Jonathan Drouin

Photo : Jonathan Drouin Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens

Drouin envoie un message à l'équipe

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Récemment, Joël Bouchard a dit de Charles Hudon qu’il devait trouver le Charles 2.0 pour souhaiter revenir dans la LNH. La situation de Jonathan Drouin était bien évidemment moins dramatique. Toutefois, on peut se demander si le message de Claude Julien n’était pas similaire. Après tout, il lui a fait amorcer la saison sur le troisième trio.

Drouin, dont le camp d’entraînement fut plus que difficile, a semblé saisir le message. Bien sûr, l’échantillon est mince: le Tricolore n’a disputé que deux rencontres. Toutefois, le choix de premier tour du Lightning en 2013 a démontré une implication qu’on lui avait rarement vue. Même dans ces bons moments de la dernière saison.

Tant en Caroline qu’à Toronto, Drouin a joué avec intensité. Solide le long des rampes, il s’est également assuré de se replier à fond de train et de façon efficace en couvrant le bon adversaire.

«Il y avait de la frustration, mais j’ai sorti mes émotions pendant le match. Je me sentais encore plus impliqué. J’ai gagné des batailles importantes. Si je peux faire ça tous les soirs, je serai bien heureux», a raconté Drouin au terme de la victoire dramatique de 6-5 du Canadien sur les Leafs.

Il n’y a pas que lui qui sera heureux. Ses entraîneurs également, à commencer par Julien. D’ailleurs, il ne lui aura fallu que cinq périodes pour ramener Drouin à la gauche de Max Domi. Un duo qui avait fait des malheurs, l’hiver dernier, avant que Drouin ne sombre dans sa difficile léthargie.

L’origine d’une remontée

Épaulé par le rapide Paul Byron à droite, le duo a créé bon nombre d’étincelles.

Officiellement, Drouin n’a été crédité que d’une seule mise en échec. Toutefois, la pression qu’il a appliquée tout au long du match et une approche rapide et efficace au porteur ont forcé les joueurs des Maple Leafs à penser rapidement.

«Jo parlait beaucoup au banc en troisième, il restait positif. Il terminait aussi ses mises en échec. Quand un joueur aussi talentueux s’implique autant physiquement, il envoie un message à toute l’équipe», a souligné Domi.

Lorsqu’on joue avec intensité, on ne force pas seulement l’adversaire à commettre des erreurs. Parfois, on provoque un peu notre chance. C’est exactement ce qui s’est produit lorsque l’attaquant de 24 ans a marqué en fonçant ardemment au filet.

«Nous avons créé du momentum, Max et moi. Ce n’était pas un but spectaculaire, mais il était important», a raconté Drouin au terme de la rencontre.

Et comment! Ce but a jeté les bases de la remontée du Canadien, 11 secondes après avoir vu William Nylander porter la marque à 4 à 1.

Maintenant, la suite

Au terme du calendrier préparatoire, on avait soumis l’hypothèse que le fait d’amorcer la campagne avec trois matchs à l’étranger pourrait aider Drouin à respirer un peu mieux. Jusqu’ici, l’hypothèse tend à se confirmer.

À Buffalo, mercredi, il tentera de récolter un point dans un troisième match consécutif. Ce qu’il n’a pas réussi à faire depuis les rencontres du 3, 5 et 7 février. Drouin avait alors compilé neuf points (3 buts et six passes). On est encore loin d’un résultat semblable, mais si la version 2.0 de Jonathan Drouin peut continuer de se présenter match après match, il reprendra sa place dans le cœur des amateurs.

Mais, encore plus important, les occasions de marquer viendront d’elle-même.