Canadiens de Montréal

Le Jonathan Drouin 2.0?

Le Jonathan Drouin 2.0?

Louis Jean

Publié 07 octobre
Mis à jour 07 octobre

Il est toujours dangereux de sauter aux conclusions trop rapidement dans la LNH. J’attends habituellement un mois pour vraiment me faire une opinion.

Mais si vous êtes un peu excités et emballés par ce que vous voyez de Jonathan Drouin, vous avez raison d’être optimiste.

En deux matchs, Drouin a été très bon, pour ne pas dire excellent. Il a eu un gros mot à dire dans les trois points sur quatre obtenus au classement.

Ça saute aux yeux. Drouin est plus engagé, plus physique, plus intense. À chaque fois qu’il est sur la patinoire, il provoque des choses. Le natif de Sainte-Agathe-des-Monts a toujours voulu faire la différence. Actuellement, et ce n’est que deux matchs, il réussit à le faire avec brio. Drouin a été un instigateur de la remontée spectaculaire contre les Maple Leafs, samedi soir.

Toutefois, la plus grosse différence que je remarque n’est pas sur la glace. Elle commence plutôt dans le vestiaire.

Tel que nous le rapportait mon collègue Renaud Lavoie samedi, Drouin a acheté les billets des parents de Nick Suzuki pour le match contre les Leafs. La recrue avait déjà acheté trois billets au coût de 1 800 $, mais il lui en fallait deux de plus.

Suzuki hésitait (il n’a pas encore reçu sa première paie dans la LNH) et Drouin s’est non seulement offert, mais a insisté pour payer les billets. Même si l’attaquant du CH a refusé d’en parler, on me dit qu’il a déboursé plus de 1 200$ pour la paire de billets. Par ailleurs, Rob et Amanda Suzuki ont tenu à le remercier en personne après le match au Scotiabank Arena.

Drouin m’a expliqué qu’il avait entendu parler d’un beau geste d’Erik Cole, lorsque ce dernier portait les couleurs du CH, à l’endroit de Louis Leblanc il y a plusieurs années. Cole avait payé pour les billets d’avion des parents de Leblanc afin qu’ils puissent assister à son premier match dans la LNH. Drouin a voulu, en quelque sorte, faire la même chose.

Ce n’était pas nécessaire, ni attendu de sa part. C’était un geste qui venait du fond du coeur et n’eut été de Renaud, qui n’en échappe jamais une, nous n’aurions jamais été mis au courant de cet élan de générosité.

Drouin m’a raconté que lorsqu’il évoluait avec le Lightning, son coéquipier Ryan Callahan s’était souvent occupé de lui. Le vétéran l’avait pris sous son aile et l’invitait régulièrement au restaurant. Drouin a voulu donner au suivant. Suzuki fera sans doute de même un jour.

Ce que je vois dans ce geste, c’est du leadership et de la maturité. Depuis ses débuts dans la LNH, Drouin s’est toujours concentré sur lui-même et sur ses performances d’abord et avant tout. Mais le l’athlète de 24 ans se voit désormais comme un jeune vétéran qui doit donner l’exemple. Il prend ce rôle au sérieux.

Cette année, il entend faire un effort clair pour aider les autres. Il n’est pas nécessairement du genre à se lever dans le vestiaire pour faire un discours inspirant. Il y a d’autres joueurs qui peuvent le faire. Non, Drouin veut surtout laisser ses performances parler d’elles-mêmes. Mais un peu comme Callahan l’a été pour lui, il veut être une sorte de mentor et un grand frère, entre autres pour Jesperi Kotkaniemi.

De sa propre initiative, l’attaquant québécois a demandé à ses compagnons de trio de faire un peu de temps supplémentaire et d’analyser chacune de leurs présences lors des deux premiers matchs. Ce sont des choses qui viennent de lui.

L’entraîneur-chef des Canadiens, Claude Julien, a touché un point important lors de sa mêlée de presse de lundi. Ce n’est pas facile pour un joueur natif du Québec d’évoluer pour les Canadiens. On semble l’oublier. La pression est énorme. Il faut apprendre à composer avec cette situation.

Une chose ne laisse cependant aucun doute : Drouin veut faire partie de la solution. Et le désir de gagner a toujours été là. Il est l’un des rares joueurs qui mangent du hockey. Il regarde les matchs à la télévision. Il est passionné par son sport et va patiner sur les glaces extérieures lors de sa semaine de vacances l’hiver. Il fait régulièrement du travail supplémentaire sur la glace après les pratiques pour améliorer son jeu, son lancer, ses feintes, etc.

Le fait que Drouin veuille devenir un leader est un signe de maturité et de leadership. Tout cela fera assurément de lui un meilleur joueur.