Les Partants

La fois où Labonté a dit non à Crosby...

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L’arrivée de Sidney Crosby à Rimouski était le fruit d’une grande séduction. Et pour dresser une analogie avec l’épique film québécois de 2003, le 87 était plus qu’un jeune médecin convoité.

Voyez l'entrevue avec Doris Labonté dans la vidéo, ci-dessus. Et dès 19 h, TVA Sports diffusera la cérémonie en l'honneur de Sidney Crosby, puis le match opposant l'Océanic au Phoenix de Sherbrooke. 

«C’était un grand chirurgien qu’on allait chercher!», a imagé vendredi matin l’ancien instructeur en chef de l’Océanic, Doris Labonté, aux «Partants», à TVA Sports.

«Le village avait vu quelques (grands) médecins comme Brad Richards et Vincent Lecavalier auparavant, alors ça nous a aidé à le convaincre».

Le produit du collège de renommée Shattuck-St. Mary's cherchait le meilleur chemin vers la Ligue nationale de hockey. Avec une Coupe Memorial fraîche de 2000, l’Océanic devenait une option des plus attrayantes pour le patineur de Cole Harbour, en Nouvelle-Écosse.

L’artisan de cette opération séduction? Labonté lui-même.

«Je lui avais montré une vidéo de la finale. C’est ça qui l’a séduit, a-t-il insisté. C’est ça qu’il recherchait. Un endroit pour se développer. Richards et Lecavalier étaient passés par là avant lui.

«Ce fut moins compliqué qu’on ne le pensait pour l’amener ici.»

Crosby et son père étaient venus visiter les installations du club en compagnie de son représentant.

Si Labonté a tenté de vendre l’Océanic à Crosby, il a eu de l’aide de son agent, l’influent Pat Brisson, qui a facilité les contacts avec d’anciens porte-couleurs.

 «On a ouvert la porte, mais on ne l’a pas forcé. Ça s’est fait derrière les rideaux.»

«Non, c’est non!»

Lorsque Labonté a pris les rênes d’entraîneur-chef en relève à Donald Dufresne, qui s’est concentré sur les défenseurs, il a pu mieux connaître le jeune homme au talent d’exception que personnifiait Crosby.

Pendant un match, l’ex-pilote se souvient d’un seul match où il a dû clouer le jeune phénomène au bout du banc.

«Il avait un mauvais match dès le début. Il n’était pas dans son assiette et il bourrassait. Il avait pris quelques punitions. Je l’ai gardé assis et je lui ai dit "on va se reparler". Je n’ai pas eu à le faire souvent.

«C’est la seule fois où j’ai dû sévir comme ça.»

L’éthique de travail de Crosby était irréprochable pendant son stage junior. Il avait tellement le cœur à l’ouvrage, que son entraîneur a dû le ramener à l’ordre pendant une journée de repos.

«Sid the Kid» voulait se présenter à l’aréna même si personne n’était présent.

«J’ai dit à un entraîneur de cacher ses patins dans le tiroir du bureau. Lorsqu’il est arrivé, j’entendais grogner de l’autre côté. Je me suis dit "ça va grogner ici".»

«Là il est entré dans le bureau et il m’a demandé "as-tu vu mes patins? Je veux patiner". Je lui ai dit que non. Il m’a répété qu’il voulait patiner et je lui ai dit "non, c’est non! Il n’y en aura pas!"»

C’est un Crosby furieux qui a quitté l’aréna par la suite. Comme quoi il avait toujours le cœur à l’ouvrage.