Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

Un aveu surprenant de Sergachev au sujet de Weber

Un aveu surprenant de Sergachev au sujet de Weber

Louis Jean

Publié 15 octobre 2019
Mis à jour 15 octobre 2019

Au fil des ans, j’ai remarqué une tendance qui me dérange. Nous avons parfois une propension, dans la société comme dans le sport, et je m’inclus là-dedans, à voir le négatif au lieu du positif. On se concentre souvent sur le mauvais ou lieu du bon. C’est un peu la nature humaine, vous allez me dire.

«Tu n’as pas tort dans ton affirmation, me disait l’entraîneur-chef du Lightning de Tampa Bay, Jon Cooper, mardi matin. À force de toujours voir les mêmes joueurs pendant une longue période, on arrête de voir le positif et on finit par tout décortiquer, trop même. Des fois, les entraîneurs prennent un peu de recul pour se rappeler combien ce sont des joueurs de la LNH qui ont offrent beaucoup à leur sport. Des fois, il faut presque poser un regard extérieur pour mieux analyser.»

Prenons le capitaine des Canadiens, Shea Weber, par exemple. Sur 10 commentaires à son endroit, huit sont négatifs. Ce n’est peut-être pas très scientifique comme recensement, mais je ne me trompe pas trop en affirmant qu’un bon pourcentage de partisans et de membres des médias sont sur son cas. Il est trop lent, trop vieux, trop si, trop ça.

Alors, je suis allé sonder l’opinion de quelques membres du Lightning. Une équipe, je vous le rappelle, qui est non seulement bourrée de talent, mais qui a connu une saison infernale l’an dernier.

D’abord, Cooper au sujet du capitaine du Tricolore : «Nous ne voyons pas Shea Weber jouer souvent. Nous l’affrontons seulement quatre fois par année, mais je peux vous dire que chaque fois que nous jouons contre lui, il est l’un des meilleurs joueurs sur la glace. J’ignore ce qu’il fait dans les 78 autres matchs, mais chaque fois qu’il joue contre nous, il est dominant, et nous allons nous préparer en ce sens ce soir.»

Une source d’inspiration pour Sergachev

En discutant avec Mikhail Sergachev, meilleur pointeur du Lightning (ex-æquo avec Steven Stamkos et Nikita Kucherov), j’ai été surpris d’apprendre que Weber est l’un des joueurs dont il tente de copier le style.

Sergachev m’a dit qu’il regarde régulièrement des vidéos de Weber. Au niveau junior, l’ancien choix de premier tour des Canadiens était beaucoup plus physique qu’il ne l’est actuellement. C’est une dimension qu’il tente d’apporter à son jeu. Une chose qu’il voit en Weber.

Mais au-delà de l’aspect physique, Sergachev disait que Weber est toujours bien positionné et est presque sans faille dans sa zone. Il ne se fait presque jamais contourner et est extrêmement difficile à affronter. Il l’a même comparé à Andrei Markov, un joueur qui a beaucoup aidé Sergachev. À la fin de sa carrière, Markov n'était pas le plus rapide ou le plus agile, mais il était toujours aussi efficace et intelligent.

Un défenseur complet

Plus loin dans le vestiaire, un autre joueur était surpris d’apprendre que Weber subisse son lot de critiques. «Il a tout ce que tu veux dans une défenseur. Il est tough, il est intense, il ne prend jamais de soirée de congé. Il est intimidant et je peux te confirmer qu’il possède un lancer qui fait peur et, en plus, qui fait extrêmement mal.»

Ensuite, cet attaquant qui a souvent affronté Weber a dit la chose suivante : «Ce n’est pas facile de jouer contre les meilleurs joueurs à tous les soirs. Nous avons certains des meilleurs défenseurs de la ligue ici. Des fois, eux aussi connaissent des matchs plus difficiles. Depuis le début de sa carrière, Weber affronte les meilleurs sans détour.»

Je n'essaie pas de vous dire que Weber est parfait ou qu’il est sans faille. Je ne vous dis pas qu’il n’a pas ralenti non plus.

J’avoue que son début de saison est assez tranquille quoiqu’il a été meilleur contre les Blues, samedi. Toutefois, Weber demeure un défenseur de l’élite qui continue de semer la crainte chez ses adversaires et qui fait partie du plan de match adverse soir après soir.

Jordan Weal me disait il y a quelques jours qu’il n’avait jamais évolué avec une équipe tissée aussi serrée. C’est aussi ça la contribution de Weber. Non seulement il se donne à fond pour son club, mais il s’assure que tout le monde fasse partie de l’équipe.

Si à Montréal un groupe de gens juge que Weber n’est plus à la hauteur, sachez qu’ailleurs dans la Ligue nationale, il y a encore un aura et un grand respect entourant le capitaine des Canadiens.