Seattle Seahawks v Pittsburgh Steelers

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NFL : la fin d’une époque

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Peu de repêchages dans l’histoire ont produit une cuvée plus respectable de quarts-arrière que celle de 2004. Mais entre Ben Roethlisberger qui est sur le carreau, Eli Manning qui ronge son frein sur le banc et Philip Rivers qui semble en déclin, tout indique que la saison en cours marque la fin d’une époque.

Probablement qu’aucune classe de quarts-arrière n’approche celle de 1983 en termes de productivité. Les John Elway, Jim Kelly et Dan Marino ont tous produit des statistiques spectaculaires et se retrouvent aujourd’hui tous les trois au Temple de la renommée du football.

Cependant, en termes de résultats, la classe de 2004 se démarque avec Manning et Roethlisberger, qui ont remporté quatre titres de champions du Super Bowl à eux deux. Philip Rivers, sans avoir pu soulever le gros trophée, loge quand même au neuvième rang dans l’histoire pour le nombre de victoires en carrière.

Dans les dernières années, l’édition 2012 du repêchage a certes insufflé une bonne dose de quarts de qualité dans la ligue avec Andrew Luck, Russell Wilson et Kirk Cousins, sans parler de l’étoile filante qu’a été Robert Griffin III. Mais rien non plus pour se rapprocher de 2004, surtout en raison de la retraite prématurée d’Andrew Luck.

L’an dernier, pas moins de cinq pivots (Baker Mayfield, Sam Darnold, Josh Allen, Josh Rosen et Lamar Jackson) ont été sélectionnés en première ronde, mais il est encore trop tôt pour se prononcer.

Quel avenir ?

Chez les Steelers, Ben Roethlisberger devrait se remettre de sa blessure au coude pour reprendre son poste de partant la saison prochaine, mais il aura 38 ans. Manning tentera de se trouver du boulot ailleurs que chez les Giants, mais il est exécrable depuis plusieurs années. La retraite représente sans doute une option plus honorable.

Reste donc Rivers... Difficile de blâmer le vétéran de 37 ans quand on observe la liste de blessés des Chargers, plus longue qu’une liste d’épicerie. Mais difficile de nier qu’il fait partie de l’équation qui explique le début de saison désastreux des Chargers.

Il compte déjà huit revirements à son actif, dont trois interceptions dans la zone des buts. Les porteurs des Chargers en sont quant à eux rendus à trois échappés à la porte des buts, comme quoi la machine bien huilée de la saison dernière semble bien loin.

Évidemment, les nombreuses blessures sur la ligne offensive ainsi que parmi les receveurs n’aident pas la cause de Rivers, mais cette équipe n’est pas dépourvue d’armes pour autant.

Toujours motivé

Évidemment, si les Chargers ne se ressaisissent pas rapidement et que Rivers continue de peiner à l’ouvrage, des rumeurs de retraite surgiront. Le principal intéressé a toujours affirmé qu’il voulait poursuivre sa carrière dans le nouveau stade que les Chargers partageront avec les Rams à Inglewood, la saison prochaine.

Il serait étonnant que les Chargers ne renouvellent pas son contrat à court terme, mais ça ne les empêchera clairement pas de faire les yeux doux aux nombreux quarts-arrière recrues attrayants qui s’annoncent pour la cuvée fort attendue de 2020, en avril.

L’époque glorieuse de la cuvée des quarts de 2004 semble donc tirer à sa fin. Si vraiment c’est le cas, il sera somme toute désolant de constater qu’un joueur de la trempe de Rivers n’aura jamais pu transporter son équipe vers un titre de division depuis 2009.

Cinq points à surveiller

1• Les Patriots en feu

Jusqu’ici, cette saison, les Patriots mènent la Ligue autant pour les points marqués (31,9 par match) que pour ceux accordés (6,9 par match). Ils montrent un différentiel de points de +175. Dans l’histoire, après huit matchs, le record pour le plus grand différentiel est de +215 et il est détenu par les défunts All-Americans de Buffalo.

2• Dominante défensive

Dans une ère où l’offensive est à l’avant-plan, la défensive des Niners n’a pas concédé 200 verges à chacun de ses trois derniers matchs. Si elle refait le coup aux Panthers dimanche, elle deviendra la sixième de l’ère du Super Bowl à enligner quatre matchs de moins de 200 verges concédées. Trois des cinq précédentes équipes qui ont réussi cet exploit ont ensuite gagné le Super Bowl (Cowboys en 1977, Steelers en 1975 et Dolphins en 1972).

3• 300 pour Belichick ?

Le hasard fait parfois drôlement les choses. Face aux Browns dimanche, l’entraîneur-chef des Patriots Bill Belichick tentera de signer sa 300e victoire en carrière, incluant les séries. Sa toute première a été récoltée en 1991... lorsqu’il dirigeait les Browns, face aux Patriots ! Seuls les légendaires Mike Shula (347) et George Halas (324) en comptent plus.

4• Date limite des échanges

Déjà plusieurs échanges sont survenus dans la NFL lors des deux dernières semaines et les discussions devraient s’amplifier d’ici à mardi (16 h), à l’occasion de la date limite des transactions. S’il fut un temps où les échanges étaient peu fréquents, la tendance va en augmentant. Lors de la saison 2009, il y a 10 ans, il y avait eu 39 échanges. Cette saison, on en dénombre déjà 56.

5• Festival du mouchoir

Chaque semaine, les pénalités semblent prendre trop de place dans les matchs. Mythe ou réalité ? Le vétéran journaliste Rick Gosselin a publié les chiffres à cet effet. Il y a 10 ans, la moyenne était de 11,8 pénalités par match. Cette moyenne est passée à 13,2 par match il y a cinq ans. Jusqu’ici cette saison, elle s’élève à 14,9. C’est trop de mouchoirs !