Canadiens de Montréal

Suzuki sur le 4e trio: Julien s’explique

Journal de Montréal / Jonathan Bernier

Publié | Mis à jour

Il fut un temps où les joueurs de quatrième trio servaient à deux choses : brasser l’adversaire et donner un peu de répit aux meilleurs éléments de leur équipe. De nos jours, leur contribution est beaucoup plus grande. Dans certains cas, comme à Montréal, certains sont même appelés à jouer au sein de l’attaque massive.

Il n’est pas question ici de Nick Suzuki, troisième attaquant le plus utilisé par Claude Julien dans cette facette du jeu depuis le début de la campagne. La recrue du Canadien est vouée à un brillant avenir. Sa présence dans la quatrième unité n’est que temporaire et lui permet de s’ajuster à la LNH à un rythme adéquat.

«Donnons-lui le temps de marcher avant de lui demander de courir», a d’ailleurs indiqué l’entraîneur du Tricolore à propos de l’athlète de 20 ans.

Non. Il est plutôt question d’un autre Nick.

Cousins celui-là, qui, depuis son insertion dans la formation lors de la visite du Wild, obtient du temps de jeu au sein de l’attaque massive comme il n’en a jamais obtenu auparavant.

Partager le travail

Au cours des trois dernières rencontres, les trois auxquelles il a participé cette saison, Cousins a vu beaucoup d’action en supériorité numérique.

«Je savais que Claude était du genre à mettre tous ses joueurs à contribution dans les unités spéciales. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai accepté l’offre du Canadien», a raconté Cousins au cours d’une entrevue accordée au Journal de Montréal.

«Bien diviser la tâche de travail entre tous les joueurs, c’est une excellente stratégie pour gagner. Surtout pour une équipe qui mise sur la rapidité, comme la nôtre. Ça évite de surutiliser certains joueurs et ça permet à tout le monde de rester sur le qui-vive», a-t-il poursuivi.

Utilisation variable

L’entraîneur du Canadien a beau rappeler que Cousins avait déjà été utilisé en supériorité numérique à d’autres moments de sa carrière, rarement son volume avait été aussi élevé. Au cours de ces trois matchs, il a passé 2 min 39 s sur la surface de jeu pendant les attaques massives.

Or, sa moyenne pour l’ensemble d’une saison a surpassé la barre des 60 secondes par match à une seule occasion. C’était à Philadelphie en 2016-2017, alors qu’il passait 1 min 11 s par match sur la patinoire lorsque les Flyers évoluaient avec l’avantage d’un homme.

«On m’a également utilisé l’an dernier, mais de façon variable. En Arizona, notre attaque massive ne connaissait pas vraiment de succès (16,3 %, 26e rang), alors les modifications étaient fréquentes.»

«Il amène une bonne présence devant le filet et il est aussi efficace pour récupérer les rondelles en zones restreintes. C’est le genre de joueur que nous n’avons pas beaucoup dans notre formation», a expliqué Julien.

Avec Brendan Gallagher – issu du même type de moule – et lui sur la même unité, il y a de quoi rendre les gardiens fous.

«Ça, c’est certain, a lancé Cousins dans un éclat de rire. En supériorité numérique, c’est le genre de chose dont tu as besoin. C’est de cette façon que Brendan inscrit la majorité de ses buts. J’essaie d’apprendre quelques trucs.»

À l’affût des retours

Un bon plan, considérant que son efficacité reste encore à prouver. Depuis le début de sa carrière, il a inscrit trois buts et récolté trois passes en supériorité numérique.

Mercredi à l’entraînement, Cousins complétait l’unité composée de Gallagher, Jesperi Kotkaniemi, Shea Weber et Jonathan Drouin.

«Il a un bon flair pour le filet. Dans ses années juniors, il a obtenu de bonnes statistiques, a souligné Drouin. Dans le milieu de notre attaque massive, c’est une bonne place pour lui. Il bouge, il peut lire les jeux, il est capable de récupérer des rondelles. Il va ramasser quelques retours.»

À condition que les tirs de Weber atteignent le filet. Pour l’instant, le ratio est de l’ordre d’un tir sur deux.