Nick Suzuki

Photo : Nick Suzuki Crédit : PIerre-Paul Poulin / JdeM

Canadiens

Patience avec Suzuki

Patience avec Suzuki

Louis Jean

Publié 17 septembre
Mis à jour 17 septembre

Lorsque la Ligue nationale de hockey a mis fin à son lock-out en 2005, c’était le début d’une nouvelle ère. Les Sidney Crosby et Alexander Ovechkin ont fait leur entrée dans la LNH. De plus en plus, les organisations allaient faire de la place aux jeunes.

Cette tendance se confirme encore avec les contrats décernés aux Mitch Marner, Charlie McAvoy, Brock Boeser et compagnie aux cours des derniers jours.

Et à Montréal, qu’en est-il? L’an dernier, le CH a ouvert ses portes à l’attaquant finlandais Jesperi Kotkaniemi. L’année précédente, c’était Victor Mete qui faisait le saut dans la LNH après un camp d’entraînement franchement impressionnant.

Maintenant que l’organisation regorge d’excellents espoirs, on doit logiquement s’attendre à ce que les Canadiens fassent de plus en plus de place aux jeunes, n’est-ce pas? La réponse n’est pas si simple.

Montréal demeure un marché particulier. Il faut prendre le temps de bien développer les jeunes et de ne pas les faire monter trop vite, au risque de les brûler.

Kotkaniemi s’est extrêmement bien débrouillé l’an passé même s’il était le plus jeune joueur de la LNH. Par contre, il faut être honnête : les circonstances étaient favorables à son endroit. Les options des Canadiens étaient TRÈS limitées l’an passé. On avait des trous béants et peu de choix pour les colmater. En plus, le club se remettait d’une très mauvaise année. Il fallait donner un petit bonbon aux partisans, et ce bonbon fut le troisième choix au repêchage. Une bonne décision, il faut l’avouer.

En ce qui concerne Mete, sa courbe de progression a été parsemée d’embûches, mais son éthique de travail, sa discipline et son caractère ont contribué à ce qu’il ne s’écrase pas. Le jeune arrière devrait se retrouver aux côtés de Shea Weber pour commencer la saison.

Ce qui nous amène à Nick Suzuki, probablement le meilleur espoir offensif du club. Son potentiel ne laisse aucun doute. Il va connaître une belle carrière dans la Ligue nationale, mais selon moi il n’est pas encore prêt pour jouer avec les meilleurs au monde.

Ce qu’on veut voir de Suzuki, c’est un joueur qui domine et non pas un joueur qui est en mode survie soir après soir. C’est pourquoi, selon moi, la meilleure décision serait un passage obligatoire dans la Ligue américaine. Comme l’entraîneur-chef des Canadiens Claude Julien l’a précisé au tournoi de golf de l’équipe, personne n’a été pénalisé en passant un peu de temps dans la LAH. D’ailleurs, Joël Bouchard est un excellent instructeur et pédagogue. Suzuki ne ferait que bénéficier de jouer pour lui.

Des attentes différentes

Maintenant, le dossier Ryan Poehling. Là, on ne parle pas de la même chose. Pour moi, les attentes à son endroit sont différentes. Même si on fonde de grands espoirs en lui, personne ne s’attend à ce qu’il brûle la ligue et qu’il devienne une vedette, comme c’est le cas avec Suzuki.

Si l’attaquant démontre qu’il est meilleur ou à égalité avec un autre joueur, on doit lui faire une place. Plus je le regarde jouer, plus je suis impressionné par l’Américain. Son travail sans relâche à l’entraînement et sa fougue font en sorte qu’il sera difficile à «tasser».

Même si les Canadiens ont fait de la place aux jeunes ces dernières années et sont en mode «reset», comme le répète souvent le directeur général Marc Bergevin, la patience est de mise en ce qui a trait aux jeunes espoirs du CH.

Ce serait une erreur d’insérer un jeune joueur à tout prix dans la formation ou simplement parce que d’autres équipes le font. Le Tricolore le sait très bien et prendra la bonne décision à court, moyen et long terme dans le cas de Suzuki et de Poehling.