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Cale Fleury: ce que la confiance peut faire

Cale Fleury: ce que la confiance peut faire

Mikaël Lalancette

Publié 17 septembre
Mis à jour 17 septembre

C’est fait, les Canadiens de Montréal ont lancé leur programme de sept matchs préparatoires lundi soir.

Une rentrée réussie, où certains joueurs ont pu montrer de belles choses. On peut penser à Cayden Primeau, Nate Thompson, Jake Evans et Cale Fleury, pour ne nommer que ceux-là.

C’est de ce dernier dont je veux vous parler.

Le défenseur de 20 ans a connu un fort match, récoltant une passe sur le jeu qui a mené au but de Nate Thompson.

J’ai regardé la pièce de jeu à quelques reprises. On voit Fleury s’emparer de la rondelle derrière son filet et relancer l’attaque.

La tête haute, en fonçant vers le territoire des Devils, il sert une habile passe à Nick Cousins. Ce n’est pas un jeu de routine pour un jeune défenseur qui n'a jamais disputé un match dans la Ligue nationale de hockey. Il y avait de la confiance dans la sortie de territoire de Cale Fleury. Les Canadiens ont profité d’un retour juteux pour faire 2-0 sur la séquence.

Revenons à Fleury, qui a disputé 60 matchs la saison dernière avec le Rocket de Laval.

Je me suis souvenu du tournoi de la Coupe Memorial à Régina en 2018, où il était un membre de l'équipe-hôtesse, les Pats de Regina.

Je l’avais rencontré avant le début du tournoi. Ce jeune homme réservé voulait aider son équipe à rebondir. Les Pats se sont finalement inclinés en finale du tournoi, après un congé de 45 jours.

Son entraîneur-chef de l’époque, John Paddock, avait fait cette confidence sur l'acquisition de Cale Fleury : «Les directeurs généraux me disaient qu’on (avait acquis) le meilleur défenseur à caractère défensif disponible sur le marché.»

Vraiment? Celui qui tenait le défunt Ice de Kootenay à bout de bras avait terminé la saison précédente avec un différentiel de -61, le pire de sa formation et de toute la Ligue de l’Ouest!

Le natif de Calgary a beau être un homme de peu de mots, mais il s’exprime sur la glace. Un «bon kid», dirait Joël Bouchard.

À ce moment, on ne savait toujours pas si le CH lui accorderait un contrat, lui qui avait été un choix de troisième tour du CH en 2017.

Fleury s'est fait confiance offensivement. Il a utilisé davantage sa vitesse et transporté la rondelle en zone offensive, ce qu'il faisait moins à ses premières saisons juniors.

Le petit frère de Haydn Fleury, le septième choix au total du repêchage de 2014 dans la LNH, s’est pointé au camp du Tricolore sans contrat professionnel la saison suivante. Admissible à un retour chez les professionnels à 20 ans (c’est un "late"), Cale Fleury n’est jamais retourné jouer dans la Ligue junior de l’Ouest.

Après quelques semaines, les Canadiens le récompensaient en lui accordant un contrat d’entrée dans la LNH. Il a fait le saut chez les professionnels à Laval.

Ce qu’on a aimé (et aime toujours) de lui? Sa capacité d’adaptation.

De son propre aveu, sa dernière saison dans la Ligue américaine a été salutaire. Il s’est ajusté à la rapidité des rangs professionnels, on en a d'ailleurs eu une belle démonstration dans le match de lundi soir.

Avec les blessures de Karl Alzner et l'incertitude entourant l'état de santé de Noah Juulsen, une opportunité s'offre à Cale Fleury, qui affrontera les Panthers mercredi à Bathurst.

Il a dit ceci lorsque questionné sur la blessure ennuyant Noah Juulsen : «C'est toujours une mauvaise nouvelle de voir un coéquipier blessé, mais si ça peut m'offrir une chance, ce sera à moi d'en profiter.»

Claude Julien a pris ses allures de vieux sage en rappelant que le camp d'entraînement était encore très jeune et qu'il fallait être patient avec son jeune défenseur.

Ce qu'il veut voir de Fleury?

«Je veux tout simplement voir... ce qu'il pourra me donner.»

On pourrait le dire en audition, en quelque sorte.

On voudra évaluer sa capacité d'adaptation quand les choses vont se corser.

Si ce n'est pas durant ce camp d'entraînement ou cette saison, ce sera plus tard.

Cale Fleury nous a habitués : petit train va loin...