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La fin d’une époque

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Après avoir étiré l’élastique au maximum avec Eli Manning, les Giants se sont enfin rendus à l’évidence.

Le quart-arrière qui leur a rendu de fiers services il y a quelques années ne les amenait désormais nulle part, et il était grand temps de remettre les clés de l’attaque au jeune espoir Daniel Jones.

Ce qui s’avérait une évidence pour tout le monde fut simplement plus dur à accepter et à mettre en œuvre chez les Giants. Après tout, Manning s’est forgé une place méritée parmi les immortels de l’équipe grâce à son sang-froid légendaire, qui a aidé la franchise à savourer deux de ses quatre titres de champions du Super Bowl.

Soit, mais ces deux conquêtes sont survenues au terme des saisons de 2007 et 2011. Depuis, une éternité s’est écoulée, et les Giants se sont qualifiés en séries une fois seulement.

Trop longtemps

Convaincus qu’ils pouvaient revivre de grands moments avec Manning, les dirigeants de l’équipe ont tout tenté. Ils ont remodelé son groupe de receveurs.

Ils ont erré longtemps avec la ligne offensive, mais ont finalement investi pour tenter de corriger cette lacune persistante. Ils se sont même offert, il y a trois ans, une folle séance de magasinage sur le marché des joueurs autonomes afin de redresser leur défensive.

Ils ont changé deux fois d’entraîneur-chef, une fois de directeur général et trois fois de coordonnateur offensif (depuis 2015). Chaque fois, la philosophie était la même : Eli Manning est toujours l’homme de la situation, mais il faut mieux l’entourer.

Quand l’ex-entraîneur-chef Ben McAdoo l’avait cloué au banc en 2017, j’étais de ceux qui disaient que le timing n’était pas bon. Pas parce que Manning performait, mais parce qu’il n’y avait aucune solution de rechange valable.

Les Giants n’avaient jamais vraiment repêché de bons espoirs pour remplacer Manning et ils avaient confié le ballon à l’imbuvable Geno Smith.

Ce n’était pas le moment de tasser leur quart-arrière. Aujourd’hui, avec Daniel Jones à bord le temps est grandement venu.

Pas de miracle

Est-ce qu’il faut conclure que Jones sortira sur-le-champ les Giants de leur marasme ? Sans doute que non ! Sauf que le produit de l’Université Duke doit prendre de l’expérience et gagner ses galons.

Jones demeure un cas intrigant puisqu’avant sa dernière campagne universitaire, personne ne parlait de lui comme d’un choix potentiel de première ronde. Quand les Giants en ont fait le sixième choix au total, ils ont été lapidés sur la place publique.

Puis, en matchs préparatoires en août, Jones a tout cassé en complétant 85,3 % de ses passes pour 416 verges et deux touchés. Ses détracteurs ont vite troqué les pierres pour des fleurs.

Il n’en demeure pas moins que Jones n’a encore rien prouvé. Les doutes sont encore permis sur la puissance de son bras et sur sa fougue dans le feu de l’action, mais le jeune homme semble démontrer une belle intelligence du jeu et a géré de manière posée tout le brouhaha que son arrivée à New York a généré.

Avec Manning, les Giants ne pouvaient plus espérer se hisser hors du ravin. Avec Jones, même si les résultats ne sont pas immédiats, il y a l’espoir d’un avenir meilleur.

Tout cela étant dit, Manning ne mérite certainement pas de se faire ridiculiser. Il a connu de grands moments avec les Giants et a livré la marchandise sous pression. Son jeu actuel ne lui valait plus un poste de partant, mais sa carrière doit être saluée.

Cinq points à surveiller

1. Des jeunes quarts

Il n’y a pas que Daniel Jones qui est un jeunot à la position de quart-arrière aujourd’hui. C’est même devenu la tendance. Il y aura cette semaine 19 quarts âgés de 26 ans ou moins qui seront partants. Ce n’était pas arrivé depuis la semaine 3 en 1987, il y a 32 ans, selon le réputé journaliste Adam Schefter.

2. Domination des Patriots

Les Patriots dominent outrageusement leurs rivaux après deux semaines et tenteront d’en faire autant face aux Jets. Ils ont jusqu’ici accordé seulement trois points, et s’ils en allouent neuf ou moins, ils battront le record de 13 après trois matchs, établi par les Seahawks en 2004 et par les Packers en 2001.

Mieux encore, s’ils l’emportent par au moins 24 points, leur différentiel de points s’élèvera à 120, ce qui battrait la marque de 119 après trois matchs des défunts

Independants de Rock Island, datant de 1920.

3. Reid devant Noll ?

Le duel entre les Chiefs et les Ravens s’annonce spectaculaire. La saison dernière, les Chiefs l’avaient emporté de peine et de misère par 27-24 en prolongation.

Si les Chiefs sont de nouveau victorieux, il s’agirait du même coup d’une 210e victoire en carrière pour l’entraîneur-chef Andy Reid. Il s’approprierait ainsi le sixième rang dans l’histoire, devant le mythique Chuck Noll.

4. Plusieurs remontées

Rien n’est joué avant la fin d’un match dans la NFL, et les équipes le prouvent encore de manière indéniable cet automne. Dans les 32 matchs jusqu’ici, 11 ont été remportés par des équipes qui sont revenues de l’arrière en deuxième demie.

Huit matchs ont mis en vedette des équipes qui ont comblé des écarts pour faire match nul ou pour gagner au quatrième quart.

5. Duel de Watt

Ce n’est pas toutes les semaines que des frères s’affrontent dans la NFL. Le duel entre les Texans et les Chargers sera l’occasion pour la famille Watt de vivre un tel moment. JJ, l’ailier défensif reconnu des Texans, se mesurera pour la première fois à son frère Derek, le centre-arrière des Chargers.

Le contact s’annonce plutôt musclé.