Canadiens de Montréal

Kotkaniemi en mode survie

Kotkaniemi en mode survie

Renaud Lavoie

Publié 26 septembre 2019
Mis à jour 26 septembre 2019

Le sport professionnel ne pardonne pas. L’an dernier, Jesperi Kotkaniemi a poussé à la porte un joueur de centre qui avait donné toute sa carrière aux Canadiens, mais qui était en fin de parcours. Je parle évidemment de Tomas Plekanec.

Cette année, Kotkaniemi n’a pas du tout le même camp d’entraînement, à un point tel qu’il est en mode survie à l’heure où on se parle. La réalité, c’est qu’il a été dépassé par Ryan Poehling, mais on pouvait s’y attendre pour toute sorte de raisons, dont la maturité physique et le fait que le joueur américain est plus vieux de 18 mois.

Ce qu’on ignorait toutefois avant le début du camp, c’est que Nick Suzuki était aussi bon et prêt à jouer dans la LNH.

Une surprise à l’attaque

Peu importe qu’il joue au centre ou à l’aile droite, il a accompli la tâche que les entraîneurs lui ont demandée à tous les soirs.

Ce qui est frappant, c’est que lors du match à Toronto, Claude Julien ne s’est pas gêné pour envoyer Suzuki prendre plusieurs mises en jeu en zone défensive et il s’est bien débrouillé.

Même si sur la feuille de pointage on ne donne aucun gain à Suzuki au cercle des mises en jeu dans sa zone, il en a remporté quelques-unes. Pourquoi n’a-t-il pas eu la faveur des officiels mineurs à Toronto qui s’occupent des statistiques?

Du côté de Kotkaniemi, les officiels mineurs disent qu’il a pris cinq mises en jeu (toutes perdues), mais je doute qu’il en ait pris autant. Trois au maximum selon mes calculs. C’est Jordan Weal que Julien a utilisé au centre à la place de Kotkaniemi, ce qui nous indique clairement que le niveau de confiance à son endroit n’est pas à son apogée.

Bref, il y a des questions à se poser sur son avenir à court terme.

Laval ou Montréal?

Marc Bergevin l’a mentionné dans son point de presse jeudi, il faut que sa formation soit la meilleure possible dès le début de la saison. On peut clamer la patience dans le cas de Kotkaniemi, mais la LNH n’est pas une ligue de développement, c’est une ligue de résultats.

Or, il ne faut pas oublier une chose: Kotkaniemi a 19 ans. C’est vrai qu’il a joué 79 matchs la saison dernière, mais il n’a pas été un joueur d’impact, surtout après Noël.

Alors, que doit faire l’organisation pour s’assurer qu’il progresse et devienne un joueur de centre dominant dans les trois zones?

La question n’est pas banale. Si le développement des joueurs, sous Joël Bouchard, ne s’était pas bien passé à Laval la saison dernière, il est fort à parier que Bergevin aurait dit clairement aujourd’hui que le joueur finlandais allait commencer la saison à Montréal.

Mais puisque Kotkaniemi semble avoir besoin de plus de temps pour reprendre confiance en ses moyens, qu’est-ce que les Canadiens ont vraiment à gagner en limitant son temps de glace à Montréal ou encore en le laissant de côté plus souvent qu’autrement?

Laval n’est pas une prison où il est impossible de sortir. D’une manière ou d’une autre, même s’il commence la saison à Montréal, un séjour dans la Ligue américaine sera nécessaire éventuellement si les choses ne progressent pas. Alors, pourquoi pas maintenant?

(Voyez, dans la vidéo ci-dessus, l'intervention de Renaud Lavoie à l'émission JiC)