Photo : Ignacio Piatti, milieu de l'Impact de Montréal, lors du dernier match de la saison 2019 en Major League Soccer (MLS) contre les Red Bulls de New York. Crédit : Dominick Gravel/Agence QMI

Impact de Montréal

Impact : à la recherche de l’identité perdue

Publié | Mis à jour

Des hauteurs du Stade Saputo, Kevin Gilmore assistait d'un oeil analytique aux déboires de l’Impact de Montréal cette saison.

Président de l’Impact depuis janvier dernier, Gilmore a décelé au moins un des problèmes de son équipe sur le plan soccer : l’absence d’identité. Il compte y remédier avec son nouveau directeur sportif, le Belge Olivier Renard, embauché quelques jours avant la fin de la saison 2019 du Bleu-blanc-noir en Major League Soccer (MLS).

«On est un club qui n’a jamais vraiment eu une identité, a déclaré Gilmore lundi en entrevue à la radio de CISM 89,3 FM, avant d’apporter des précisions. [Le propriétaire] Joey [Saputo] est une grande partie de l’identité. Didier Drogba a fait partie de l’identité.»

Gilmore n’a plus envie de faire de la peinture à numéros en regardant des matchs de l’Impact : «Je regarde sur le terrain et je peux dire : “OK, ces joueurs-là, c’est des joueurs de Nick De Santis, ces joueurs-là sont d’Adam Braz, ça c’est des joueurs de Rémi Garde...” Non, on ne veut plus voir ça. Il faut créer notre identité, créer une lentille à travers laquelle on va prendre toutes nos décisions.»

À LIRE AUSSI : L'option Ignacio Piatti

Wilfried Nancy?

En considérant le départ plus que probable de l’entraîneur-chef Wilmer Cabrera, appelé en renfort sur une base intérimaire après le congédiement de Rémi Garde en août dernier, l’Impact en sera à son septième entraîneur-chef depuis son arrivée en MLS, en 2012.

Sept entraîneurs en neuf saisons, incluant la campagne 2020 à venir.  Pour mettre les choses en perspective, Gilmore cite le sièges éjectables de la Premier League anglaise, le roulement accéléré de personnel chez les Canadiens de Montréal dans la Ligue nationale de hockey (LNH) ou encore les difficultés des Alouettes de Montréal jusqu’à la venue de Khari Jones, mais le constat demeure : sans stabilité au poste d’entraîneur-chef, le succès pourrait tarder à se montrer le bout du nez sur la pelouse du Stade Saputo.

«Le mandat d’Olivier Renard est très clair, c’est d’aller chercher un entraîneur qui va nous amener de la stabilité, quelqu’un qui va être là pour le long terme, a confié le président, anciennement vice-président des Canadiens. On a vu beaucoup d’entraîneurs ici avec l’Impact. Peut-être un peu trop?»

Hassoun Camara, analyste soccer pour la chaîne TVA Sports et autrefois le visage de la défense de l’Impact, a soulevé le nom de Wilfried Nancy comme candidat logique pour devenir pilote du XI montréalais. Nancy remplit les fonctions d’entraîneur adjoint depuis 2016 et son implication dans l’organisation remonte à 2011, quand le Français s’était greffé à l’Académie de l’Impact en tant qu’entraîneur.

En termes de stabilité, il n’y a pas plus stable que Nancy à Montréal.

«Wilfried va avoir des conversations... Olivier va avoir des conversations avec tout le monde dans l’organisation pour voir vraiment qui sont les personnes qui doivent faire partie de l’équipe», a laissé planer Gilmore.

«Dans un monde parfait, tu as déjà un entraîneur qui commence dans l’Académie ou gradue à la première équipe.»

L'heure des réponses, sinon...

Le prochain entraîneur-chef, le futur d’Ignacio Piatti à Montréal; les questions s’accumulent chez les partisans de l’Impact, des simples curieux aux abonnés de saison. La participation de l’Impact à la prochaine édition de la Ligue des champions de la CONCACAF, en février prochain, jette un baume sur une saison 2019 à oublier, mais les fans vivent une traversée du desert quant au championnat MLS.

L’hypothétique départ de Piatti et trois ans sans participation aux éliminatoires mineront-ils les renouvellements d’abonnements et les ventes de billets?

«C’est toujours un défi quand tu as une saison comme on a eu, convient Gilmore. Les gens m’arrêtent dans le stade pour me dire : “J’ai renouvelé M. Gilmore, mais c’est la dernière fois.” La réalité, c’est que le sport, c’est une business centrée sur l’émotion des gens. Je préfere qu’ils soient fâchés plutôt qu’indifférents. C’est à nous de livrer.»

Tel est le bilan du président Gilmore, tandis que le rideau tombe sur une campagne de 12 victoires contre 17 revers et cinq verdicts nuls en MLS.

Au tour de l’entraîneur-chef Wilmer Cabrera et des joueurs de rendre leur version des faits, mardi, lors du bilan de saison de l’Impact au Centre Nutrilait.