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Boxe

Sortir de sa zone de confort

Agence QMI / Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Après les premières semaines de son camp en prévision de son duel du 23 novembre, Marie-Ève Dicaire avait déjà atteint un certain plateau dans ses performances. C’est alors que son entraîneur Stéphane Harnois a décidé de sortir sa protégée de sa zone de confort dans tous les sens du terme.

Il l’a amenée faire une semaine d’entraînements dans un gymnase de Philadelphie qui est situé dans l’un des quartiers les plus durs de la ville. Les deux Québécois ont loué un appartement très modeste dans un autre coin peu recommandable de la ville de l’amour fraternel.

Le gymnase ressemblait beaucoup à ceux qu’on voit dans les films. Le ring était dans un état lamentable. Tous les sacs avaient du ruban adhésif pour boucher les trous laissés par les frappes des boxeurs qui fréquentent l’endroit. Donc, Dicaire et Harnois ont dû travailler dans des conditions auxquelles ils n’étaient pas habitués au Québec.

«On demeure dans un quartier rough où il y a des bagarres au coin de la rue, a raconté Marie-Ève Dicaire. On se fait regarder de travers et on ne sent pas la bienvenue.»

«C’est un endroit hostile. De plus, ici, il faut que je gagne ma place dans le ring. Ce qui est à l’opposé de ce que je vis à la maison où il y a un respect mutuel avec mes partenaires d’entraînement.»

Parfois, lorsqu’il y a trop de respect, ce n’est pas la bonne chose pour une championne qui se prépare pour la troisième défense de son titre.

«Mes partenaires savent que je suis championne et elles respectent ce que j’ai réalisé. Par contre, ça commence à se transposer lors des rounds d’entraînement», a-t-elle ajouté.

L’accueil de Reis

Le représentant du Journal a eu la chance d’assister à une des trois séances d’entraînement de Dicaire. Elle a mis les gants avec Kali Reis (16-7-1, 5 K.-O.) qui a subi des défaites contre Cecillia Braekhus, Christina Hammer et Anna Gabriels au cours de sa carrière.

Au cours des huit rounds d’action, Dicaire a vécu un bon test devant la coriace Reis. La Québécoise a été en mesure de s’imposer face à l’Américaine qui possède une bonne force de frappe.

D’ailleurs, la protégée de Stéphane Harnois a connu un petit relâchement au sixième assaut.

Reis a flairé le sang et elle a lancé quelques bonnes attaques qui a forcé Dicaire à bien gérer sa défensive.

«Elle était prête à me faire payer chaque erreur que je commettais, a expliqué la championne IBF des 154 lb. Elle était capable d’encaisser mes coups et elle était toujours prête à contre-attaquer.»

«Ça me force à aller chercher un autre niveau de performance et ça me rappelle que mon sport est difficile. »

Retour dans le passé

Dicaire gagne bien sa vie avec la boxe. Elle ne s’en cache pas. En venant à Philadelphie, ça lui permet de revivre des sensations du début de sa carrière.

«La boxe est difficile comme sport, mais mon style de vie ne l’est pas, a raconté Dicaire. J’ai une excellente équipe de spécialistes autour de moi. J’ai une chambre hyperbare à la maison.»

«C’est important de me rappeler d’où je viens. À mes débuts dans la boxe, je me demandais comment j’allais manger à la fin du mois. Je ne vivais pas grassement. J’avais des bourses suffisantes pour survivre. Ce n’est pas la réalité que je vis aujourd’hui.»