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Nick Cousins, l'Andrew Shaw 2.0

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Il y a toujours un danger à tomber dans le jeu des comparaisons. Surtout avant le premier jour de l’année. Nick Cousins n’a pas encore endossé l’uniforme du Canadien et déjà son nom est lié à un ancien meneur de l’équipe, Andrew Shaw.

Claude Julien a assez d’expérience pour éviter les comparaisons bêtes. Il a toutefois dérogé de son plan habituel en décrivant Cousins comme un attaquant fait dans le moule de Shaw, en réponse à une question sur le rôle qu’il souhaite confier au nouveau venu.

«Je ne sais pas encore [quel rôle] parce qu’on a beaucoup de compétition, a répondu l’entraîneur-chef. On voit un peu d’Andrew Shaw en lui. C’est un gars qui est capable de se salir le nez. Tu le vois à l’entraînement.

«C’est aussi un gars qui a des habiletés offensives, qui peut marquer. Avant de répondre à ta question, j’aimerais le voir dans les matchs préparatoires.

«On croit que c’est un gars qui peut venir nous aider, surtout avec la perte d’Andrew, a continué Julien. Ce genre de joueur t’aide à gagner des matchs contre certaines équipes qui jouent un certain style.»

Cousins avait un sourire en coin quand on lui a rapporté les propos de son entraîneur.

«Andrew vient du même endroit que moi, Belleville, et on s’entraîne ensemble chaque jour l’été, a-t-il mentionné. Il n’avait aussi que de bonnes choses à dire sur Montréal. On amène le même style de jeu. J’espère pouvoir amener la même chose que lui. Je crois que je suis plus drôle, mais je parle moins que lui!»

Drôle, mais détestable

Dans le vestiaire du CH, Max Domi est celui qui connaît le mieux Cousins. Les deux ont porté les couleurs des Coyotes de l’Arizona lors de la saison 2017-2018. Ils ont aussi joué l’un contre l’autre dans la Ligue junior de l’Ontario, avec les Knights de London et les Greyhounds de Sault Ste. Marie.

«Il n’y a pas deux Andrew Shaw, a répliqué Domi lorsque mis au parfum de la comparaison de Julien. On ne le remplacera pas. On ne partira pas les comparaisons.»

«Je peux simplement vous dire que j’ai joué avec Couzy [Cousins] et je sais ce qu’il apporte à une équipe, a-t-il enchaîné. Il s’entraîne fort, il travaille fort et il est un très bon coéquipier. Il est génial à l’intérieur d’un vestiaire. Il est rassembleur puisqu’il est très drôle. Dans le junior, je voulais le tuer la majeure partie du temps. Il sait comment te faire sortir de tes gonds. Mais il ne fait pas juste parler, il peut jouer.»

«Max était un des meilleurs de la OHL, j’essayais de le sortir de son match quand il m’affrontait, a répliqué Cousins. Il serait le premier à dire qu’on ne s’entendait pas bien. En même temps, quand j’ai été échangé aux Coyotes, il est le premier à m’avoir texté.

«Même chose quand j’ai signé avec Montréal. On met nos différends de côté et on est devenus de bons amis.»

Grande gueule

Le 5 juillet dernier, Cousins a écrit son nom au bas d’un contrat d’un an et un million avec le Tricolore. C’est dans un anonymat relatif qu’il a débarqué à Montréal.

Le nom de Cousins était plus connu surtout par ses pairs. Dans un vote réalisé auprès de 500 joueurs de la LNH l’an dernier, il a terminé au cinquième rang dans la catégorie du meilleur provocateur verbal (trash-talker) et au quatrième rang pour le pire provocateur. Brad Marchand, sans surprise, avait gagné dans les deux catégories.

«C’est amusant, a précisé Cousins. Je ne le savais même pas, mais quelqu’un m’a envoyé les résultats du vote. Je vais prendre le compliment, c’est assez drôle. Tu dois être prêt à tout moment et avoir plusieurs bonnes phrases pour déranger tes rivaux. C’est ce qui fait de Marchand le meilleur de la Ligue.»

Âgé de 26 ans, Cousins a connu sa meilleure saison l’an dernier dans la LNH avec 27 points (7 buts, 20 passes) en 81 matchs avec les Coyotes. S’il se croit capable d’augmenter sa production offensive, le nouveau numéro 21 s’attend à remplir plusieurs rôles avec le CH.

Il peut jouer à l’aile gauche, à l’aile droite et au centre, et il peut se promener d’un trio à l’autre.

C’est un peu comme faisait Shaw.