Canadiens de Montréal

Claude Julien sait qu’il y a des choses qui clochent

Claude Julien sait qu’il y a des choses qui clochent

Michel Bergeron

Publié 12 octobre 2019
Mis à jour 12 octobre 2019

On célèbre cette semaine les 40 ans de l’entrée des Nordiques dans la Ligue nationale. Quarante-ans, déjà!

En 1979, j’étais toujours à la barre des Draveurs de Trois-Rivières. On venait de remporter deux coupes du Président et je ne m’imaginais pas du tout un an plus tard me retrouver aux commandes des Nordiques. Ma vie, c’était Trois-Rivières, et j’étais dans une bonne organisation, tout en étant bien entouré.

À cette époque, c’était quelque chose de grandiose à Québec après toutes ces années dans l’Association mondiale (AMH). Les partisans avaient prouvé qu’ils étaient prêts à accueillir une équipe de la LNH. Il était temps de passer à l’étape supérieure.

Jacques Demers a été congédié après la première année. Et le téléphone a sonné à un moment donné. C’était Maurice Filion. Il est venu me rencontrer à Trois-Rivières pour m’offrir le poste d’adjoint. À ce moment, on ne savait pas qui serait l’entraîneur-chef et Maurice ne voulait rien me dire. On saura ensuite que sa décision était prise alors qu’il a amorcé la saison derrière le banc.

Maurice Filion était un solide homme de hockey. Il avait permis aux Remparts de remporter la coupe Memorial et j’avais le goût de le suivre dans ce rôle. Mais au bout de six matchs, il m’a nommé coach après un match à Winnipeg, ce à quoi je n’aurais jamais pensé à ce moment. Il avait commencé à réfléchir dans l’avion parti de Los Angeles vers Winnipeg.  

À mon avis, la meilleure transaction de Maurice a été celle faisant l’acquisition du gardien Daniel Bouchard en 1980. Ça nous a permis de participer aux séries de 1981. Même si on a été éliminé en cinq matchs par les Flyers, c’était un grand pas en avant à notre deuxième année d’existence.  

Une rivalité incroyable

Dimanche, il s’agira également du 40e anniversaire du premier match opposant les Nordiques au Canadien. J’ai connu cette rivalité pendant huit ans, et selon moi, c’est la plus belle rivalité jamais vue tous sports confondus.

Le Canadien appartenait à Molson, les Nordiques à O’Keefe. La province était divisée en deux. Imaginez. On jouait deux matchs hors-concours et huit autres en saison, sans compter ceux en séries lors de certaines années. Les deux équipes s’affrontaient à 17 reprises lorsque les séries allaient à la limite! On avait toujours l’impression que c’était un match de la finale de la Coupe Stanley.

Dans chacune des quatre séries dans les années 1980 que j’ai vécues contre le Tricolore, il y a toujours eu un événement marquant : le but de Dale Hunter en 1982, la bataille du Vendredi saint en 1984, la victoire en sept au Forum en 1985 et le but refusé à Alain Côté en 1987.  

D’ailleurs, ça me rappelle une petite anecdote. Les médecins des Nordiques me disaient que c’était lors de ces affrontements où les hôpitaux connaissaient leurs moments les plus tranquilles. Tout le monde voulait regarder ça.

Il a même fallu que Maurice Filion et Serge Savard décident d’arrêter les matchs de la période des Fêtes parce que les familles étaient trop divisées. Ça aurait pu dégénérer en bagarre!

Quand j’allais chercher mon café au dépanneur, l’employé me répétait : « il faut les battre ». Et ce, deux semaines avant de rejouer contre eux alors qu’on devait affronter entre temps les Whalers et les Bruins, par exemple. Les gens prenaient cette rivalité à cœur.

Journalistes au cœur

Il ne faut pas non plus oublier que les journalistes des deux marchés ont alimenté la rivalité. Albert Ladouceur, Maurice Dumas, Claude Cadorette, Claude Larochelle, Claude Bédard, d’un côté, contre les Réjean Tremblay, Bertrand Raymond et Yvon Pedneault, notamment.

Les journalistes de Québec voulaient que l’aventure des Nordiques fonctionne. Le grand René Lecavalier avait même été invectivé par un amateur à Québec qui lui avait dit qu’il était un partisan du Canadien. Disons qu’il avait mal pris ça.

Je suis nostalgique à me rappeler ces souvenirs quatre décennies plus tard, mais cela a été des moments marquants.

Les échos de Bergie

CH : pas convaincant

Claude Julien sait qu’il y a des choses qui clochent chez le Canadien. Ce n’est pas pour rien qu’il a répété plusieurs fois après le match de jeudi soir que son club n’est pas à point. Même si l’équipe est revenue de l’arrière lors des trois premiers matchs, ce n’est rien de convaincant.

Le CH a des lacunes en défensive et l’équipe prend de mauvaises décisions en offensive ce qui crée des revirements. Les joueurs semblent jouer de manière individuelle. Oui, certains comme Tatar, Danault et Domi connaissent un bon départ sur le plan des statistiques comparativement à l’an passé, mais ça ne fait rien.  

De plus, il y a plusieurs pénalités inutiles et considérant que le Canadien n’est pas avantagé physiquement et qu’il ne compte pas sur un vrai marqueur naturel – j’exclus Gallagher de cette catégorie malgré ses deux saisons de 30 buts - , ça devient d’autant plus difficile.

Les Oilers sur la bonne voie

La saison n’est vieille que d’une dizaine de jours, mais on voit réellement que le changement de philosophie à Edmonton rapporte des dividendes avec l’arrivée de Ken Holland comme DG et de Dave Tippett comme entraîneur-chef.

Holland change la donne. Il est respecté à travers la ligue, et sa première transaction qui lui a permis d’obtenir James Neal contre Milan Lucic rapporte. Les Oilers sont heureux de s’être débarrassés du gros contrat de Lucic. Pour l’instant, Holland passe pour un génie.

Message encourageant du premier ministre

J’ai bien aimé entendre le premier ministre Legault dire qu’il aimerait voir plus de Québécois avec le Canadien malgré le fait qu’ils soient moins nombreux dans la LNH.

Je suis content qu’un politicien soit préoccupé par cette situation. Cela dit, si j’avais un message pour la ministre responsable du sport, c’est qu’il faut aider les parents. Ça coûte une fortune pour inscrire son jeune dans un sport et c’est encore plus cher quand le jeune avance dans son cheminement.

Il faut trouver une manière d’aider les parents, que ce soit avec une baisse d’impôts, un crédit, peu importe. Ce n’est pas drôle quand certains parents sont obligés de dire à leurs enfants qu’ils n’ont plus les moyens. Et ça nous prive d’athlètes de talent.