Impact de Montréal

Les coulisses de l’arrivée d’Olivier Renard

Les coulisses de l’arrivée d’Olivier Renard

Vincent Destouches

Publié 30 septembre
Mis à jour 30 septembre

La nouvelle de l’arrivée d’Olivier Renard au poste de directeur sportif de l’Impact de Montréal a beau être tombée soudainement, son recrutement a toutefois été un long processus.

Un texte de Vincent Destouches, avec la collaboration de Sacha Tavolieri (RMC Sport)

Son nom n’est peut-être pas familier des partisans de l’Impact, mais il l’est pour celui qui est à l’origine de ce recrutement, Walter Sabatini, plus que jamais homme fort du projet Bologne-Montréal. Déjà à créditer des arrivées de Lassi Lappalainen et de Bojan Krkic, le «directeur sportif global» a lui-même ciblé et noué les contacts avec le Belge, il y a plus de deux mois. La cour du club montréalais s’est par la suite intensifiée avec une proposition qu’on dit juteuse.

Ce vif intérêt de l’Impact a mis Renard quelque peu dans l’embarras, car en Belgique, le puissant Luciano d’Onofrio – vice-président du Royal Antwerp FC et ex-agent de Zinedine Zidane et Didier Deschamps, entre autres – lui avait tendu la main au printemps pour intégrer le conseil exécutif de son club.

Il y a 10 jours à peine, le club d’Anvers n’était pas au courant de la possibilité qui s’offrait à Renard, ce qui laissait planer le doute sur la conclusion de ce dossier. Loyal et reconnaissant envers d’Onofrio, ce dernier a souhaité faire les choses de la bonne manière.

Après avoir œuvré tout l’été sur le mercato de son club en Belgique, Renard est dans un premier temps venu à Montréal courant septembre, afin de prendre le pouls de la ville et de l’organisation. Puis, en début de semaine dernière, il est finalement allé obtenir le feu vert d’Onofrio, ce qui était pour lui une condition sine qua non à son arrivée au Québec.

Des noms dans la valise

En premier lieu, Renard est donc le choix de Sabatini. Les deux hommes se connaissent bien, ayant souvent échangé lorsqu’ils étaient respectivement directeurs sportifs du Standard de Liège et de l’AS Roma.

Leurs bons rapports ont même déjà porté fruit par le passé. C’est sur les conseils de Sabatini que Renard s’était penché sur le cas d’un jeune milieu roumain, Razvan Marin, qu’il avait fini par enrôler en janvier 2017, pour un transfert de 2,5 millions d’euros. Cet été, Marin est parti du côté de l’Ajax Amsterdam, et le Standard a récupéré une indemnité de 12,5 millions d’euros, hors bonus. Un investissement quintuplé en trente mois, c’est ce qu’on appelle un bon coup!

Cette capacité à dénicher des talents plaît beaucoup à l’état-major montréalais, et Kevin Gilmore a d’ailleurs mis l’emphase là-dessus lors de l’officialisation de son embauche. Renard s’amène en terre montréalaise avec le profil d’un homme aimant mettre l’accent sur la jeunesse et n’hésitant pas à tenter des coups auprès de joueurs à fort potentiel (y compris de revente), souvent trouvés dans des ligues moins prisées par les grands clubs.

Le cas Moussa Djenepo en est un excellent exemple. Début 2017, Renard est allé le chercher dans une académie de soccer au Mali, le Yeelen Olympique, pour un petit montant de 50 000 euros. Deux ans plus tard, l’ailier a fait ses valises pour Southampton, en Premier League anglaise, contre un chèque de... 20 millions d’euros, bonus compris.

Il faut savoir que, lorsqu’il a quitté le Standard au mois de mai, Renard a remis une fiche résumant le fruit de son travail en tant que directeur du recrutement, poste qu’il a occupé durant la saison 2018-2019. Sur cette liste figuraient les noms d’environ... 200 joueurs.

Pour un club comme Montréal qui a souvent erré dans le département recrutement, le bagage de dépisteur que Renard amène avec lui (de même que ses réseaux) est une bénédiction.

À gauche de la pyramide

Ancien gardien international, Renard a eu une belle carrière, en Belgique comme en Italie, qui lui a permis d’engranger énormément de savoir foot. Au cours de ses expériences à Naples, à l’Udinese et à Modène, il s’est approprié la culture du soccer italien – une chose que Sabatini apprécie particulièrement chez lui – et il a appris à parler couramment la langue, ce qui était un critère important pour l’Impact.

La structure sportive arrimant les clubs bolognais et montréalais prend désormais la forme d’une pyramide : Renard récupère la place en bas à gauche, chapeautant le volet montréalais; en bas à droite figure Riccardo Bigon, directeur sportif de Bologne; et au sommet trône Sabatini.

Pour Renard, le défi est immense. Il se sait attendu et il n’ignore pas qu’il a beaucoup à prouver, puisque peu de gens le connaissent à l’extérieur de la Belgique. D’un autre côté, il a également tout à gagner de sa première expérience internationale en tant que dirigeant, car si cela fonctionne à l’Impact, des portes pourraient s’ouvrir à lui en Italie...