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Impact de Montréal

Impact : à 90 minutes de la rédemption

Agence QMI / Dave Lévesque

Publié | Mis à jour

La soirée de l’Impact de Montréal pourrait générer des sentiments très partagés selon l’issue de deux matchs, dont un l’impliquant directement puisqu’il est à 90 minutes de remporter le Championnat canadien, sorte de rédemption au terme d’une saison mal négociée.

Dans un premier temps, le Bleu-Blanc-Noir pourrait remporter mercredi soir un premier Championnat canadien depuis 2014 s’il parvient au minimum à maintenir son avance de 1 à 0 sur le Toronto FC au terme du match aller disputé la semaine dernière.

Évidemment, une défaite ferait drôlement mal puisque ce match est pas mal le dernier espoir de sauver une saison 2019 partie en vrille au début de l’été.

L’autre match dont il était question plus tôt sera disputé en fin de soirée entre le Revolution de la Nouvelle-Angleterre et les Timbers, à Portland. Il est important parce que si les «Revs» l’emportent, ils hausseraient leur récolte à 44 points, ce qui éliminerait officiellement l’Impact des séries éliminatoires.

Le XI montréalais est désormais neuvième dans l’Association Est avec 37 points, mais ne peut amasser qu’un maximum de six points s’il remporte ses deux derniers matchs en MLS cette saison.

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Focus

Samuel Piette a préféré mettre l’accent sur le match de ce soir avant de voir plus loin.

«En ce moment, le focus est sur le Championnat canadien. On veut tout simplement se concentrer sur le match de Toronto et le remporter, du moins remporter le championnat.»

«Quand le match sera terminé, on verra où on en est dans la MLS.»

Pour le Repentignois, tout ce qui importe, c’est de ramener un trophée à la maison.

«Quand tu gagnes le Championnat canadien, c’est un trophée de plus pour le club, mais ça donne aussi accès à la Ligue des champions.»

Finir sur une bonne note

Comme la saison est bien en deçà des attentes, une victoire mercredi soir pourrait amener une dose de positif autour de l’équipe.

«La semaine passée, les gars ont réalisé que c’est une finale et des finales, tu n’en joues pas une tonne dans ta carrière», a souligné l’entraîneur adjoint Patrice Bernier.

«Ça peut changer les ondes positives ou négatives qui sont autour de la saison régulière. Tu gagnes ce match et tout le monde est de bonne humeur.»

Samuel Piette a reconnu qu’il est important de finir la saison sur une bonne note.

«En début d’année, l’objectif principal était de faire les séries et en ce moment, c’est très compliqué.»

«La coupe est devant nous, presque dans notre camp, c’est à nous de terminer le travail.»

Partie d’échecs

Pour l’Impact, il sera important de bien doser les efforts dès le début de la rencontre.

«On est perplexe devant l’approche de ce match, a reconnu Piette. Tu as l’avance 1 à 0, mais tu ne veux pas être trop dans ton camp, être défensif, parce que des fois c’est comme ça que tu encaisses trop le jeu et que tu peux encaisser des buts.»

«Offensivement, on doit garder le ballon le plus possible et je crois qu’on l’a bien fait lors du match aller à la maison, surtout en première demie.»

Son point de vue est partagé par Shamit Shome, qui mise plutôt sur la patience et l’intelligence.

«Ça sera une partie d’échecs, nous allons devoir être intelligents. Nous ne voulons pas nous exposer trop tôt pour ne pas accorder un but trop rapidement.»

Pression

«Ils ont tendance à nous mettre de la pression tôt et on a eu tendance à attendre. Ils rentrent direct dans le match», a fait remarquer Bernier au sujet du Toronto FC.

«On ne doit peut-être pas être l’instigateur, mais on doit leur mettre de la pression.»

Pour Piette, il faut d’abord que l’équipe mise sur ses qualités.

«Notre force, c’est la contre-attaque avec des joueurs rapides, c’est comme ça qu’on peut se créer des chances et dans les derniers matchs, on gère bien le ballon.»

«En 2014, on n’était pas bons» - Patrice Bernier

La dernière victoire de l’Impact en finale du Championnat canadien remonte à 2014 et Patrice Bernier s’en souvient comme si c’était hier.

Le Brossardois était alors capitaine d’une équipe qui traversait une saison difficile. Il est désormais entraîneur adjoint d’une équipe qui vit une saison tout aussi difficile, alors il peut facilement tracer un parallèle.

«En 2014, on n’était pas bons, mais la coupe nous a permis de vivre 2015 et c’est devenu une saison à ne quasiment pas oublier.»

Il a raison. Le Bleu-Blanc-Noir a conclu la saison 2014 au dernier rang de la MLS avec un maigre total de 28 points, ne remportant que six matchs.

Pourtant, la victoire au Championnat canadien a ouvert la porte à la phase de groupe de la Ligue des champions au cours de l’été 2014 et l’Impact a juste assez bien paru pour gagner une place en phase finale, et on connaît la suite.

Mémorable

Pour Bernier, chaque instant de ce parcours qui l’a mené en finale de la Ligue des champions est bien gravé dans sa mémoire.

«Tout le monde se rappelle le but de Cameron Porter [contre Pachuca]. Après, on est allés à Alajuelense, on s’est fait lancer des projectiles, on a réussi à s’en sortir et on a joué contre Club América. On était à une mi-temps de remporter la Ligue des champions.»

Pour l’ancien numéro 8, remporter le Championnat canadien ne serait pas un substitut à la piètre saison en MLS.

«Ce n’est jamais un prix de consolation. Il y a deux tableaux, un tournoi qui est un sprint et la saison, c’est un marathon.»

Motivation

Pour bien des gens, le Championnat canadien passe bien loin derrière les séries éliminatoires en termes d’importance, mais pas pour Bernier.

«Peut-être qu’il y en a qui ne captent pas ce qu’une coupe peut apporter maintenant, mais la saison prochaine, tu commences ton année avec une Ligue des champions. Tout le monde sent que la saison commence avec une affiche positive.»

Il note qu’il faut aussi tenir compte de l’importance historique d’un sacre mercredi soir puisque ça serait un 10e titre dans l’histoire du club.

«Si tu gagnes, ton nom est écrit sur la coupe avec l’Impact de Montréal. Les séries, c’est bien, mais si tu ne gagnes pas la coupe MLS, tu as fait les séries et c’est tout.»

Bien différent

La dernière fois que l’Impact et le Toronto FC se sont rencontrés avec un enjeu aussi important, c’était lors de la finale de l’Association Est, en 2016.

L’Impact avait remporté le premier match 3 à 2 avant de voir les Torontois répliquer avec le même pointage au match retour, forçant la prolongation dans laquelle les locaux avaient ajouté deux buts pour briser les rêves de finale du Bleu-blanc-noir.

«Ils peuvent parler de 2016, mais on est en 2019 et on mène 1 à 0, a martelé Bernier. En 2016, on avait gagné 3 à 2, on avait une impression de défaite après avoir accordé deux buts à domicile.»

Bernier a rappelé que l’Impact a une fiche très négative au BMO Field, n’y comptant qu’une victoire en 2017. Il est donc évident pour lui qu’un gain mercredi soir ferait le plus grand bien à l’orgueil montréalais.

«Moi, gagner une coupe là-bas, transporter un trophée sur leur terrain, il n’y a rien de mieux que ça. Ça serait parfait célébrer sur le terrain de Toronto.»