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Ski et planche

Mikaela Shiffrin, indétrônable?

Nicholas Richard

Publié | Mis à jour

La saison 2019-2020 de ski alpin se mettra en branle samedi à Soelden, en Autriche, et il serait faux d’affirmer que tous les espoirs sont permis, car il sera difficile pour les skieuses de détrôner Mikaela Shiffrin, qui règne plus que jamais sur le monde du ski.

Qui pourrait faire mieux? Wendy Holdener, Petra Vlohva ou Viktoria Rebensburg? Peut-être, mais en réalité, Shiffrin part déjà avec une longueur d’avance qui sera extrêmement difficile à rattraper. À moins d’une blessure, elle devrait connaître une saison tout aussi prolifique que la dernière.

Ses exploits sont tels, qu’il est même possible de se demander si l’Américaine ne pourrait pas être considérée comme étant présentement l’athlète la plus dominante au monde. Tous sexes confondus. Tous sports confondus. À l’approche de la nouvelle saison, la question est légitime et les statistiques parlent d’elles-mêmes.

La saison dernière, Shiffrin a été sacrée championne des épreuves de Super-G, de slalom géant et de slalom. Lui permettant ainsi de mettre la main sur le gros globe de cristal, remis à la skieuse ayant terminé au premier rang du classement général de la Coupe du monde de la FIS, exploit qu’elle avait aussi réalisé en 2017 et en 2018.

Elle a également établi divers records, devenant entre autres la skieuse ayant remporté le plus de médailles d’or en carrière pour l’épreuve de slalom avec 40, en plus d’avoir battu le record du nombre de victoires en une seule saison, tant chez les hommes que chez les femmes, avec 17.

Qu’est-ce qui pourrait expliquer une domination pareille? Le monde du ski est unanime: la double médaillée d’or olympique a une technique de loin supérieure à celle de ses rivales. Que ce soit en raison de l’agressivité de ses virages ou la manière dont elle génère de la vitesse, il est difficile de prévoir qui pourrait se mettre entre Shiffrin et un quatrième gros globe de cristal consécutif.

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Il s’agira aussi de l’an un après Lindsey Vonn. Celle qui est considérée comme étant la meilleure skieuse de l’histoire a tiré sa révérence à la fin de la dernière saison, au terme d’une brillante carrière, laissant ainsi le champ libre à sa jeune héritière pour réécrire le livre des records.

À titre comparatif, Lindsey Vonn a accroché ses skis à l’âge de 34 ans, en ayant cumulé 82 victoires en carrière, à seulement quatre du record universel détenu par le suédois Ingemar Stenmark. À seulement 24 ans, Mikaela Shiffrin en compte déjà 60.

Au cours de ses 18 saisons sur le circuit, Vonn a remporté 82 de ses 395 départs en Coupe du monde, pour un taux de réussite total de 20,7%. Quant à elle, Shiffrin est montée sur la plus haute marche du podium à 60 de ses 157 courses, soit 38,2% du temps.

Lorsqu’on s’attarde à la meilleure saison des deux skieuses, les données sont toutes aussi éloquentes. En 2012, Vonn a gagné 12 de ses 39 courses (30,7%) et Shiffrin a mérité la victoire 17 fois en 26 départs (65,3%) la saison dernière.

Puis lorsqu’on les compare au même stade de leur carrière, Shiffrin l’a emporté 60 fois en huit saisons sur le circuit. Après le même nombre de saisons, Vonn avait totalisé 22 triomphes.

C’est donc dire qu’après lui avoir passé le flambeau, les records de la grande Lindsey Vonn sont à la portée de Mikaela Shiffrin, tout comme le titre de la meilleure skieuse de l’histoire.

Les Canadiennes à surveiller

Les skieuses de l’équipe nationale canadienne ont montré de belles choses la saison dernière, nous permettant d’être très optimistes pour l’avenir. L’équipe est jeune et les ambitions de Canada Alpin sont gigantesques.

La saison qui vient sera déterminante pour les Québécoises Laurence St-Germain et Marie-Michèle Gagnon. St-Germain a éclos sur le circuit de la FIS l’an passé en atteignant notamment le 13e rang au classement général de l’épreuve de slalom, en plus de terminer en sixième position à cette épreuve aux Championnats du monde d’Are, en Suède. Ce fait d’armes est de loin le fait saillant le plus important de sa jeune et prometteuse carrière. Puis, dans le cas de la vétérane Marie-Michèle Gagnon, la saison dernière en a été une en dents de scie. Elle s'est tout de même hissée au 13e rang du classement général à l’épreuve du super-combiné et elle a aussi mis la main sur le quatrième titre de championne canadienne de sa carrière à l’épreuve du slalom aux Championnats nationaux. L’athlète de Lac-Etchemin devrait être en mesure de guider les jeunes skieuses, qui sont nombreuses dans l’équipe canadienne.

La Franco-ontarienne aujourd’hui installée à Mont-Tremblant Valérie Grenier a été malchanceuse la saison dernière, alors qu’elle a été victime d’une sévère fracture de la jambe droite à l’entraînement aux Championnats du monde. À quelques jours du début de la saison, personne n’est en mesure de savoir si l’athlète de 22 ans pourra remonter sur ses skis cette saison. Avant cette blessure, Grenier connaissait une progression exceptionnelle. Elle avait entre autres terminé au pied du podium à l’épreuve de super-G de Cortina d’Ampezzo, en janvier dernier.

D’autres Canadiennes comme Roni Remme, 23 ans, et Mikalea Tommy, 24 ans, ont aussi montré de belles choses sur le circuit de la Coupe du monde en 2018-2019. Dans le cas de Remme, elle a notamment remporté la médaille d’argent au super-combiné de Crans-Montana, en Suisse, devant nulle autre que la favorite locale Wendy Holdener, dans ce qui a été sans contre dit le fait saillant de l’équipe nationale féminine de la saison 2018-2019.