Crédit : Suzanne Bird, Ottawa Sun

LHJMQ

La pierre angulaire d’un trio infernal

Agence QMI / Mathieu Boulay

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Sidney Crosby produisait à un rythme d’enfer depuis son arrivée dans le circuit Courteau. Cette cadence a atteint un autre niveau lorsqu’il a été jumelé à Marc-Antoine Pouliot et Dany Roussin.

«À cette époque-là, tous les entraîneurs voulaient deux trios qui produisaient pour avoir une offensive équilibrée et deux bonnes unités d’avantage numérique, s’est remémoré Doris Labonté.

«On a fait des essais avant de les mettre ensemble. Voyant que ça fonctionnait bien, on a décidé de garder cette combinaison.»

Il avait vu juste. Crosby (168 points), Roussin (116) et Pouliot (114) avaient terminé au sommet des pointeurs de la LHJMQ, mais aussi dans la Ligue canadienne de hockey (LCH). Un fait d’armes que peu de trios de la LHJMQ pouvaient se vanter d’avoir réussi.

Grâce à cette campagne, Roussin a été sélectionné au deuxième tour (50e au total) par les Kings de Los Angeles en 2005. Quant à Pouliot, il avait été un choix de premier tour des Oilers d’Edmonton en 2003.

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Virage à 180 degrés

Avant l’arrivée de Crosby, Dany Roussin avait connu des débuts modestes dans la LHJMQ avec Sherbrooke. Puis, il a mangé son pain noir avec l’Océanic qui avait terminé dans les bas-fonds du circuit.

«L’arrivée de Sidney a changé ma carrière junior au complet, a raconté Roussin. Je l’avais vu venir quelques années avant alors que j’avais participé au camp estival de notre agent Pat Brisson. À 13 ans, il avait été le meilleur sur la glace. J’avais dit à mon entourage qu’il allait devenir une vedette.»

La chimie s’est vite installée entre lui et Crosby.

«Pour moi, c’était un défi de jouer avec lui parce qu’il était intense à tous les matchs. J’étais conscient de la chance que j’avais et ça me motivait encore plus. Je ne voulais pas perdre ma place.

«Lorsqu’il avait le contrôle de la rondelle, il ne fallait pas se mettre dans ses jambes. Je me concentrais à attirer des joueurs vers moi afin de lui faire de la place. C’est incroyable la quantité de surnombres qu’on avait eus lors de cette saison-là!»

Il est reconnaissant envers Crosby.

«Il a eu un impact sur mon deuxième repêchage, mais aussi sur ma carrière au complet. Les deux années avec Sidney ont été magiques et elles ont changé ma vie. Rien ne peut battre cela.»

La fierté de Pouliot

Pouliot s’est joint au duo Crosby-Roussin lors de la deuxième saison de «Sid» à Rimouski.

«Je suis fier d’avoir joué avec lui, a affirmé celui qui évolue maintenant avec l’équipe de Biel-Bienne en Suisse. Il pouvait faire ce qu’il voulait sur la patinoire et il trouvait toujours le moyen de nous trouver.»

«Ç’a cliqué les trois ensemble. C’était spécial comme chimie. Pour moi, ce n’était que du positif. Ces deux saisons-là, on ne les oubliera jamais.»

Celui qui a disputé 192 matchs dans la LNH se souvient d’une anecdote qui s’était déroulée lors du premier match préparatoire de Crosby.

«J’étais dans les estrades avec Dany [Roussin]. Je ne le connaissais pas. Il avait fini la rencontre avec huit points. Dès qu’il était sur la patinoire, il se passait quelque chose. Je suis devenu un partisan de Sidney de façon instantanée. C’était impressionnant.»