Camp Canadiens

Crédit : Martin Chevalier / JdeM

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«Drouin est prêt à devenir le joueur qu’on attend»

«Drouin est prêt à devenir le joueur qu’on attend»

Michel Bergeron

Publié 14 septembre
Mis à jour 14 septembre

Les camps d’entraînement débutent aux quatre coins de la LNH. À Montréal, la question qui est sur toutes les lèvres est la suivante : est-ce que le Canadien a une meilleure formation que celle qui n’a pas fait les séries l’an dernier ? Au moment où l’on se parle, permettez-moi d’en douter.

J’entame cette saison 2019-2020 avec beaucoup de scepticisme dans le cas du Tricolore. Je n’ai pas l’impression que des mouvements assez importants ont été faits durant la saison morte pour espérer un résultat différent de celui de l’an dernier. De plus, faut-il le rappeler, l’équipe a été épargnée par les blessures la saison passée (outre celle de Shea Weber en début de campagne).

Il y a beaucoup de questions qui demeurent sans réponse à l’approche du début de la saison.

Qui sera le défenseur qui occupera la chaise du troisième, derrière Shea Weber et Jeff Petry ? Marc Bergevin a embauché le colosse Ben Chiarot cet été, mais peut-on vraiment espérer le voir jouer le rôle de troisième arrière dans la LNH ?

Encore une fois, je suis sceptique.

Aussi, est-ce que Keith Kinkaid sera en mesure d’offrir 20 à 25 départs de qualité au Canadien afin de donner du repos à Carey Price ? Qui composera le deuxième trio de l’équipe ? À quel point les jeunes seront-ils en mesure d’offrir de l’aide véritable au CH dès cette saison ?

On commencera à avoir des réponses au fur et à mesure que le camp va avancer.

Camp Canadiens
Crédit photo : Martin Chevalier / JdeM

 

L’exemple des Blues

Soyons honnêtes et le plus objectifs possible : le Canadien n’a pas une équipe digne des principaux aspirants à la Coupe Stanley. Rien à voir avec le Lightning de Tampa Bay ou les Maple Leafs de Toronto.

À moins d’une grande surprise, le Canadien mettra sur la glace une équipe de milieu de peloton, pas très physique et qui ne pourra se permettre de jouer du hockey de rattrapage.

Cela étant dit, les Blues de Saint-Louis non plus n’étaient pas considérés comme des aspirants au championnat l’an dernier lorsqu’ils croupissaient dans les bas-fonds du classement général en janvier. Cette belle histoire a maintenant été reprise par la plupart des équipes de la LNH.

«Si les Blues l’ont fait, nous aussi on peut le faire», s’encouragent tous les directeurs généraux d’équipes moyennes.

Le Canadien mise là-dessus.

De l’espoir

Je ne suis pas en train de dire que c’est impossible, comprenez-moi bien. Il y a de l’espoir, assurément.

Premièrement, il est tout simplement impossible à mes yeux de penser que l’avantage numérique sera aussi médiocre que la saison dernière. Difficile de faire pire, avouons-le.

J’ai confiance que le personnel d’entraîneurs de l’équipe trouvera un moyen de redresser la barre, et ça passera inévitablement par la contribution de Jonathan Drouin.

Je suis convaincu que l’ailier québécois est prêt à devenir le joueur qu’on attend de lui. Il a eu de bonnes rencontres cet été avec Dominique Ducharme et les dirigeants du Canadien, et il semble se présenter cette saison avec de bonnes intentions. Plus que jamais, les succès de l’équipe devront passer par lui.

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Crédit photo : Joël Lemay / Agence QMI

 

La victoire

Puisqu’il faut l’admettre, les partisans du Canadien sont dus pour des années glorieuses. L’alignement actuel n’est peut-être pas celui qui offrira une 25e Coupe Stanley à l’organisation, mais au moins les amateurs méritent qu’on leur prouve qu’on s’en va dans la bonne direction.

Carey Price aussi le mérite. Il l’a d’ailleurs exprimé à la fin de la dernière campagne ainsi qu’au tournoi de golf, la semaine dernière : à 32 ans, il veut gagner plus que jamais.

C’est donc à Marc Bergevin de prendre les grands moyens. Oui, les jeunes de l’organisation sont prometteurs, mais croire qu’ils auront un impact direct dès cette année serait se cacher la tête dans le sable.

Pas de doute, ce camp d’entraînement sera extrêmement intéressant.

– Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de «Bergy»

Une partie de ma vie

On le savait déjà, mais le maire de Québec Régis Labeaume a confirmé cette semaine que les travaux de démolition du Colisée de Québec allaient débuter bientôt. Je ne peux m’empêcher de ressentir un sentiment de nostalgie en entendant ça. Après tout, le vieux Colisée a été ma deuxième maison pendant huit ans. J’ai passé tellement d’heures dans cet aréna et ça me rend triste de penser qu’il ne fera bientôt plus partie du paysage de la ville de Québec. Je tiens à remercier M. Labeaume qui, il y a deux ans, m’avait appelé pour me demander si je voulais garder quelque chose du vieux Colisée. « Peu importe ce que tu veux, c’est à toi », m’avait-il dit. Nous avons donc décidé de prendre les deux bancs réservés à ma femme, à l’époque où je dirigeais les Nordiques. Chose certaine, je garderai de très bons souvenirs de cet amphithéâtre.

De gros noms

Le Colisée de Québec a marqué l’histoire de la Vieille Capitale, aucun doute là-dessus. Mine de rien, les amateurs de hockey y auront vu passer les Jean Béliveau, Guy Lafleur et Peter Stastny, notamment. D’ailleurs, je profite de cette première chronique de la saison 2019-2020 pour souligner l’hommage qui a été fait à Peter et ses frères Anton et Marian, en août dernier à Québec. Ce fut fait avec classe. Ces trois grands hommes du hockey méritent l’honneur qui leur a été fait. Je tiens aussi à réitérer l’importance d’autres hockeyeurs dans l’histoire des Nordiques, les Jean-Claude Tremblay, Marc Tardif, Michel Goulet et Dale Hunter. Oui, les Stastny ont marqué leur époque, mais plusieurs autres grands noms méritent de demeurer dans la mémoire collective.

Alzner et Weise

Terminons en parlant encore du Canadien de Montréal. Il y a une énorme contradiction dans cette organisation qui me chicote. D’un côté, on ne cesse de répéter que l’avenir est rose, que les Ryan Poehling, Nick Suzuki, Cole Caufield, Josh Brook et autres jeunes talents aideront l’équipe à long terme. Par contre, certains de ces jeunes auront besoin de temps de glace de qualité avec le Rocket de Laval. Pendant ce temps, l’équipe compte sur deux vétérans finis en Karl Alzner et Dale Weise qui, vraisemblablement, grugeront du temps de jeu aux plus jeunes joueurs dans la Ligue américaine. Je le répète encore : Marc Bergevin n’a pas pris la bonne décision en ne rachetant pas ces lourds contrats lors de la dernière période estivale.