Brendan Gallagher

Photo : Brendan Gallagher Crédit : Martin Chevalier / JdeM

Canadiens de Montréal

«Tu ressens la pression des partisans» -Gallagher

Publié | Mis à jour

Brendan Gallagher n’a rien d’un Kent Nagano. Il tient un seul bâton dans ses mains. Mais comme le célèbre chef d’orchestre, c’est lui qui bat le rythme pour son équipe. Il a un cœur gros comme la glace du Centre Bell et il force ses coéquipiers à le suivre dans son sillon.

Au dernier match préparatoire, Gallagher a fait ce qu’il fait de mieux. Il n’a jamais abandonné. Avec 59 secondes à écouler en troisième période, le petit numéro 11 s’est planté les deux patins devant le filet d’Anders Nilsson pour rediriger un puissant tir frappé de Jeff Petry. Il a créé l’égalité 3 à 3 pour forcer la prolongation. Sans lui, Nick Suzuki n’aurait pas fait son tour de magie à trois contre trois.

À 27 ans, Gallagher fait maintenant partie des meubles à Montréal. Il entreprendra dans quelques jours sa huitième saison avec le CH. Seul Carey Price a plus d’ancienneté au sein de l’équipe.

«C’est difficile de croire que j’en suis déjà à ma huitième saison, a dit Gallagher lors d’une entrevue au Journal de Montréal dans les derniers jours du camp. C’est une très belle aventure depuis mes débuts. J’ai appris des choses tous les ans.»

«J’ai un rôle différent aujourd’hui. Je suis plus vieux, je suis un meneur et je prends mes responsabilités à cœur. J’espère maintenant jouer huit autres saisons à Montréal !»

Petit, mais durable

Gallagher, un modeste choix de 5e tour au repêchage de 2010, a maintenant 488 matchs d’expérience avec le CH. À ses deux dernières saisons, il a atteint le plateau des 30 buts et a participé à toutes les rencontres.

«Je suis encore plus heureux des 82 matchs, réplique-t-il rapidement. Les buts et les passes, tu finis par en obtenir quand tu travailles fort. Mon objectif reste toujours d’aider mon équipe à gagner. Il y a plus d’une façon d’y arriver. Mais tu ne peux pas le faire quand tu te retrouves à l’infirmerie.»

Le mot travail lui colle à la peau depuis ses premiers pas avec le CH au mois de janvier 2013. Marc Bergevin et Michel Therrien lui avaient fait une place en même temps qu’Alex Galchenyuk, le troisième choix au total à l’encan de 2012. Si Galchenyuk a parfois fait les manchettes pour les mauvaises raisons, l’ailier droit a toujours su se tenir loin des controverses.

«Nous traversons différentes expériences à Montréal, a-t-il dit. J’ai été chanceux puisque je n’ai jamais connu de périodes sombres dans cette ville. Je n’ai jamais eu les partisans sur mon dos. Je garde une bonne relation avec les partisans. Il y a probablement des occasions où ils devraient être plus sévères avec moi.»

Gérer la notoriété

Questionné sur ce qu’il aime le plus et le moins d’une ville où le hockey représente une religion, Gallagher a réfléchi quelques secondes avant d’y aller d’une longue réponse.

«Ce que j’aime le plus, c’est de jouer en séries au Centre Bell. La ville devient complètement folle. Avant un match, tu es assis dans le vestiaire et tu ressens déjà de grandes émotions. C’est un sentiment que je n’oublierai jamais et je veux le revivre. Après deux ans sans séries, ça fait trop longtemps.»

«Ce que je trouve le plus difficile, c’est quand tu perds trois ou quatre matchs de suite, tu ressens la pression des partisans, a-t-il enchaîné. Ils cherchent à comprendre pourquoi ça ne va pas bien. Tu peux sortir au restaurant et tu dois répondre à des questions des partisans qui s’inquiètent. Parfois, il n’y a pas de bonnes réponses. Parfois, tu aimerais mieux changer de sujet. Mais si c’est ça le pire aspect de ton travail, tu restes très chanceux.»

«Je me suis adapté à la réalité de vivre dans une grosse ville de hockey. Je me fais reconnaître dans les rues. Je trouvais ça étrange au départ, mais j’ai appris à composer avec ça. Je rencontre les partisans et je leur parle avec bonheur. Je sais que je suis dans l’œil de plusieurs personnes. Si je peux donner quelques secondes ou minutes de mon temps pour faire le bonheur d’un partisan, je le ferai toujours.»