’est fait traverser, a-t-il résumé. Tu ne peux pas gagner un match si tu donnes six, sept ou huit verges en premier essai. Même si on mettait de la pression à six joueurs, on n’a pas été capable d’arrêter leur jeu au sol en premier essai. Crédit à Laval qui possède une solide ligne offensive et de bons porteurs de ballon. Ce fut la même chose en offensive. On n’a rien fait en premier essai et on se retrouvait toujours en deuxième essai et long. La défaite contre Concordia la semaine dernière n’a eu aucun effet dans le match d’aujourd’hui. Après l’interception de Gabriel Côté pour un touché, on a eu quelques opportunités en début de 2e demie, mais nous n’avons pas été en mesure d’en profiter.»

Hommage de Constantin

L’attaque terrestre du Vert & Or a été limitée à 33 verges. Le pivot recrue Anthony Robichaud a complété 12 de ses 22 passes pour 105 verges. « C’est un jeune quart-arrière et on voulait mélanger les couvertures, a indiqué l’entraîneur-chef Glen Constantin, et mettre de la pression à trois joueurs. »

En 2e et long, le Rouge et Or a souvent utilisé une formation à huit demis défensifs.

Constantin a lui aussi rendu hommage au Vert & Or, précisément au coordonnateur offensif Justin Chapdelaine.

«Il m’a fait penser à son père (Jacques), a indiqué l’entraîneur-chef du Rouge et Or. Il a utilisé une page du livre de jeux de McGill en misant sur une formation à six receveurs et c’est de bonne guerre. C’était notre front contre leur front. Justin est un bon jeune entraîneur qui fait de bonnes choses, mais il n’a pas les effectifs pour rivaliser.»