Claude Julien

Crédit : Ben Pelosse / JdeM

Canadiens de Montréal

Des joueurs indifférents chez les Canadiens

Des joueurs indifférents chez les Canadiens

Michel Bergeron

Publié 26 octobre
Mis à jour 26 octobre

On dit souvent que les jeunes sont différents de nos jours. On en a eu la preuve au cours des derniers jours avec les déclarations de Jason Zucker, Auston Matthews et Logan Couture, qui n’ont pas hésité à blâmer entraîneurs et coéquipiers pour les séries d’échecs de leur équipe respective.

Au Minnesota, Zucker s’en est pris un peu à tout le monde tout en blâmant le coach Boudreau. Cela a tout de même semblé revigorer le Wild, qui a ensuite gagné ses deux matchs suivants.

Matthews, lui, s’en est pris aux leaders des Maple Leafs. Il a aussi écorché l’entraîneur Babcock. On sent qu’il y a une petite guerre entre les deux. Il faut se rappeler que l’entraîneur lui a préféré John Tavares comme capitaine. Pour moi, le choix logique était pourtant Matthews, qui aurait fait partie de la lignée des jeunes capitaines nommés au cours des dernières années.

Autre époque, autres mœurs

Quant à Couture, il a directement pointé du doigt ses coéquipiers Timo Meier et Kevin Labanc pour leur indiscipline et leur égoïsme. On était toutefois déjà passé à autre chose dans le vestiaire des Sharks, qui l’ont emporté contre le Canadien jeudi.

Les jeunes sont plus impliqués que jamais. Ils n’ont pas peur de parler. Ça a du bon et du négatif. Les jeunes font tellement d’argent maintenant qu’ils n’ont pas peur de ce qu’il pourrait leur arriver. Les entraîneurs n’énervent plus les joueurs vedettes comme ça pouvait se faire avant. Les temps ont changé.

À l’époque où je dirigeais, ça n’arrivait pas souvent qu’un joueur critique le coach ou ses coéquipiers publiquement. C’est clair que les entraîneurs, même s’ils ont beaucoup d’expérience, ont été dérangés, bien qu’ils ne le diront pas parce qu’ils sont trop orgueilleux. Ils vont sans doute parler au directeur gérant pour savoir s’il est de leur côté. On veut toujours que ces choses se passent à l’interne, et non sur la place publique.

Des passagers chez le Canadien

Le Canadien a joué contre les Sharks après les déclarations de Couture, et jouera ce soir contre Toronto après celles de Matthews. Il est toujours pris à rencontrer des clubs qui viennent de laver leur linge sale, et pour moi, ce n’est pas de bon augure.

Le Canadien a présentement trop de passagers. C’est aussi simple que ça. Que se passe-t-il avec les Byron, Kotkaniemi, Tatar, Lehkonen ? En défense, je comprends un peu mieux pourquoi les Jets ont laissé aller Chiarot. On pourrait aussi ajouter Carey Price à cette liste.

Le Canadien ne joue pas pour ,500 à la maison après cinq matchs avec trois défaites. C’est horrible. Je le répète, mais si le CH veut espérer participer aux séries, ça prendra une fiche d’au minimum ,650 au Centre Bell. Jeudi, si on oublie l’avantage numérique, le Canadien a mieux joué, mais il aurait dû être plus intense pour ne pas permettre à l’adversaire de se mettre en marche.

On ne sent pas la soif de gagner présentement. Il y a trop d’individus qui semblent indifférents aux succès du club.

Le temps est peut-être venu de leur taper sur les doigts. Quand on regarde la situation de Lehkhonen, il a toujours eu un poste régulier avec l’équipe. Or, il ne produit pas et il est toujours là. Le club en arrache défensivement. Ce n’est pas grave, on l’envoie encore sur la glace !

– Propos recueillis par Roby St-Gelais

LES ÉCHOS DE BERGIE

Un match crucial

Le Canadien ne peut pas l’échapper contre les Maple Leafs, étant donné qu’il part ensuite pour trois matchs sur la route dans l’Ouest américain, avec des arrêts en Arizona, Las Vegas et Dallas.

Les joueurs devront dominer en première période. Ils ne peuvent pas se permettre de les regarder jouer et doivent profiter du fait qu’il s’agira pour les visiteurs d’un deuxième match en 24 heures. Le CH se doit de freiner sa série d’insuccès au Centre Bell.

Difficile pour le Rocket

On s’attendait à ce que le Rocket de Laval connaisse un début de saison du tonnerre en raison des nombreux vétérans dans l’alignement. Finalement, après huit matchs, les troupes de Joël Bouchard ne jouent pas pour ,500, avec un dossier de 3-5.

Avec seulement 20 buts en huit rencontres, on parle d’une moyenne inférieure à trois buts par partie. C’est peu. On parle de la jeunesse, mais à l’exception de Ryan Poehling, quel autre espoir pourrait être rappelé ?

Dans le cas du jeune Américain, s’il n’a pas été rappelé, c’est sans doute parce qu’il ne joue pas encore au goût de Joël Bouchard.

Carlson en feu

Quel départ pour John Carlson, des Capitals ! Ça fait longtemps que je n’ai pas vu un défenseur se hisser au premier rang des marqueurs (au moment d’écrire ces lignes). De mémoire, je n’ai pas vu ça depuis Bobby Orr ! Évidemment, il ne finira pas au premier rang, mais il faut saluer ses performances. Il prend une sérieuse avance dans la course au trophée Norris.

Les Capitals ont d’ailleurs remporté cinq matchs sur sept sur la route. Je ne les voyais pas aussi hauts en début de saison, mais c’est une équipe qui travaille et dont les leaders sont toujours très présents avec les Ovechkin et Oshie, qui comptent respectivement neuf et sept buts.