Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens de Montréal

Paul Byron s'est comporté comme un vrai

Paul Byron s'est comporté comme un vrai

Louis Jean

Publié 23 octobre 2019
Mis à jour 23 octobre 2019

Il y a une tendance que j’adore actuellement dans la Ligue nationale de hockey. De plus en plus de joueurs livrent le fond de leur pensée, sans crainte de représailles.

On a souvent accusé les joueurs de hockey de ne jamais rien dire, d’avoir peur de faire des vagues. Cette tendance commence à changer et c’est tant mieux.

L'un de ces joueurs qui n’a pas peur de livrer le fond de sa pensée est le défenseur Marc-Édouard Vlasic, des Sharks des San Jose. J’aime toujours parler au défenseur puisque tu sais qu’il va répondre à ta question. Lors d’une discussion mercredi après-midi, Vlasic a dit une chose intéressante concernant son entraîneur-chef, Peter DeBoer.

«Il répète continuellement: "voulez-vous des points ou voulez vous gagner? Ici, on veut de joueurs qui veulent gagner"».

Le point de DeBoer est simple, quand tu gagnes les gens se fichent des statistiques personnelles.

Cette observation m’a fait penser à l’attaquant des Canadiens Paul Byron qui connaît, avouons-le, un début de saison plutôt difficile.

Byron fait face à la musique

Après l’entraînement de mercredi matin, Byron était dans le vestiaire assis à son casier. Il a répondu à toutes les questions des journalistes. Pendant au moins 20-25 minutes, vague après vague, en français et en anglais, sans montrer de signes d’impatience, il a fait face à la musique.

Comment expliques-tu ton lent début de saison? Fais-tu quelque chose de différent cette saison? As-tu changé ton entraînement? Comment expliquer que tu n’as pas encore marqué de but? Est-ce que ton temps de jeu limité est un reflet que ton importance au sein de l’équipe a diminué? Traînes-tu encore ta blessure du camp d’entraînement?

Un scribe lui a même demandé si le K.-O. qu'il a subi lors de son combat avec MacKenzie Weegar en mars dernier l’avait de quelconque façon ralenti? Il a répondu avec un non catégorique.

Celui qui s’est déjà défini comme un couteau suisse en raison de sa grande polyvalence ne s’est pas défilé. Byron a pris le blâme. Il a avoué sans hésitation et sans détour qu’il nest pas à la hauteur. Il s’est comporté comme il le fait toujours, comme un vrai pro. En fait, comme un vrai, point à la ligne. Ce n’est pas simplement pour bien paraître devant les journalistes, il a dit la même chose à son entraîneur lors d’une discussion récente.

Au cours des derniers jours, certains ont avancé que l’attaquant de 30 ans n’avait peut-être plus sa place avec les Canadiens. On a tendance à aller vite en affaires à Montréal. Il ne faut pas oublier que Byron est adjoint au capitaine. Il fait parti du groupe de leaders de l’équipe. On va être patient avec lui même si le temps commence à presser.

Au-delà de la lettre sur son chandail, du respect que ses coéquipiers et que l’organisation lui voue, je reviens à ce que Vlasic a dit. Byron est l’exemple parfait d’un joueur qui place l’équipe en premier. Pour lui, c’est la victoire qui passe devant les honneurs ou les statistiques personnelles. Il ferait tout pour que l’équipe connaisse du succès.

Voilà pourquoi Claude Julien lui donne encore du temps pour débloquer. Il travaille avec acharnement, il est un exemple de persévérance pour ses coéquipiers et ne dit jamais un mot de travers, peu importe le rôle qu’on lui confie.

Marc Bergevin a déjà dit qu’il y a des joueurs qui t’amènent en séries et d'autres qui te font gagner en séries. Comme les couteaux suisses sont capables de tout faire, Byron appartient aux deux catégories. Il va t’amener en série avec son jeu défensif et son attention aux détails et il a le caractère pour faire la différence en séries.