Crédit : Joël Lemay / Agence QMI

Canadiens de Montréal

Cinq raisons justifiant la présence de Nick Suzuki

Cinq raisons justifiant la présence de Nick Suzuki

Louis Jean

Publié 03 octobre 2019
Mis à jour 03 octobre 2019

À la surprise générale, Nick Suzuki amorcera la saison avec les Canadiens de Montréal. Quand je parle de surprise, je ne fais pas seulement allusion aux partisans et aux médias affectés à la couverture de l’équipe.

Non, j’inclus Suzuki lui-même, sa famille, ses proches, son agent ET les Canadiens aussi. D’aucune façon n’imaginait-on voir l’ancien choix de premier tour faire le saut dans la LNH aussi rapidement. Personne ne pourra me convaincre du contraire.

C’était d’ailleurs la même situation l’an dernier lorsque Jesperi Kotkaniemi a décroché un poste avec l’équipe. Encore là, le Finlandais ne cadrait pas dans les plans. Mais il a fait son travail. «KK» a convaincu la direction et les entraîneurs de lui donner une chance.

Je ne vais pas me défiler. Cette décision l’an dernier me préoccupait parce que je craignais qu’on brûle celui qui avait été sélectionné troisième au repêchage de 2018.

J’ai toujours cru je que la chose la plus importante pour une organisation, c’est de protéger la confiance et l’estime de soi d’un espoir. Mais bon, même s’il a connu des passages à vide, il faut reconnaître que Kotkaniemi s’est quand même bien débrouillé.

Après avoir discuté avec des gens qui connaissent bien Suzuki, je vous présente cinq raisons pour lesquelles les Canadiens misent juste en faisant graduer Suzuki dans la meilleure ligue au monde.

Son assurance

Le retourner dans la ligue junior de l’Ontario l’an dernier aura été une sage décision. Suzuki a été parfois frustré dans la série contre London l’an passé. Les Knights tentaient de lui faire perdre son sang froid en le frappant et en essayant de l’intimider. Une discussion avec Rob Ramage, le directeur du développement des joueurs des Canadiens pendant la série l’a grandement aidé.

Guelph perdait 3-0 dans la série 4-de-7 lorsque Suzuki s’est mis en marche et est passé à un autre niveau. Au lieu de se frustrer, il s’est mis à dominer. Il a démontré une confiance et une assurance déconcertantes. En possession de rondelle, il était impossible à arrêter. L’Ontarien a passé un cap et est devenu un joueur complet.

«Hockey sense»

Ce qui ressort le plus lorsqu’on parle aux experts et aux recruteurs de Suzuki est son flair (hockey sense). C’est un joueur extrêmement intelligent doté d’un sens de l’anticipation hors du commun. Il est ce qu’on appelle en anglais un «student of the game». Il regarde des bandes vidéos, étudies les tendances et est constamment en mode solution sur la patinoire.

Maturité physique et globale

Dès le premier jour du camp d’entraînement, il était clair que Suzuki avait changé. Sa maturité physique était frappante. Il était passé d’un adolescent l’été précédent à un homme. Il est bâti, solide et trapu.

Une énorme transformation par rapport à l’an dernier. Mais quand on parle de maturité, il ne laisse aucun doute que le jeune hockeyeur est très sage pour ses 20 ans. C’est une qualité importante qui l’aidera à composer avec les hauts et des bas d’une longue campagne dans un marché parfois un peu fou. 

Calme

On a souvent reproché à Suzuki de ne pas assez démontrer de hargne sur la glace. On dit qu’il était trop calme. D’une certaine façon, il me fait un peu penser à Carey Price à cet égard. Mais détrompez-vous, Suzuki est habité d’une volonté de vaincre qui ne laisse aucun doute. Son calme le guidera à jauger les efforts et canaliser son énergie de la bonne façon à sa première saison de hockey professionnel. 

Courbe de progression

Lorsqu’il grandissait, Suzuki n’a jamais été le meilleur de son équipe. Il y avait toujours quelqu’un qui ressortait plus ou qui marquait plus de buts ou qui était plus spectaculaire que lui. Plusieurs fois, il était le 13e attaquant d’une équipe, mais finissait la saison en jouant un rôle prédominant.

C’est une grande qualité. Cette persévérance lui a permis de toujours atteindre de nouveaux sommets et défier les attentes. S’il peut maintenir cette courbe de progression qu’il a démontrée depuis quelques années, le potentiel pourrait être impressionnant.